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La filiale de Wendel pourrait être valorisée 4 milliards d'euros.
LA MACHINE est en marche. Bureau Veritas a engagé les démarches auprès
de l'Autorité des marchés financiers et la cotation est prévue pour le
dernier trimestre. Hier, Frank Piedelièvre, PDG de l'entreprise, a fait
sa première grande sortie en public, devant les analystes financiers.
Il a levé le voile sur une entreprise qui va sur ses 180 ans - elle est
née en 1828. Si Bureau Veritas a conservé son métier d'origine, la
certification de navires pour le compte des compagnies d'assurances, il
a élargi son activité à l'évaluation de conformité et à la
certification des entreprises aux normes réglementaires en tout genre
décidées par les États ou aux spécifications imposées par leurs clients.
Cette cure de jouvence, Bureau Veritas la doit à ,
qui en 1995 est entré au capital. Bureau Veritas appartenait alors aux
600 descendants de ses trois fondateurs. Ils ne savaient plus trop
comment remettre d'aplomb une entreprise qui perdait de l'argent.
Wendel n'a donc pas eu trop de mal à leur acheter 40 % du capital puis
de monter à 99 % en 2004. Au total, un investissement de 800 millions
d'euros. Dans ses bagages, le nouvel actionnaire avait amené l'actuel
PDG, , qui a transformé Bureau Veritas.
En dix ans, entre 1995 et 2006, le chiffre d'affaires a été multiplié
par quatre et le résultat opérationnel par sept. En 1996, Franck
Piedelièvre saisit l'occasion de racheter un concurrent français,
Contrôle et Prévention. Avec cette opération, Bureau Veritas réduit le
poids de l'inspection de navires et se donne une bonne assise pour
s'étendre à l'étranger.
« Le champ libre »
La chance aussi a joué. Le suisse SGS, numéro un mondial de la certification, était dans une mauvaise passe. « Nous avons eu le champ libre », dit Franck Piedelièvre. Notamment pour des acquisitions en série. « Depuis cinq ans, rappelle-t-il, nous avons dépensé 100 millions en acquisitions pour construire un réseau mondial. »
Le marché reste très émietté. Les deux grands - SGS et Bureau Veritas - en ont moins de 5 % chacun. « Nous sommes un consolidateur naturel »,
estime Franck Piedelièvre dont l'objectif est de doubler le chiffre
d'affaires d'ici à 2011 et de conforter l'implantation hors des
frontières.
La Bourse devrait faciliter les choses pour procéder à des acquisitions
par échanges de titres et aussi, à terme, lever des capitaux. Cet
automne, l'introduction se réduira à une cession de titres, Wendel
conservant la majorité de sa filiale. La Bourse, Franck Piedelièvre en
a aussi besoin pour asseoir la notoriété de Bureau Veritas et attirer
plus facilement les ingénieurs et techniciens que les entreprises de
certification s'arrachent. Bureau Veritas en recrute 3 000 par an. La
valorisation sera déterminée en septembre. Par comparaison avec la
capitalisation de SGS, Bureau Veritas pourrait valoir environ
4 milliards d'euros.
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