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DEBUTANTS EN BOURSE

Message n° 1P3UH de Krfd7052
vendredi 1er février 2008 à 23h43


Conséquence des dérèglements économiques, la météo des placements est de plus en plus changeante... et imprévisible. Face aux inquiétudes sur les marchés traditionnels, il va falloir sortir des sentiers battus.

 

L'année 2007 a été comme nous l'avions prévue l'an dernier : pas vraiment folichonne ! "Trouver de la performance ne sera pas un exercice aisé cette année", écrivions-nous en janvier dernier. Après un début d'année en fanfare, permettant aux marchés atteindre des niveaux excessifs, la Bourse est brutalement revenue sur Terre, cet été, après la crise des subprimes, ces prêts hypothécaires accordés aux ménages américains peu solvables. L'immobilier, lui, n'a pas joué le rôle de valeur refuge, et pour cause. Sa bonne santé n'est pas seulement liée aux besoins de logement. Le niveau des taux de crédit, mais aussi des autres marchés financiers sont tout aussi importants. Par conséquent, les prix de l'immobilier sont entrés en phase de ralentissement. Autre fait marquant : sur le marché du neuf, les primo-accédants sont désormais plus présents que les investisseurs. Il faut dire que les rentabilités affichées ne font plus rêver personne...

Peu enthousiasmantes, nos recommandations de l'an dernier sont bien tombées juste. "L'embellie continue" sur les liquidités, "espoirs limités" sur les obligations, "il faut chercher les coups gagnants" sur les actions et fonds d'actions européennes, "attention aux devises" sur les valeurs étrangères, "plus de choix pour les acheteurs" sur l'immobilier... Mais pour autant, il y avait de bonnes affaires à faire. L'an dernier, nous avions recommandé six actions. A l'heure de notre bouclage, cinq d'entre elles affichent des performances positives, la palme revenant à Telefonica avec une progression de 40,20 %. Idem du côté des matières premières, où nos gains varient entre 13,60 % pour le support préconisé sur le marché de l'or et 40,51 % pour un certificat sur le pétrole... Evidemment, tout n'était pas parfait : touchée par la crise des valeurs bancaires, Dexia affiche un recul de 16,77 %.

Pour 2008, la météo ne paraît guère plus favorable sur la majorité des placements traditionnels, à l'exception des produits de court terme. Mais à condition d'être sélectif, il existe des opportunités. Il faudra aussi apprendre à sortir des sentiers battus. Notre dossier est là pour vous aider à faire les bons choix, comme nous le ferons tout au long de l'année.

Sur les marchés traditionnels, faites face à une météo incertaine

Le ciel est loin d'être dégagé sur la planète financière en ce début d'année. Pis, les placements traditionnels sont en difficulté ! A commencer par les actions, à cause des conséquences encore méconnues sur les bilans et les comptes des entreprises de la crise de liquidité apparue à l'été dernier. D'autant que la valorisation de l'euro par rapport au dollar et la hausse du prix des matières premières et du pétrole fragilisent la croissance. Tout cela n'inquiéterait personne si cette situation n'était pas concomitante avec un retour de l'inflation. Ce qui empêche les banques centrales de remettre trop d'argent dans les circuits économiques, comme elles l'ont systématiquement fait au cours des vingt dernières années en période difficile. Résultat : l'année 2007 s'achèvera sur un bilan neutre. Ou presque. Après plusieurs années de forte hausse, le marché immobilier a, lui aussi, atteint des sommets. Il a même parfois amorcé son ralentissement.

Dans cet environnement troublé, prenez des risques calculés

L'environnement n'est pourtant pas mauvais pour tous les placements et la météo est même favorable pour certains. Tel est le cas des liquidités. La rémunération des meilleurs produits est même devenue supérieure aux rendements des actions ou des contrats d'assurance vie. Problème : la météo n'est vraiment favorable que sur les placements offrant de faibles perspectives de gains, au regard des espoirs de performances sur l'immobilier ou, surtout, les actions. Comme en atteste la forte remontée de la volatilité depuis plusieurs mois sur les marchés boursiers, pour réaliser une performance très supérieure aux rendements des fonds monétaires ou de l'assurance vie, il faut prendre des risques bien plus importants comparativement à ces dernières années.

L'environnement est troublé. Cela ne veut pas dire qu'il faut oublier les actions et l'immobilier. En revanche, sur ces marchés, il faut consacrer l'essentiel de ses investissements aux produits dont l'excellence est avérée. Ce ne sont pas ceux-là qui offriront les plus belles plus-values si une embellie se manifeste. Mais ils résisteront en cas de recul des marchés.

Ne perdez pas de vue votre objectif patrimonial

Sur les principales familles de placements, nous avons fait un point détaillé sur le bilan de 2007, les perspectives 2008 et nos conseils avec nos sélections de produits. L'objectif ? Vous permettre de faire les arbitrages appropriés sur le coeur de votre patrimoine. En n'oubliant pas que la gestion impose certes de s'attarder sur l'environnement, mais qu'il convient aussi de prendre en compte vos objectifs patrimoniaux et votre horizon de placement...

Liquidités : le livret A devrait battre des records

L'année 2008 débute sous les meilleurs auspices pour l'épargne réglementée, les Sicav monétaires et les comptes à terme. Avec des rendements flirtant, pour les meilleurs produits, avec les 4 % net, les liquidités font même de l'ombre à l'assurance vie.

Les bonnes nouvelles concernent particulièrement les livrets réglementés. Passée de 2,75 % à 3 % en août dernier, la rémunération du Livret A - et par ricochet celles du livret Bleu et du livret de développement durable - devrait faire un bond au 1er février à 3,75 % net. Voire grimper à 4 % ! Tandis que le livret d'épargne populaire devrait passer à 4,75 % ou 5 %.

Ces taux seront effectifs jusqu'au 1er août au moins, date de la prochaine révision.

La raison de cette embellie ? Le mode de calcul du taux de l'épargne réglementée. Depuis 2004, il dépend de l'évolution de l'indice des prix et des taux à court terme sur le marché interbancaire en Europe. Deux indices en forte croissance. L'inflation annuelle hors tabac atteignait 2,4 % à la fin novembre, contre seulement 1,5 % il y a un an. Quant à l'Euribor 3 mois, le taux monétaire de référence, il s'établissait au 14 décembre à 4,94 %. Même en cas de repli à 4,40 % au 15 janvier, date de fixation du taux du Livret A, le chouchou des Français devrait gagner trois quarts de point de rémunération. Mais il y a fort à parier que la Banque de France en décide autrement, prétextant des circonstances exceptionnelles. L'Euribor se maintient en effet depuis cet été à un niveau anormalement élevé, entre 60 et 80 points de base au-dessus du principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), contre 25 points de base en moyenne. Un décalage dû aux réticences des banques à se prêter mutuellement de l'argent. Ensuite, pour la révision du mois d'août, Bercy envisage d'ailleurs de changer le mode de calcul du taux du Livret A.

- Nos conseils. Abondez dès à présent vos livrets réglementés jusqu'à leur plafond. Et investissez dans les Sicav monétaires pures, dopées par la remontée des taux à court terme.

Une poignée de fonds de grands réseaux offrent désormais un rendement autour de 4 %, net en dessous de 25 000 euros de cessions annuelles en 2008. Ne négligez pas non plus les comptes à terme. Mais rares sont ceux à battre l'épargne réglementée, sauf pour les non-imposables. Cortal Consors proposait à la mi-décembre 4,43 % sur un an, soit 3,15 % net. Du côté des grands réseaux, on trouvait en décembre des taux de 4,30 % brut sur un an, soit 3,05 % net chez HSBC et la Société Générale.

Assurance vie en euros : résistance à la baisse

Autour de 120 milliards d'euros auront encore été versés sur ce placement en 2007. Voilà qui porte le stock géré par les assureurs à 1 175 milliards. Dont 950 placés sur les fonds en euros qui sont réputés car le capital investi net de frais est garanti et les intérêts annuels sont définitivement acquis. La baisse des rendements depuis dix ans n'aura finalement pas entamé le crédit de ce placement. Le cru 2007 devrait se solder par une stabilité des rendements à 4 % en moyenne, avant prélèvements sociaux. Avec de forts écarts toutefois entre assureurs, voire chez un même assureur, en particulier pour des raisons commerciales.

En 2008, les rendements seront stables, voire légèrement en hausse. Selon des simulations effectuées par la Fédération française des sociétés d'assurances, 2007 serait en effet l'année plancher. Mieux, une remontée des taux pourrait intervenir dans le futur. Reste que l'assurance vie est maintenant directement concurrencée par les produits de court terme. Avec un rendement moyen de 4 %, sans tenir compte des éventuels frais d'entrée, elle se trouve dépassée par les Sicav monétaires. Ces dernières voyant en plus leurs gains non soumis à l'impôt ou aux prélèvements sociaux, à condition de rester sous le seuil de cessions.

Cette année, il faudra d'ailleurs suivre de près d'éventuelles évolutions fiscales. Une piste envisagée serait de privilégier fiscalement les contrats davantage investis en fonds actions et obligataires, au détriment des produits exclusivement en euros. En contrepartie, les fonds en euros des multisupports seraient soumis aux prélèvements sociaux chaque année.

-         Nos conseils. Sur la durée, les fonds en euros conservent leur attrait. A condition de disposer d'un bon contrat. Problème, on en compte des centaines sur le marché. Comment éviter les pires et trouver les meilleurs ? Seule solution efficace, comparer les offres par une lecture des rendements, des frais et des garanties sur la durée. Plutôt que de céder trop vite aux arguments de votre banquier, pensez donc aux contrats distribués par des associations d'épargnants. Même si leurs rendements rentrent dans le rang aujourd'hui, ils demeurent un vrai contre-pouvoir face à l'assureur. Allez aussi voir du côté de certaines mutuelles d'assurances, notamment si vous exercez de près ou de loin une activité dans le domaine du bâtiment, de la santé ou chez les militaires. Bref, soyez exigeant.

Bourse : la prudence est de rigueur

Pas de catastrophe sur les marchés d'actions cette année. Ils sont finalement peu nombreux, comme le Japon, à terminer l'année 2007 dans le rouge. Du moins si l'on observe les performances en monnaie locale ! A cause de la bonne tenue de l'euro, l'impact des devises a toutefois été très défavorable pour les investisseurs hexagonaux. Les marchés émergents ont, eux, continué de caracoler en tête avec des progressions autour de 40 % pour les Bourses de Hongkong ou du Brésil. Les Etats-Unis et l'Europe sont, bien sûr, loin derrière.

Mais le pire a pour l'instant été évité, alors qu'une crise de confiance majeure dans le système bancaire mondial a explosé l'été dernier. Les interventions musclées des banques centrales, notamment de la Réserve fédérale, ont limité les dégâts à court terme sans rassurer les marchés sur le fond. Du coup, la volatilité a fortement progressé et, à la moindre mauvaise nouvelle, des pans entiers de la cote plongent. A commencer par les financières. Nul ne sait quand s'arrêtera la liste de plus en plus longue des mauvaises surprises dans ce secteur. Dernière en date, l'intention de restreindre l'accès aux crédits des entreprises et ménages aux Etats-Unis comme dans la zone euro.

En toute logique, en période de forte aversion au risque et après trois années de forte hausse, les petites valeurs ont plus souffert que les grandes : elles finissent 2007 dans le rouge. A l'opposé, les secteurs des services collectifs, des infrastructures, de l'énergie et des matières premières agricoles, soutenus par une croissance mondiale restée forte, affichent de belles performances. Tout comme les fonds spécialisés dans ces thèmes.

Pour 2008, la visibilité sur les marchés est particulièrement faible, en dépit d'une politique monétaire américaine accommodante. Certains spécialistes tablent même sur des taux réels proches de zéro outre-Atlantique, vers l'été 2008. Ce qui revient à anticiper une récession. Inquiétant. Certes, plus de la moitié de la croissance mondiale trouve désormais son origine dans les pays émergents. Mais le reste du monde ne pourra s'affranchir d'une récession dans la plus grande économie mondiale. Y compris la Chine qui a d'importantes relations commerciales avec ce pays ! Déjà engagé, le ralentissement mondial finira bien par se retrouver dans les comptes. Or, à part quelques exceptions, les estimations de profits des entreprises n'ont guère été revues à la baisse en 2007. C'est certain : les analystes prendront un jour ou l'autre en compte l'assombrissement du tableau dans leurs anticipations pour 2008. Comment imaginer en effet que la baisse du dollar par rapport à l'euro restera sans effet sur les charges des entreprises européennes quand les deux tiers du chiffre d'affaires des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l'international ? Comment croire aussi que la hausse du prix des matières premières n'aura pas d'impact sur les charges de nos entreprises ?

Le ralentissement économique largement attendu devrait, en toute logique, mettre un coup d'arrêt à la croissance des marchés d'actions. De quoi nous inciter à une prudence encore plus grande qu'au début de l'an dernier. Pas question de miser sur des indices de place dans un tel contexte.

- Nos conseils. Pour garder une exposition directe aux actions, mieux vaut sélectionner des groupes solides capables de résister à des marchés baissiers comme Air Liquide et Vinci. Ou bien des sociétés tirant parti de la croissance mondiale, la montée en puissance des pays émergents leur donnant le maximum de chances de voir leurs prévisions se matérialiser. C'est le cas d'Essilor et de LVMH. Enfin des grands groupes bénéficiant d'un environnement et d'un contexte réglementaire porteurs pour longtemps, tels EDF et Suez.

Du côté des fonds, les mouvements erratiques du dollar incitent à limiter ses investissements outre-Atlantique et à veiller à couvrir le risque de change. De même, la remontée de la volatilité et les craintes d'une inflation élevée et durable préconisent de protéger son portefeuille avec des produits jouant ces thèmes. Enfin, les fonds sur les marchés émergents devraient encore bien se comporter. Mais ils ne doivent pas dépasser 10 % du portefeuille global.

Immobilier : ajustement en douceur

Raisonnable, enfin ! Dans un volume de ventes qui devrait être légèrement inférieur à 2006, le marché immobilier ancien a connu un rythme de hausse annuelle de 4,1 %, les appartements ayant même traversé un trimestre de baisse selon la Fédération nationale de l'immobilier. Le marché des ventes d'appartements neufs est comparable à celui de l'an dernier, avec toutefois une présence moins affirmée des investisseurs.

Du coup, le stock a continué de progresser, s'établissant à environ 90 000 logements à la fin de l'année.

Le marché de l'immobilier d'entreprise est, lui, resté un des plus dynamiques d'Europe. La demande placée de bureaux en Ile-de-France s'approche des records de 2006, tandis que les métropoles régionales attirent de plus en plus. L'évolution des loyers a également été favorable, mais de manière insuffisante pour empêcher la baisse des rendements. On est ainsi passé sous les 4 % pour les actifs haut de gamme !

Pour l'année 2008, le marché du logement est entré dans une phase d'ajustement. Selon l'indicateur de seloger.com, basé sur le prix des annonces immobilières, on note pour la première fois une baisse des étiquettes dans des villes comme Marseille, Lyon ou Toulouse. Pour autant, un retournement brutal est peu envisageable car la demande reste importante. Il n'empêche, les prix baisseraient peut-être de 3 à 5 %, voire plus pour les produits les moins recherchés. Point positif : cette décrue pourrait redonner du souffle au marché ! Dans le neuf, le ralentissement du rythme de ventes va imposer des grilles de prix plus serrées aux promoteurs. Mais le véritable juge de paix sera sans conteste l'évolution des taux de crédit. Après deux années de hausse, l'heure devrait plutôt être à la stabilisation. Mais l'accès au crédit s'annonce plus restrictif. Du côté de l'immobilier de bureaux, le contexte va continuer d'être porteur. La sécurisation ainsi que la transparence du marché français devrait continuer d'attirer les opérateurs dans un contexte de stabilisation des loyers et des taux de rendement. De plus, l'externalisation par de nombreuses entreprises de leur patrimoine immobilier va élargir les opportunités d'investissement.

- Nos conseils. Les nouvelles mesures du gouvernement Sarkozy ne vont sans doute pas améliorer la fluidité du marché locatif. En outre, les prix de vente ne s'ajustant pas à la même vitesse partout, les investisseurs auront intérêt à privilégier des biens de qualité. Dans ce contexte plus difficile, les épargnants peuvent aussi se tourner vers la pierre papier.

En investissant dans une société civile de placement immobilier (SCPI), plutôt qu'en direct dans un logement, vous mutualisez votre investissement et, par conséquent, minimisez les risques. Par ailleurs, les SCPI de bureaux et de magasins vont continuer de dégager une rentabilité encore très attractive autour de 6 % (voir notre sélection). En revanche, la prudence est de mise sur les nouveaux organismes de placement collectif en immobilier, les OPCI.

Huit pistes pour sortir des sentiers battus

Quand l'incertitude gâche la météo des produits traditionnels, l'investisseur doit sortir des sentiers battus s'il recherche une performance supérieure à celle des placements sans risque. En vérité, ce besoin d'ouverture était même nécessaire auparavant, en raison de la baisse tendancielle de la rentabilité des placements. Sauf qu'avec une Bourse et un marché immobilier bien orientés, personne ne voulait vraiment s'en soucier.

Problème : aller sur des supports encore méconnus est inquiétant pour les particuliers. D'autant que le terrain d'exploration est vaste. Et que certains placements hors du commun, comme les anneaux de port, les vaches laitières ou les mobile homes n'ont pas laissé que de bons souvenirs à certains investisseurs. Pis, ils s'y sont brûlé les doigts...

Essayez d'avoir plusieurs cordes à votre arc

Histoire de vous permettre de découvrir certaines formules, nous avons donc mené l'enquête. Autant l'avouer, nous n'avons pas retenu tous les placements atypiques. Loin s'en faut. Nous sommes volontairement restés à l'écart des marchés africains, même si les Bourses de ce continent ont amorcé leur ascension. Et qu'il faudra vraisemblablement à l'avenir les compter parmi les émergentes. Pour les matières premières, nous avons laissé de côté les certificats sur un seul matériau, leur préférant un panier par essence moins volatil... Au total, nous avons mis en avant huit pistes pour sortir des sentiers battus. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'engager sur chacune d'entre elles, même s'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ! Ici, diversification et sélectivité sont les maîtres mots. Nous vous recommandons d'en choisir seulement trois ou quatre correspondant le mieux à votre tempérament et à la structure de votre patrimoine. Jouer la baisse des marchés n'a par exemple aucun sens si vous ne boursicotez pas. Pensez aussi à vos connaissances. Aucun professionnel n'est en même temps spécialiste du marché de l'art, de celui des matières premières et de l'immobilier. On ne voit pas pourquoi un particulier devrait l'être. Pour chaque solution, nous avons préconisé des produits précis lorsque cela était possible. L'occasion de vous permettre de mettre tous les atouts dans votre manche pour vous engager dans une nécessaire diversification.

1 - Allez sur le marché de l'art

Certains investisseurs se souviennent avec amertume des "fonds artistiques" créés il y a une quinzaine d'années dans un but purement financier. Il s'agissait de jouer le marché de l'art à la hausse et de réaliser de substantielles plus-values. Ils ont fait un flop. Alors pourquoi aujourd'hui la commode Louis XV d'un grand ébéniste, le paysage normand d'un peintre français du xixe siècle ou le tableau d'un jeune artiste américain seraient-ils devenus des placements sûrs ? La donne a changé et la façon d'aborder le marché aussi. Plus question de fonds. Tous les spécialistes vous le diront : la marchandise de qualité se raréfie et les amateurs, de plus en plus nombreux, achètent en direct. Il suffit d'arpenter les salons d'antiquaires, d'art contemporain ou les salles de ventes pour le constater. Dans une atmosphère fébrile, les ressortissants des pays émergents (Russes, Chinois, Indiens, Sud-Américains) investissent sans compter, rivalisant avec les collectionneurs américains ou européens. A l'exception de certains secteurs de l'art contemporain, assez spéculatifs, les oeuvres d'art sont devenues une valeur refuge, une garantie de conservation du capital et même un placement solide qui se valorisera sur le long terme. Car c'est un actif physique !

On le constate : les aléas boursiers, la variation des prix des matières premières, la crise des subprimes n'ont pas d'effet sur un marché de l'art toujours florissant. Seuls des vendeurs abusivement gourmands et des maisons de ventes proposant des garanties trop élevées font renâcler les acheteurs. C'était le cas pour deux vacations d'art impressionniste et moderne organisées par Christie's et Sotheby's à la fin de l'an dernier. De même, les oeuvres remises en vente trop rapidement après leur achat ne trouvent pas aisément preneurs. Ces deux facteurs prouvent que le marché est sain, sans surchauffe. Résultat : les prix montent sans à-coup en fonction de la qualité et de la rareté des oeuvres vendues. Selon ses moyens, l'amateur peut donc investir sans inquiétude.

Nos produits préférés

Misez sur les secteurs connaissant une hausse régulière des prix, protégés traditionnellement en cas de crise économique ou boursière. La peinture ancienne des XVIe, XVIIe et xviiie siècles ou les artistes classiques du XIXe comme ceux de l'école de Barbizon en sont un bon exemple.

2 - Investissez dans les matières premières

Parce que leurs performances sont réputées décorrélées de celles des actifs classiques, les matières premières constituent un investissement alternatif. Toutes ne sont pourtant pas logées à la même enseigne. En atteste la baisse des métaux de base l'été dernier - 18 % pour le cuivre - dans un contexte de correction du marché immobilier. A contrario, le pétrole tiré par une forte demande mondiale a flirté avec les 100 dollars le baril alors que l'or, valeur refuge par excellence, s'est envolé. Seul hic : impossible d'investir directement sur les matières premières. La solution ? Miser sur les nombreux fonds et certificats, ces valeurs mobilières permettant de suivre la performance d'un sous-jacent (indice, devises, matières premières...). Le marché le plus porteur aujourd'hui est incontestablement celui des matières premières agricoles, car la demande ne peut que croître avec la population mondiale et les risques climatiques. Encore faut-il choisir des produits totalement ou partiellement couverts contre le change pour ne pas subir les mouvements erratiques du dollar.

Nos produits préférés

Le Lyxor ETF World Water (FR0010527275) pour miser sur les plus grandes entreprises du secteur de l'eau au niveau mondial, avec une exposition au dollar limitée à 28 %. Ce tracker s'achète à la Bourse de Paris, comme n'importe quelle action. Le certificat GSI 100 % Quanto (FR0010316497) pour investir sur le blé, le maïs, le soja et le sucre sans risque de change. Là encore, il s'agit d'un produit coté.

3 - Jouez la volatilité

Aux périodes de fortes hausses des marchés d'actions succèdent les phases de violentes corrections. L'an dernier, la volatilité est mécaniquement remontée, atteignant 20,8 %, contre 16 % en début d'année. Et comme la Bourse devrait continuer à faire le yo-yo, elle devrait se maintenir à un niveau élevé. Comment donc en profiter ? Pour l'épargnant moyen, la volatilité est un instrument utilisé pour choisir entre plusieurs fonds. Mais dans un univers financier, où désormais tout s'achète et se vend, il est aussi possible de jouer cette volatilité. Tel est, depuis longtemps, le principe de certains fonds alternatifs. Mais la gestion traditionnelle s'y est mise en proposant des produits sur ce thème. Les avantages : ils sont ouverts au public, ont des valorisations quotidiennes et certains sont éligibles au plan d'épargne en actions (PEA). De plus, ces produits fonctionnent comme une police d'assurance, compensant une éventuelle baisse des marchés d'actions. Il est donc judicieux de consacrer une part de ses actifs à ce type de placement.

Nos produits préférés

En raison d'une anticipation de la volatilité l'an prochain sur les marchés d'actions, notre choix se porte sur Centrale Long Vol R de CCR Gestion (FR0010455428). Sur un an, il grimpe de 8,99 %. Mentionnons aussi Morgan Stanley Strategy Access Volatility Premium de Fundlogic (FR0010429803), éligible au PEA.

4 - Profitez de la baisse des marchés

La période d'euphorie boursière des années précédentes n'était pas vraiment propice à ce type d'opération. Mais dans un marché susceptible de baisser fortement par à-coups, il peut être opportun de vendre à découvert un tracker sur le CAC 40 pour l'acheter à un prix inférieur quelques jours ou semaines plus tard et empocher la différence. Cette opération est également possible avec des actions à condition qu'elles appartiennent au Service de règlement différé et qu'elles ne soient pas logées dans un plan d'épargne en actions, ni inscrites au nominatif comme Michelin ou Lagardère. Autre solution : acquérir des certificats Bear 100 % sur un indice, un secteur ou une matière première émis par la Société Générale ou BNP Paribas. Ceux-ci répliquent à l'inverse les mouvements du sous-jacent. Autrement dit, leur valeur progresse lorsque le sous-jacent recule. Idem pour les trackers SGAM ETF Bear CAC40 et SGAM ETF X Bear CAC40. Enfin, les put warrants donnent le droit de vendre une action, un indice, une matière première à un prix fixé lors de l'émission permettent de jouer la baisse à court terme.

Notre produit préféré

A moins d'être un spéculateur averti, mieux vaut commencer avec un SGAM ETF Bear CAC40 (FR0010411876) sans effet de levier. Eligible au plan d'épargne en actions, il permet de tirer parti de la baisse du marché sur quelques semaines. Car il ne faut pas jouer un tel mouvement sur le long terme.

5 - Misez sur les obligations indexées

L'envolée des prix de l'énergie et des matières premières a fait resurgir la crainte d'une inflation durablement élevée, pire ennemi des marchés d'actions. L'indice des prix à la consommation dans la zone euro est passé de 2,1 % en septembre à 2,6 % en octobre. Conséquence : une baisse du pouvoir d'achat pour les investisseurs. Pour se protéger contre cette érosion monétaire, vous pouvez investir sur les obligations indexées sur l'inflation soit en direct, soit via des Sicav ou fonds communs de placement. Mais attention, le potentiel d'appréciation de ces produits dépend de l'évolution macroéconomique. En effet, si le scénario d'un fort ralentissement se réalisait, le cours des matières premières baisserait et le risque inflationniste aussi. A l'inverse, les pressions existantes se renforceraient et entraîneraient une hausse de l'inflation. Autres critères clefs : le niveau des taux d'intérêt et de l'intervention des banques centrales. Toutefois, à long terme, le risque inflationniste n'est pas à négliger même s'il reste difficile à anticiper. Référencées sur l'indice des prix, les obligations indexées sur l'inflation constituent un rempart contre ce danger. Ce placement a sa place dans une allocation diversifiée.

Nos produits préférés

Pour une protection contre une montée de l'inflation dans la zone euro, nous avons retenu LFP Index Long Terme P de La Française des Placements (FR0010367086). Sur un an, ce fonds progresse de 3 %. Et pour les investisseurs exposés à une poussée de la hausse des prix au niveau mondial, Obligation Inflation World H de HSBC Investments (FR0010248732). Sa progression sur douze mois est de 3,85 %.

6 - Devenez bailleur social

Aujourd'hui, devenir bailleur social n'est plus synonyme de rendement au rabais.... En effet, plusieurs dispositifs fiscaux ont été mis en place il y a un peu plus d'un an. En fonction des niveaux de loyer et de ressources choisis, vous bénéficiez d'une déduction de 30 % à 45 % sur vos revenus locatifs. A titre d'exemple, dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants, en respectant 10,38 euros de loyer par mètre carré et en choisissant un couple de locataires dont le revenu imposable ne dépasse pas 34 298 euros, vous serez taxé sur seulement 70 % de vos revenus. Par ailleurs, l'Agence nationale de l'habitat peut vous aider à moderniser votre logement, à hauteur de 50 % du coût des travaux. En devenant bailleur social, vous sécurisez également votre rendement locatif. D'une part, vous pouvez compter sur l'aide au logement versée à vos locataires. D'autre part, en solvabilisant cette clientèle, vous minimisez les risques d'impayés. Vous pouvez aussi contracter la garantie des revenus locatifs, "l'assurance" très complète mise en place par les pouvoirs publics.

Nos produits préférés

Privilégiez les appartements à rénover dans des secteurs bénéficiant de nouveaux équipements publics ou faisant l'objet d'opérations de restructuration.

7 - Faites du meublé non professionnel

On pense à tort qu'investir dans du meublé nécessite une mise de fonds importante. Or, le meublé ne se réduit pas au statut loueur en meublé professionnel. Vous pouvez également choisir le loueur en meublé non professionnel. C'est facile - pas besoin de percevoir 23 000 euros de loyers - et vous bénéficiez d'un régime fiscal de faveur. En effet, en optant pour le régime de la microentreprise, vous pouvez déduire un abattement forfaitaire de 71 %. Vos revenus sont donc taxés sur seulement 29 % de leur montant. Si vous estimez que vos charges sont supérieures - c'est notamment le cas si vous empruntez -, vous pouvez opter pour le régime réel simplifié. Il vous permet d'amortir votre logement sur une très longue période. En contrepartie, vous devez proposer à la location un appartement entièrement équipé.

Nos produits préférés

Optez plutôt pour un produit situé dans le centre-ville d'une grosse agglomération et ne lésinez pas sur l'équipement et la décoration. Vous pourrez ainsi le louer facilement 20 % à 30 % de mieux qu'un appartement non meublé.

8 - Misez sur l'assurance vie en euros diversifiée

Gagner plus avec l'assurance vie tout en ayant la garantie du capital au terme. C'est tout l'objet des nouveaux fonds en euros diversifiés. Ils seront davantage investis en actions que les fonds traditionnels. Et pour cause, il sera impossible pour le souscripteur de récupérer son capital avant dix ans. L'assureur a donc plus de latitude pour gérer sur le long terme et prendre davantage de risques. Au terme du contrat, l'épargnant est sûr de récupérer au moins son capital net de frais. Entre-temps, non. Bref, il s'agit de se priver de la liquidité de l'assurance vie pour en obtenir plus de rendement. Ce nouveau type de contrat concerne pour l'instant les épargnants aisés, avec des tickets d'entrée de plusieurs centaines de milliers d'euros. Avec un atout pour les convaincre : sans valeur de rachat, leur contrat n'entre pas dans le calcul de l'assiette de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pendant les dix premières années.

Nos produits préférés

L'offre est pauvre. Précurseur, l'assureur Dexia Epargne Pension va mettre de l'euro diversifié dans tous ses contrats en 2008. Le grossiste Nortia propose le multisupport Allegra avec le fonds Dexia.

Notre sélection de Sicav monétaires

Fonds (promoteur) / Valeur(1) / Performance(2)

Bred Monétaire 1 (Bred Banque Populaire)(3) / 23 824,06 / 3,91 %

Capitop Trésorerie (Crédit Agricole) / 6 006,08 / 3,83 %

CIC Trésoricic (CIC) / 61 251,95 / 4,20 %

Ecureuil Euribor (Caisses d'Epargne) / 1 184,46 / 4,30 %

LBPAM Trésorerie 7 Z (La Banque Postale) / 175,41 / 3,71 %

Monélion Régularité C (LCL) / 3 536,83 / 3,74 %

(1) Au 14 décembre 2007. (2) Annualisée sur la base des performances du 30 novembre au 14 décembre 2007. (3) Dix parts au minimum.

Dans une économie mondiale contrastée et turbulente, la sélectivité s'impose.


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Témoignages :
« que dire ? Simplement merci pour ce 2eme salaire » (msg n° 6EP2J)
« pv presque un an de salaire en moins de 4 heures un vrai bonheurrrrrrrrr » (msg n° 6CPH4)
« que du bonheur, car j ai déjà pu acheté ma petite maison et depuis
peu ma petite voiture » (msg n° 6H4JE)
« Mille foi merci pour votre travail, vous rendez vraiment beaucoup
de gens heureux. » (msg n° 6H4AP)
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