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Reims
Aviation, spécialiste de la surveillance aéroportée légère, réalise son
introduction sur Alternext. Mise en faillite puis reprise par le fonds
d’investissement français Green Recovery en 2003, la PME, présidée par
Châu Hoang Naudin, a désormais en ligne de mire une demande potentielle
de deux cents avions de surveillance dans les dix ans à venir. Avec son
F406 modernisé, Reims Aviation pourrait se partager à parts égales le
marché avec un seul adversaire sérieux, Beechcraft, installé aux
Etats-Unis et concepteur du King Air B2000.
Quel est le potentiel de développement du marché de la surveillance aéroportée ?
Châu Hoang Naudin :
Le marché de la surveillance aéroportée recoupe trois segments : la
surveillance maritime (contrebande et immigration clandestine), la
lutte anti-pollution (dégazage en mer) et la sécurité intérieure (lutte
anti-terroriste). A la fin des années quatre-vingt-dix, ces marchés
étaient assez confidentiels mais des événements déclencheurs (les
attentats du 11 septembre, les naufrages de L’Erika et du Prestige, les
drames de l’immigration clandestine...) les ont propulsés dans la
catégorie des marchés de croissance. Ces événements ont tous montré que
les Etats n’avaient pas les moyens de surveillance adéquats à ces
nouveaux défis et qu’ils devaient les développer rapidement. La plupart
de nos clients sont étatiques ou semi étatiques. Les douanes françaises
étant notre client de référence. On assiste, sur ce marché, à une
migration vers l’aviation légère, plus économique et flexible pour des
Etats qui externalisent ces tâches.
En 2006, le chiffre
d’affaires atteignait sept millions d’euros (+25%). Quel est votre
poids face aux grands constructeurs aéronautiques ?
H. N :
La surveillance aéroportée légère est un marché de croissance mais qui
reste petit par rapport à celui de l’aviation générale. Mais les gros
avionneurs ne sont pas intéressés directement par ces opportunités.
L’étroitesse du marché nous protège. Celui qui voudrait y rentrer
devrait avoir les reins très solides. Le ticket d’entrée (coût
développement d’un appareil) est de cinquante à soixante-dix millions
d’euros. Il faut être capable de travailler vite, de supporter un
risque opérationnel fort (certificats à obtenir) et d’amortir cet
avion. Nous sommes déjà deux acteurs établis sur ce marché. La demande
mondiale d’avions neufs et de maintenance est en forte progression. Le
prix de vente d’un F406 est entre quatre et six millions d’euros.
Reims
aviation lève quatre millions d'euros soit 750 000 nouvelles actions
pour 3,80 à 4,20 euros, proposées au public jusqu’au 29 juin . Quels
sont les enjeux de développement de l’entreprise ?
H. N :
Nous sommes face à deux enjeux de taille : l’évolution technologique et
le développement commercial. En premier lieu, notre activité est
l’assemblage et la maintenance du F406. Notre réseau de sous-traitants
fabrique des sous-ensembles extrêmement avancés qui nous permettent de
garder la valeur ajoutée avec l’assemblage final de l’avion,
l’intégration et la mise en vol. Nous allons continuer à développer
notre travail d’innovation industrielle. En second lieu, nous voulons
développer les partenariats et capturer de nouvelles parts de marché.
Nous avons identifié un besoin pour les Etats de prestations clés en
main de services à l’heure de vol. Cette activité offre davantage de
flexibilité et doit devenir un complément de notre offre d’avion neuf
et de maintenance.
Propos recueillis par Thibaud Vadjoux
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