Contexte.
Alors qu'ils ont maintenu leurs tarifs, les transporteurs routiers
subissent un fort renchérissement de leurs coûts d'exploitation. Le
prix du gazole a augmenté de 2,1% entre septembre et octobre et, début
novembre, la progression atteignait 14,7% par rapport au niveau du mois
de juin. Cette évolution est moins difficile à gérer pour les grands
groupes qui, dotés d'une forte position concurrentielle, peuvent
proposer des prix attractifs tout en réalisant des économies d'échelle.
C'est pourquoi, dans un contexte de ralentissement économique, la
concentration des transporteurs pourrait se renforcer. Le français
Norbert Dentressangle, qui a récemment acquis le britannique Christian
Salvesen, devient le leader européen du transport et de la logistique,
avec un niveau d'activité qui devrait atteindre 3,2 milliards d'euros
en 2008. En portant la part de la logistique (non soumise aux coûts du
carburant) de 37% à 43%, le groupe consolide sa structure de coûts. Le
marché du transport n'est pas le seul touché par un renchérissement de
ses charges. Ainsi, suite à la hausse des prix des matières premières
agricoles, le Syndicat national de la restauration collective (SNRC) a
annoncé une augmentation comprise entre 8,5% et 10% des prix des menus
fournis par ses adhérents aux restaurants d'entreprises, cantines
scolaires, administrations et hôpitaux.
Perspectives et enjeux.
Dans le domaine du transport routier de marchandises, les coûts
devraient continuer à croître en 2008, en progressant de plus de 7% par
rapport à 2007. L'envolée du pétrole est en cause, mais aussi les
réductions d'allégement de charges et le bond des prix des péages. La
Fédération national des transports routiers (FNTR), en évaluant qu'il
s'agit de la plus forte augmentation depuis plus de quinze ans, a
demandé une répercussion de cette hausse sur les tarifs appliqués aux
clients. Le mouvement de concentration du secteur du travail temporaire
se poursuit avec l'acquisition menée par Randstad de son compatriote
Vedior. Ce rachat s'explique par la complémentarité des deux
entreprises. Randtad va renforcer sa présence sur trois marchés clés
dont les Etats-Unis.
Pour comprendre.
Les services aux entreprises comprennent une large gamme d'acteurs
intervenant dans les domaines de la restauration hors foyer (collective
ou concédée), du transport, du travail temporaire, mais également dans
des services variés aux entreprises tels que le nettoyage ou la
sécurité. Tandis que la restauration collective présente en principe un
caractère défensif, le travail temporaire est, lui, fortement dépendant
de la gestion des effectifs des entreprises. De même, le transport est
corrélé à l'évolution du PIB et aux échanges intracommunautaires. Un
climat d'insécurité et la variation du prix des matières premières
(denrées, pétrole) peuvent également affecter certains acteurs.
Le développement du métier de "facility manager"
Ce mouvement va dans le sens d'un recentrage des entreprises vers leur
c¤ur de métier. Après avoir externalisé leurs actifs elles se
concentrent désormais sur leurs coûts immobiliers en se déchargeant de
l'exploitation de leurs locaux. Trois services leur sont proposés par
le " facility management " : le premier (nommé " utilities ") concerne
la gestion de tous les fluides (tels que le chauffage, ou
l'électricité). Le second porte sur la maintenance technique (relative
à la climatisation ou la plomberie). Enfin, le dernier (" soft services
") regroupe les services dédiés aux occupants comme la restauration, la
propreté ou le gardiennage. Pour faire face à une demande croissante,
les spécialistes tels que Sodexho Alliance dans la restauration ou Elyo
dans l'énergie ont choisi d'élargir leur offre. Après les entreprises
du tertiaire puis celles de l'industrie, ce sont désormais les
administrations publiques qui rationalisent leurs dépenses
immobilières.
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