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Les montants des entrées à la cote repoussées ou annulées en janvier ont été plus importants que les levées de capitaux réalisées en Europe et aux Etats-Unis, selon Thomson Financial.
6,77 milliards de dollars. C'est le montant total des introductions en Bourse annulées et reportées sur le seul mois de janvier. D'après les données de Thomson Financial, 28 opérations prévues dans le monde n'ont pu être réalisées, dont certaines de taille importante comme celle du groupe énergétique danois Dong Energy.
Alors que les grands indices boursiers ont nettement cédé du terrain depuis le début de l'année, les introductions avortées dans le monde sont à un point haut depuis au moins deux ans, en nombre comme en valeur (*). Par comparaison, en décembre 2007, 15 opérations devant lever 2,1 milliards de dollars avaient subi le même sort ; en novembre 2007, c'était 20 introductions pour 4,4 milliards de dollars. En juin 2006, période considérée comme « noire » sur le segment primaire, Thomson Financial avait comptabilisé 21 entrées à la cote annulées pour 5,7 milliards de dollars.
Si, au niveau mondial, les montants d'opérations faites en janvier (7,7 milliards de dollars) dépassent celles qui ont avorté ; dans les pays développés, c'est désormais le contraire. En Europe, 13 introductions pour 335,7 millions de dollars ont été enregistrées en janvier, contre 1,1 milliard pour les annulations. Aux Etats-Unis, les opérations supprimées et repoussées ont représenté plus de quatre fois la valeur de celles effectivement réalisées le mois dernier.
Hésitation
Parallèlement, les entrées à la cote programmées pour les prochaines semaines semblent rares. Rien n'est, pour l'heure, officiellement dans les tuyaux à Paris. « Bon nombre d'émetteurs ne veulent pas répercuter la baisse du marché sur la valorisation proposée à l'introduction, souligne Alix Caudrillier, responsable « equity capital market » chez Calyon. Et, côté investisseurs, ils peuvent trouver des comparables à des prix attractifs déjà cotés. » Refroidies par la chute des indices boursiers, les petites et moyennes valeurs qui constituaient une bonne part du nombre des opérations de la place hexagonale semblent très hésitantes. Luneau Technology a décidé de repousser son admission sur Alternext à la veille de son entrée, programmée pour le 29 janvier.
Et la morosité pourrait encore persister plusieurs mois, de l'avis des professionnels. Hier, une entreprise polonaise, Enea, a indiqué à son tour qu'elle envisageait de repousser son introduction (1,2 million de dollars), initialement prévue au premier trimestre à la Bourse de Varsovie. « Le marché des introductions est quasiment fermé. Il pourrait y avoir une embellie, mais le premier semestre devrait être difficile. Cela rappelle la traversée du désert connue en 2002-2003 », conclut Alix Caudrillier.
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