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Surveillance...
Il n'a pas la taille d'Airbus, mais une grande ambition qui le pousse à
solliciter les investisseurs en vue de s'introduire en bourse :
l'avionneur Reims Aviation a lancé son offre de titres le 15 juin
dernier. Le marché qu'adresse la société est celui de la surveillance.
Maritime notamment. Et il y a en l'occurrence beaucoup de choses à
surveiller en mer... Immigrants clandestins, contrebande, pollution par
dégazage (les marées noires représentent peu, comparé aux tonnes de
déchets déversés en mer par les navires...). On comprendra que le
contexte politique est actuellement "porteur", notamment pour ce qui
est de l'immigration clandestine. On attend d'ailleurs, à l'échelon
européen, des décisions touchant à la surveillance des cotes du vieux
continent. Reims Aviation devrait en bénéficier...
Nouvelle vie...
C'est en fait une nouvelle vie, entamée en 2003, qu'a débutée la
société. Longtemps filiale de Cessna, Reims Aviation fabriquait des
monomoteurs destinés aux marchés européens et africains, puis c'est la
famille des "400" qui a été lancée dans les années 80. Enfin, le
passage au marché des "jets", c'est-à-dire le choix de monter en gamme,
a été un échec, la société a fini par déposer le bilan en 2002... La
voilà donc désormais sur ce nouveau marché de la surveillance, avec son
F406. Toutefois, il est clair que ce marché reste assez confidentiel :
200 appareils seulement sont attendus d'ici 10 ans et Reims Aviation,
qui ne se connaît, a priori, qu'un seul concurrent solide capable de le
concurrencer (l'américain Beechcraft, dont Raytheon est actionnaire),
vise 50% de parts de marché... Le petit avionneur mise aussi beaucoup
sur le développement du "Rétrofit", c'est-à-dire du reconditionnement
des systèmes des avions. Sa base installée, seulement 80 avions
aujourd'hui, devrait lui permettre de réaliser un chiffre d'affaires
récurrent dans le futur.
Offre modeste. La taille de
l'offre (4 Millions d'Euros), est relativement modeste, mais la taille
de la société est elle-même modeste : un peu moins de 7 Millions
d'Euros de chiffre d'affaires en 2006. Et l'analyste qui introduit la
société table sur près de 11 ME cette année, 1,05 ME de Rex (marge de
9,6%) et un résultat net de 0,70 ME (6,5%). En prenant en compte le
milieu de la fourchette indicative de prix, le PER 2007 ressort à
18,50, et le PER 2008 sous les... 10 (1,4 ME de RN prévu par
l'introducteur...). Pas hors de prix, mais cette introduction en
bourse, quatre ans après la relance de la société en redressement, est
peut être un peu prématurée. Même si les résultats sont là pour
l'instant, la société apparaît encore fragile (une ré industrialisation
en 2005 a par exemple divisé le REX par 4...) Sa petite taille est
encore synonyme de fragilité... Il convient de rester prudent.
Ne pas souscrire...
Par Arnaud Bivès
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