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Conséquence des dérèglements
économiques, la météo des placements est de plus en plus changeante... et
imprévisible. Face aux inquiétudes sur les marchés traditionnels, il va falloir
sortir des sentiers battus.
L'année 2007 a été comme nous l'avions prévue l'an dernier : pas
vraiment folichonne ! "Trouver de la performance ne sera pas un exercice
aisé cette année", écrivions-nous en janvier dernier. Après un début
d'année en fanfare, permettant aux marchés atteindre des niveaux excessifs, la
Bourse est brutalement revenue sur Terre, cet été, après la crise des
subprimes, ces prêts hypothécaires accordés aux ménages américains peu
solvables. L'immobilier, lui, n'a pas joué le rôle de valeur refuge, et pour
cause. Sa bonne santé n'est pas seulement liée aux besoins de logement. Le
niveau des taux de crédit, mais aussi des autres marchés financiers sont tout
aussi importants. Par conséquent, les prix de l'immobilier sont entrés en phase
de ralentissement. Autre fait marquant : sur le marché du neuf, les
primo-accédants sont désormais plus présents que les investisseurs. Il faut
dire que les rentabilités affichées ne font plus rêver personne...
Peu enthousiasmantes, nos recommandations de l'an dernier sont
bien tombées juste. "L'embellie continue" sur les liquidités,
"espoirs limités" sur les obligations, "il faut chercher les
coups gagnants" sur les actions et fonds d'actions européennes,
"attention aux devises" sur les valeurs étrangères, "plus de
choix pour les acheteurs" sur l'immobilier... Mais pour autant, il y avait
de bonnes affaires à faire. L'an dernier, nous avions recommandé six actions. A
l'heure de notre bouclage, cinq d'entre elles affichent des performances
positives, la palme revenant à Telefonica avec une progression de 40,20 %. Idem
du côté des matières premières, où nos gains varient entre 13,60 % pour le
support préconisé sur le marché de l'or et 40,51 % pour un certificat sur le
pétrole... Evidemment, tout n'était pas parfait : touchée par la crise des
valeurs bancaires, Dexia affiche un recul de 16,77 %.
Pour 2008, la météo ne paraît guère plus favorable sur la
majorité des placements traditionnels, à l'exception des produits de court
terme. Mais à condition d'être sélectif, il existe des opportunités. Il faudra
aussi apprendre à sortir des sentiers battus. Notre dossier est là pour vous
aider à faire les bons choix, comme nous le ferons tout au long de l'année.
Sur les marchés traditionnels, faites face à
une météo incertaine
Le ciel est loin d'être dégagé sur la planète financière en ce
début d'année. Pis, les placements traditionnels sont en difficulté ! A
commencer par les actions, à cause des conséquences encore méconnues sur les
bilans et les comptes des entreprises de la crise de liquidité apparue à l'été
dernier. D'autant que la valorisation de l'euro par rapport au dollar et la
hausse du prix des matières premières et du pétrole fragilisent la croissance.
Tout cela n'inquiéterait personne si cette situation n'était pas concomitante
avec un retour de l'inflation. Ce qui empêche les banques centrales de remettre
trop d'argent dans les circuits économiques, comme elles l'ont systématiquement
fait au cours des vingt dernières années en période difficile. Résultat :
l'année 2007 s'achèvera sur un bilan neutre. Ou presque. Après plusieurs années
de forte hausse, le marché immobilier a, lui aussi, atteint des sommets. Il a
même parfois amorcé son ralentissement.
Dans cet environnement troublé, prenez des
risques calculés
L'environnement n'est pourtant pas mauvais pour tous les
placements et la météo est même favorable pour certains. Tel est le cas des
liquidités. La rémunération des meilleurs produits est même devenue supérieure
aux rendements des actions ou des contrats d'assurance vie. Problème : la météo
n'est vraiment favorable que sur les placements offrant de faibles perspectives
de gains, au regard des espoirs de performances sur l'immobilier ou, surtout, les
actions. Comme en atteste la forte remontée de la volatilité depuis plusieurs
mois sur les marchés boursiers, pour réaliser une performance très supérieure
aux rendements des fonds monétaires ou de l'assurance vie, il faut prendre des
risques bien plus importants comparativement à ces dernières années.
L'environnement est troublé. Cela ne veut pas dire qu'il faut
oublier les actions et l'immobilier. En revanche, sur ces marchés, il faut
consacrer l'essentiel de ses investissements aux produits dont l'excellence est
avérée. Ce ne sont pas ceux-là qui offriront les plus belles plus-values si une
embellie se manifeste. Mais ils résisteront en cas de recul des marchés.
Ne perdez pas de vue votre objectif patrimonial
Sur les principales familles de placements, nous avons fait un
point détaillé sur le bilan de 2007, les perspectives 2008 et nos conseils avec
nos sélections de produits. L'objectif ? Vous permettre de faire les arbitrages
appropriés sur le coeur de votre patrimoine. En n'oubliant pas que la gestion
impose certes de s'attarder sur l'environnement, mais qu'il convient aussi de
prendre en compte vos objectifs patrimoniaux et votre horizon de placement...
Liquidités : le livret A devrait battre des
records
L'année 2008 débute sous les meilleurs auspices pour l'épargne
réglementée, les Sicav monétaires et les comptes à terme. Avec des rendements
flirtant, pour les meilleurs produits, avec les 4 % net, les liquidités font
même de l'ombre à l'assurance vie.
Les bonnes nouvelles concernent particulièrement les livrets
réglementés. Passée de 2,75 % à 3 % en août dernier, la rémunération du Livret
A - et par ricochet celles du livret Bleu et du livret de développement durable
- devrait faire un bond au 1er février à 3,75 % net. Voire grimper à 4 % !
Tandis que le livret d'épargne populaire devrait passer à 4,75 % ou 5 %.
Ces taux seront effectifs jusqu'au 1er août au moins, date de la
prochaine révision.
La raison de cette embellie ? Le mode de calcul du taux de
l'épargne réglementée. Depuis 2004, il dépend de l'évolution de l'indice des
prix et des taux à court terme sur le marché interbancaire en Europe. Deux
indices en forte croissance. L'inflation annuelle hors tabac atteignait 2,4 % à
la fin novembre, contre seulement 1,5 % il y a un an. Quant à l'Euribor 3 mois,
le taux monétaire de référence, il s'établissait au 14 décembre à 4,94 %. Même
en cas de repli à 4,40 % au 15 janvier, date de fixation du taux du Livret A,
le chouchou des Français devrait gagner trois quarts de point de rémunération.
Mais il y a fort à parier que la Banque de France en décide autrement,
prétextant des circonstances exceptionnelles. L'Euribor se maintient en effet
depuis cet été à un niveau anormalement élevé, entre 60 et 80 points de base
au-dessus du principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE),
contre 25 points de base en moyenne. Un décalage dû aux réticences des banques
à se prêter mutuellement de l'argent. Ensuite, pour la révision du mois d'août,
Bercy envisage d'ailleurs de changer le mode de calcul du taux du Livret A.
- Nos conseils. Abondez dès à présent vos livrets réglementés
jusqu'à leur plafond. Et investissez dans les Sicav monétaires pures, dopées
par la remontée des taux à court terme.
Une poignée de fonds de grands réseaux offrent désormais un rendement
autour de 4 %, net en dessous de 25 000 euros de cessions annuelles en 2008. Ne négligez pas non plus les comptes à terme. Mais rares
sont ceux à battre l'épargne réglementée, sauf pour les non-imposables. Cortal
Consors proposait à la mi-décembre 4,43 % sur un an, soit 3,15 % net. Du côté
des grands réseaux, on trouvait en décembre des taux de 4,30 % brut sur un an,
soit 3,05 % net chez HSBC et la Société Générale.
Assurance vie en euros : résistance à la baisse
Autour de 120 milliards d'euros auront encore été versés sur ce
placement en 2007. Voilà qui porte le stock géré par les assureurs à 1 175
milliards. Dont 950 placés sur les fonds en euros qui sont réputés car le
capital investi net de frais est garanti et les intérêts annuels sont définitivement
acquis. La baisse des rendements depuis dix ans n'aura finalement pas entamé le
crédit de ce placement. Le cru 2007 devrait se solder par une stabilité des
rendements à 4 % en moyenne, avant prélèvements sociaux. Avec de forts écarts
toutefois entre assureurs, voire chez un même assureur, en particulier pour des
raisons commerciales.
En 2008, les rendements seront stables, voire légèrement en
hausse. Selon des simulations effectuées par la Fédération française des
sociétés d'assurances, 2007 serait en effet l'année plancher. Mieux, une
remontée des taux pourrait intervenir dans le futur. Reste que l'assurance vie
est maintenant directement concurrencée par les produits de court terme. Avec
un rendement moyen de 4 %, sans tenir compte des éventuels frais d'entrée, elle
se trouve dépassée par les Sicav monétaires. Ces dernières voyant en plus leurs
gains non soumis à l'impôt ou aux prélèvements sociaux, à condition de rester
sous le seuil de cessions.
Cette année, il faudra d'ailleurs suivre de près d'éventuelles
évolutions fiscales. Une piste envisagée serait de privilégier fiscalement les
contrats davantage investis en fonds actions et obligataires, au détriment des
produits exclusivement en euros. En contrepartie, les fonds en euros des
multisupports seraient soumis aux prélèvements sociaux chaque année.
-
Nos conseils. Sur la durée, les
fonds en euros conservent leur attrait. A condition de disposer d'un bon
contrat. Problème, on en compte des centaines sur le marché. Comment éviter les
pires et trouver les meilleurs ? Seule solution efficace, comparer les offres
par une lecture des rendements, des frais et des garanties sur la durée. Plutôt
que de céder trop vite aux arguments de votre banquier, pensez donc aux
contrats distribués par des associations d'épargnants. Même si leurs rendements
rentrent dans le rang aujourd'hui, ils demeurent un vrai contre-pouvoir face à
l'assureur. Allez aussi voir du côté de certaines mutuelles d'assurances,
notamment si vous exercez de près ou de loin une activité dans le domaine du
bâtiment, de la santé ou chez les militaires. Bref, soyez exigeant.
Bourse : la prudence est de rigueur
Pas de catastrophe sur les marchés d'actions cette année. Ils
sont finalement peu nombreux, comme le Japon, à terminer l'année 2007 dans le
rouge. Du moins si l'on observe les performances en monnaie locale ! A cause de
la bonne tenue de l'euro, l'impact des devises a toutefois été très défavorable
pour les investisseurs hexagonaux. Les marchés émergents ont, eux, continué de
caracoler en tête avec des progressions autour de 40 % pour les Bourses de
Hongkong ou du Brésil. Les Etats-Unis et l'Europe sont, bien sûr, loin
derrière.
Mais le pire a pour l'instant été évité, alors qu'une crise de
confiance majeure dans le système bancaire mondial a explosé l'été dernier. Les
interventions musclées des banques centrales, notamment de la Réserve fédérale,
ont limité les dégâts à court terme sans rassurer les marchés sur le fond. Du
coup, la volatilité a fortement progressé et, à la moindre mauvaise nouvelle,
des pans entiers de la cote plongent. A commencer par les financières. Nul ne
sait quand s'arrêtera la liste de plus en plus longue des mauvaises surprises
dans ce secteur. Dernière en date, l'intention de restreindre l'accès aux
crédits des entreprises et ménages aux Etats-Unis comme dans la zone euro.
En toute logique, en période de forte aversion au risque et
après trois années de forte hausse, les petites valeurs ont plus souffert que
les grandes : elles finissent 2007 dans le rouge. A l'opposé, les secteurs des
services collectifs, des infrastructures, de l'énergie et des matières
premières agricoles, soutenus par une croissance mondiale restée forte,
affichent de belles performances. Tout comme les fonds spécialisés dans ces
thèmes.
Pour 2008, la visibilité sur les marchés est particulièrement
faible, en dépit d'une politique monétaire américaine accommodante. Certains
spécialistes tablent même sur des taux réels proches de zéro outre-Atlantique,
vers l'été 2008. Ce qui revient à anticiper une récession. Inquiétant. Certes,
plus de la moitié de la croissance mondiale trouve désormais son origine dans
les pays émergents. Mais le reste du monde ne pourra s'affranchir d'une
récession dans la plus grande économie mondiale. Y compris la Chine qui a d'importantes
relations commerciales avec ce pays ! Déjà engagé, le ralentissement mondial
finira bien par se retrouver dans les comptes. Or, à part quelques exceptions,
les estimations de profits des entreprises n'ont guère été revues à la baisse
en 2007. C'est certain : les analystes prendront un jour ou l'autre en compte
l'assombrissement du tableau dans leurs anticipations pour 2008. Comment
imaginer en effet que la baisse du dollar par rapport à l'euro restera sans
effet sur les charges des entreprises européennes quand les deux tiers du
chiffre d'affaires des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l'international ?
Comment croire aussi que la hausse du prix des matières premières n'aura pas
d'impact sur les charges de nos entreprises ?
Le ralentissement économique largement attendu devrait, en toute
logique, mettre un coup d'arrêt à la croissance des marchés d'actions. De quoi
nous inciter à une prudence encore plus grande qu'au début de l'an dernier. Pas
question de miser sur des indices de place dans un tel contexte.
- Nos conseils. Pour garder une exposition directe aux actions,
mieux vaut sélectionner des groupes solides capables de résister à des marchés
baissiers comme Air Liquide et Vinci. Ou bien des sociétés tirant parti de la
croissance mondiale, la montée en puissance des pays émergents leur donnant le
maximum de chances de voir leurs prévisions se matérialiser. C'est le cas
d'Essilor et de LVMH. Enfin des grands groupes bénéficiant d'un environnement
et d'un contexte réglementaire porteurs pour longtemps, tels EDF et Suez.
Du côté des fonds, les mouvements erratiques du dollar incitent
à limiter ses investissements outre-Atlantique et à veiller à couvrir le risque
de change. De même, la remontée de la volatilité et les craintes d'une
inflation élevée et durable préconisent de protéger son portefeuille avec des
produits jouant ces thèmes. Enfin, les fonds sur les marchés émergents
devraient encore bien se comporter. Mais ils ne doivent pas dépasser 10 % du
portefeuille global.
Immobilier : ajustement en douceur
Raisonnable, enfin ! Dans un volume de ventes qui devrait être
légèrement inférieur à 2006, le marché immobilier ancien a connu un rythme de
hausse annuelle de 4,1 %, les appartements ayant même traversé un trimestre de
baisse selon la Fédération nationale de l'immobilier. Le marché des ventes
d'appartements neufs est comparable à celui de l'an dernier, avec toutefois une
présence moins affirmée des investisseurs.
Du coup, le stock a continué de progresser, s'établissant à
environ 90 000 logements à la fin de l'année.
Le marché de l'immobilier d'entreprise est, lui, resté un des
plus dynamiques d'Europe. La demande placée de bureaux en Ile-de-France
s'approche des records de 2006, tandis que les métropoles régionales attirent
de plus en plus. L'évolution des loyers a également été favorable, mais de
manière insuffisante pour empêcher la baisse des rendements. On est ainsi passé
sous les 4 % pour les actifs haut de gamme !
Pour l'année 2008, le marché du logement est entré dans une
phase d'ajustement. Selon l'indicateur de seloger.com, basé sur le prix des
annonces immobilières, on note pour la première fois une baisse des étiquettes
dans des villes comme Marseille, Lyon ou Toulouse. Pour autant, un retournement
brutal est peu envisageable car la demande reste importante. Il n'empêche, les
prix baisseraient peut-être de 3 à 5 %, voire plus pour les produits les moins
recherchés. Point positif : cette décrue pourrait redonner du souffle au marché
! Dans le neuf, le ralentissement du rythme de ventes va imposer des grilles de
prix plus serrées aux promoteurs. Mais le véritable juge de paix sera sans
conteste l'évolution des taux de crédit. Après deux années de hausse, l'heure
devrait plutôt être à la stabilisation. Mais l'accès au crédit s'annonce plus
restrictif. Du côté de l'immobilier de bureaux, le contexte va continuer d'être
porteur. La sécurisation ainsi que la transparence du marché français devrait
continuer d'attirer les opérateurs dans un contexte de stabilisation des loyers
et des taux de rendement. De plus, l'externalisation par de nombreuses
entreprises de leur patrimoine immobilier va élargir les opportunités
d'investissement.
- Nos conseils. Les nouvelles mesures du gouvernement Sarkozy ne
vont sans doute pas améliorer la fluidité du marché locatif. En outre, les prix
de vente ne s'ajustant pas à la même vitesse partout, les investisseurs auront
intérêt à privilégier des biens de qualité. Dans ce contexte plus difficile,
les épargnants peuvent aussi se tourner vers la pierre papier.
En investissant dans une société civile de placement immobilier
(SCPI), plutôt qu'en direct dans un logement, vous mutualisez votre
investissement et, par conséquent, minimisez les risques. Par ailleurs, les
SCPI de bureaux et de magasins vont continuer de dégager une rentabilité encore
très attractive autour de 6 % (voir notre sélection).
En revanche, la prudence est de mise sur les nouveaux organismes de placement
collectif en immobilier, les OPCI.
Huit pistes pour sortir des sentiers battus
Quand l'incertitude gâche la météo des produits traditionnels,
l'investisseur doit sortir des sentiers battus s'il recherche une performance
supérieure à celle des placements sans risque. En vérité, ce besoin d'ouverture
était même nécessaire auparavant, en raison de la baisse tendancielle de la
rentabilité des placements. Sauf qu'avec une Bourse et un marché immobilier
bien orientés, personne ne voulait vraiment s'en soucier.
Problème : aller sur des supports encore méconnus est inquiétant
pour les particuliers. D'autant que le terrain d'exploration est vaste. Et que
certains placements hors du commun, comme les anneaux de port, les vaches
laitières ou les mobile homes n'ont pas laissé que de bons souvenirs à certains
investisseurs. Pis, ils s'y sont brûlé les doigts...
Essayez d'avoir plusieurs cordes à votre arc
Histoire de vous permettre de découvrir certaines formules, nous
avons donc mené l'enquête. Autant l'avouer, nous n'avons pas retenu tous les
placements atypiques. Loin s'en faut. Nous sommes volontairement restés à
l'écart des marchés africains, même si les Bourses de ce continent ont amorcé
leur ascension. Et qu'il faudra vraisemblablement à l'avenir les compter parmi
les émergentes. Pour les matières premières, nous avons laissé de côté les
certificats sur un seul matériau, leur préférant un panier par essence moins
volatil... Au total, nous avons mis en avant huit pistes pour sortir des
sentiers battus. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'engager sur chacune d'entre
elles, même s'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ! Ici,
diversification et sélectivité sont les maîtres mots. Nous vous recommandons
d'en choisir seulement trois ou quatre correspondant le mieux à votre
tempérament et à la structure de votre patrimoine. Jouer la baisse des marchés
n'a par exemple aucun sens si vous ne boursicotez pas. Pensez aussi à vos
connaissances. Aucun professionnel n'est en même temps spécialiste du marché de
l'art, de celui des matières premières et de l'immobilier. On ne voit pas
pourquoi un particulier devrait l'être. Pour chaque solution, nous avons
préconisé des produits précis lorsque cela était possible. L'occasion de vous
permettre de mettre tous les atouts dans votre manche pour vous engager dans
une nécessaire diversification.
1 - Allez sur le marché de l'art
Certains investisseurs se souviennent avec amertume des
"fonds artistiques" créés il y a une quinzaine d'années dans un but
purement financier. Il s'agissait de jouer le marché de l'art à la hausse et de
réaliser de substantielles plus-values. Ils ont fait un flop. Alors pourquoi
aujourd'hui la commode Louis XV d'un grand ébéniste, le paysage normand d'un
peintre français du xixe siècle ou le tableau d'un jeune artiste américain
seraient-ils devenus des placements sûrs ? La donne a changé et la façon d'aborder
le marché aussi. Plus question de fonds. Tous les spécialistes vous le diront :
la marchandise de qualité se raréfie et les amateurs, de plus en plus nombreux,
achètent en direct. Il suffit d'arpenter les salons d'antiquaires, d'art
contemporain ou les salles de ventes pour le constater. Dans une atmosphère
fébrile, les ressortissants des pays émergents (Russes, Chinois, Indiens,
Sud-Américains) investissent sans compter, rivalisant avec les collectionneurs
américains ou européens. A l'exception de certains secteurs de l'art
contemporain, assez spéculatifs, les oeuvres d'art sont devenues une valeur
refuge, une garantie de conservation du capital et même un placement solide qui
se valorisera sur le long terme. Car c'est un actif physique !
On le constate : les aléas boursiers, la variation des prix des
matières premières, la crise des subprimes n'ont pas d'effet sur un marché de
l'art toujours florissant. Seuls des vendeurs abusivement gourmands et des
maisons de ventes proposant des garanties trop élevées font renâcler les
acheteurs. C'était le cas pour deux vacations d'art impressionniste et moderne
organisées par Christie's et Sotheby's à la fin de l'an dernier. De même, les
oeuvres remises en vente trop rapidement après leur achat ne trouvent pas aisément
preneurs. Ces deux facteurs prouvent que le marché est sain, sans surchauffe.
Résultat : les prix montent sans à-coup en fonction de la qualité et de la
rareté des oeuvres vendues. Selon ses moyens, l'amateur peut donc investir sans
inquiétude.
Nos produits préférés
Misez sur les secteurs connaissant une hausse régulière des
prix, protégés traditionnellement en cas de crise économique ou boursière. La
peinture ancienne des XVIe, XVIIe et xviiie siècles ou les artistes classiques
du XIXe comme ceux de l'école de Barbizon en sont un bon exemple.
2 - Investissez dans les matières premières
Parce que leurs performances sont réputées décorrélées de celles
des actifs classiques, les matières premières constituent un investissement
alternatif. Toutes ne sont pourtant pas logées à la même enseigne. En atteste
la baisse des métaux de base l'été dernier - 18 % pour le cuivre - dans un
contexte de correction du marché immobilier. A contrario, le pétrole tiré par
une forte demande mondiale a flirté avec les 100 dollars le baril alors que
l'or, valeur refuge par excellence, s'est envolé. Seul hic : impossible
d'investir directement sur les matières premières. La solution ? Miser sur les
nombreux fonds et certificats, ces valeurs mobilières permettant de suivre la
performance d'un sous-jacent (indice, devises, matières premières...). Le
marché le plus porteur aujourd'hui est incontestablement celui des matières
premières agricoles, car la demande ne peut que croître avec la population
mondiale et les risques climatiques. Encore faut-il choisir des produits
totalement ou partiellement couverts contre le change pour ne pas subir les
mouvements erratiques du dollar.
Nos produits préférés
Le Lyxor ETF World Water (FR0010527275) pour miser sur les plus
grandes entreprises du secteur de l'eau au niveau mondial, avec une exposition
au dollar limitée à 28 %. Ce tracker s'achète à la Bourse de Paris, comme
n'importe quelle action. Le certificat GSI 100 % Quanto (FR0010316497) pour
investir sur le blé, le maïs, le soja et le sucre sans risque de change. Là
encore, il s'agit d'un produit coté.
3 - Jouez la volatilité
Aux périodes de fortes hausses des marchés d'actions succèdent
les phases de violentes corrections. L'an dernier, la volatilité est
mécaniquement remontée, atteignant 20,8 %, contre 16 % en début d'année. Et
comme la Bourse devrait continuer à faire le yo-yo, elle devrait se maintenir à
un niveau élevé. Comment donc en profiter ? Pour l'épargnant moyen, la
volatilité est un instrument utilisé pour choisir entre plusieurs fonds. Mais
dans un univers financier, où désormais tout s'achète et se vend, il est aussi
possible de jouer cette volatilité. Tel est, depuis longtemps, le principe de
certains fonds alternatifs. Mais la gestion traditionnelle s'y est mise en
proposant des produits sur ce thème. Les avantages : ils sont ouverts au
public, ont des valorisations quotidiennes et certains sont éligibles au plan
d'épargne en actions (PEA). De plus, ces produits fonctionnent comme une police
d'assurance, compensant une éventuelle baisse des marchés d'actions. Il est
donc judicieux de consacrer une part de ses actifs à ce type de placement.
Nos produits préférés
En raison d'une anticipation de la volatilité l'an prochain sur
les marchés d'actions, notre choix se porte sur Centrale Long Vol R de CCR
Gestion (FR0010455428). Sur un an, il grimpe de 8,99 %. Mentionnons aussi
Morgan Stanley Strategy Access Volatility Premium de Fundlogic (FR0010429803),
éligible au PEA.
4 - Profitez de la baisse des marchés
La période d'euphorie boursière des années précédentes n'était
pas vraiment propice à ce type d'opération. Mais dans un marché susceptible de
baisser fortement par à-coups, il peut être opportun de vendre à découvert un
tracker sur le CAC 40 pour l'acheter à un prix inférieur quelques jours ou
semaines plus tard et empocher la différence. Cette opération est également
possible avec des actions à condition qu'elles appartiennent au Service de
règlement différé et qu'elles ne soient pas logées dans un plan d'épargne en
actions, ni inscrites au nominatif comme Michelin ou Lagardère. Autre solution
: acquérir des certificats Bear 100 % sur un indice, un secteur ou une matière
première émis par la Société Générale ou BNP Paribas. Ceux-ci répliquent à
l'inverse les mouvements du sous-jacent. Autrement dit, leur valeur progresse
lorsque le sous-jacent recule. Idem pour les trackers SGAM ETF Bear CAC40 et
SGAM ETF X Bear CAC40. Enfin, les put warrants donnent le droit de vendre une
action, un indice, une matière première à un prix fixé lors de l'émission
permettent de jouer la baisse à court terme.
Notre produit préféré
A moins d'être un spéculateur averti, mieux vaut commencer avec
un SGAM ETF Bear CAC40 (FR0010411876) sans effet de levier. Eligible au plan
d'épargne en actions, il permet de tirer parti de la baisse du marché sur
quelques semaines. Car il ne faut pas jouer un tel mouvement sur le long terme.
5 - Misez sur les obligations indexées
L'envolée des prix de l'énergie et des matières premières a fait
resurgir la crainte d'une inflation durablement élevée, pire ennemi des marchés
d'actions. L'indice des prix à la consommation dans la zone euro est passé de
2,1 % en septembre à 2,6 % en octobre. Conséquence : une baisse du pouvoir
d'achat pour les investisseurs. Pour se protéger contre cette érosion
monétaire, vous pouvez investir sur les obligations indexées sur l'inflation
soit en direct, soit via des Sicav ou fonds communs de placement. Mais
attention, le potentiel d'appréciation de ces produits dépend de l'évolution
macroéconomique. En effet, si le scénario d'un fort ralentissement se
réalisait, le cours des matières premières baisserait et le risque
inflationniste aussi. A l'inverse, les pressions existantes se renforceraient
et entraîneraient une hausse de l'inflation. Autres critères clefs : le niveau
des taux d'intérêt et de l'intervention des banques centrales. Toutefois, à
long terme, le risque inflationniste n'est pas à négliger même s'il reste
difficile à anticiper. Référencées sur l'indice des prix, les obligations
indexées sur l'inflation constituent un rempart contre ce danger. Ce placement
a sa place dans une allocation diversifiée.
Nos produits préférés
Pour une protection contre une montée de l'inflation dans la
zone euro, nous avons retenu LFP Index Long Terme P de La Française des
Placements (FR0010367086). Sur un an, ce fonds progresse de 3 %. Et pour les
investisseurs exposés à une poussée de la hausse des prix au niveau mondial,
Obligation Inflation World H de HSBC Investments (FR0010248732). Sa progression
sur douze mois est de 3,85 %.
6 - Devenez bailleur social
Aujourd'hui, devenir bailleur social n'est plus synonyme de
rendement au rabais.... En effet, plusieurs dispositifs fiscaux ont été mis en
place il y a un peu plus d'un an. En fonction des niveaux de loyer et de ressources
choisis, vous bénéficiez d'une déduction de 30 % à 45 % sur vos revenus
locatifs. A titre d'exemple, dans les agglomérations de plus de 50 000
habitants, en respectant 10,38 euros de loyer par mètre carré et en choisissant
un couple de locataires dont le revenu imposable ne dépasse pas 34 298 euros,
vous serez taxé sur seulement 70 % de vos revenus. Par ailleurs, l'Agence
nationale de l'habitat peut vous aider à moderniser votre logement, à hauteur
de 50 % du coût des travaux. En devenant bailleur social, vous sécurisez
également votre rendement locatif. D'une part, vous pouvez compter sur l'aide
au logement versée à vos locataires. D'autre part, en solvabilisant cette
clientèle, vous minimisez les risques d'impayés. Vous pouvez aussi contracter la
garantie des revenus locatifs, "l'assurance" très complète mise en
place par les pouvoirs publics.
Nos produits préférés
Privilégiez les appartements à rénover dans des secteurs
bénéficiant de nouveaux équipements publics ou faisant l'objet d'opérations de
restructuration.
7 - Faites du meublé non professionnel
On pense à tort qu'investir dans du meublé nécessite une mise de
fonds importante. Or, le meublé ne se réduit pas au statut loueur en meublé
professionnel. Vous pouvez également choisir le loueur en meublé non
professionnel. C'est facile - pas besoin de percevoir 23 000 euros de loyers -
et vous bénéficiez d'un régime fiscal de faveur. En effet, en optant pour le
régime de la microentreprise, vous pouvez déduire un abattement forfaitaire de
71 %. Vos revenus sont donc taxés sur seulement 29 % de leur montant. Si vous
estimez que vos charges sont supérieures - c'est notamment le cas si vous
empruntez -, vous pouvez opter pour le régime réel simplifié. Il vous permet
d'amortir votre logement sur une très longue période. En contrepartie, vous
devez proposer à la location un appartement entièrement équipé.
Nos produits préférés
Optez plutôt pour un produit situé dans le centre-ville d'une
grosse agglomération et ne lésinez pas sur l'équipement et la décoration. Vous
pourrez ainsi le louer facilement 20 % à 30 % de mieux qu'un appartement non
meublé.
8 - Misez sur l'assurance vie en euros
diversifiée
Gagner plus avec l'assurance vie tout en ayant la garantie du
capital au terme. C'est tout l'objet des nouveaux fonds en euros diversifiés.
Ils seront davantage investis en actions que les fonds traditionnels. Et pour
cause, il sera impossible pour le souscripteur de récupérer son capital avant
dix ans. L'assureur a donc plus de latitude pour gérer sur le long terme et
prendre davantage de risques. Au terme du contrat, l'épargnant est sûr de
récupérer au moins son capital net de frais. Entre-temps, non. Bref, il s'agit
de se priver de la liquidité de l'assurance vie pour en obtenir plus de
rendement. Ce nouveau type de contrat concerne pour l'instant les épargnants
aisés, avec des tickets d'entrée de plusieurs centaines de milliers d'euros.
Avec un atout pour les convaincre : sans valeur de rachat, leur contrat n'entre
pas dans le calcul de l'assiette de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)
pendant les dix premières années.
Nos produits préférés
L'offre est pauvre. Précurseur, l'assureur Dexia Epargne Pension
va mettre de l'euro diversifié dans tous ses contrats en 2008. Le grossiste
Nortia propose le multisupport Allegra avec le fonds Dexia.
Notre sélection de Sicav monétaires
Fonds (promoteur) / Valeur(1) / Performance(2)
Bred Monétaire 1 (Bred Banque Populaire)(3) / 23 824,06 / 3,91 %
Capitop Trésorerie (Crédit Agricole) / 6 006,08 / 3,83 %
CIC Trésoricic (CIC) / 61 251,95 / 4,20 %
Ecureuil Euribor (Caisses d'Epargne) / 1 184,46 / 4,30 %
LBPAM Trésorerie 7 Z (La Banque Postale) / 175,41 / 3,71 %
Monélion Régularité C (LCL) / 3 536,83 / 3,74 %
(1) Au 14 décembre 2007. (2) Annualisée sur la
base des performances du 30 novembre au 14 décembre 2007. (3) Dix parts au
minimum.
Dans une économie mondiale contrastée et turbulente, la
sélectivité s'impose.
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