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Les porteurs d’emprunts russes
repartent à l’attaque
Il est de ces dossiers qui, comme le
Phénix, renaissent régulièrement
de leurs cendres. L’épineux problème
des emprunts russes, qui
n’avait plus fait parler de lui depuis
que, faute de combattants,
d’énergie ou par lassitude, la principale
association de défense
s’était mise en sommeil en 2005,
devrait renouer avec l’actualité.
Le 31 mai, une soixantaine de
porteurs d’emprunts russes ont
décidé de porter sur les fonts baptismaux
une nouvelle structure
qui a pris le nom d’Association
fédérative internationale des porteurs
d’emprunts russes (Afiper).
Portée par une nouvelle génération,
cette nouvelle association
ne s’inscrit pas en réaction avec
ses aînés mais elle revendique au
contrairesafiliation, aupointqu’il
a été demandé à Pierre de Pontbriand,
le pugnace animateur de
l’Association française des porteurs
d’emprunts russes (Afper)
entre 1995 et 2005, d’en assurer la
présidence d’honneur.
« L’Afiper souhaite cependant
donner une dimension plus internationale
à son engagement », expliqueEric
Sanitas, sonprésident.
S’appuyant sur le faitquel’accord
franco-russe d’indemnisation de
1997 n’a pas entamé les droits des
porteurs mais leur a simplement
retiré la protection diplomatique
de l’Etat français, l’Afiper entend
continuer à demander le remboursement
intégral des titres.
Dans un premier temps, elle
compte obtenir de la Fédération
de Russie une solution globale
pour l’ensemble des emprunts qui
ont été émis par l’ex-empire tsariste
au niveau international. « Si
nos propositions de négociation
n’étaient pas retenues, nous orienterions
nos actions dans de nouvelles
directions, allantde la justice
européenne aux procédures de
type “class action” partout où cela
serait possible », dit Eric Sanitas.
Agences de notation
Dans ce cadre, il affirme que des
contacts ont déjà été pris avec un
cabinet anglo-saxon d’apporteurs
de fonds. Mais, dans l’immédiat,
c’est sur le sujet des agences de
notation que l’Afiper pense tenir
un levier intéressant. L’idée est
d’obtenir des autorités de régulation
qui se sont saisies de ce dossier
après la crise du « subprime »
qu’elles contraignent les agences
de notation à prendre en compte
la défaillance de règlement de la
créance des emprunts russes dans
leur évaluationde la solvabilité de
la Fédération de Russie.
PHILIPPE GUILLAUME
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