Mardi 13 Janvier 2009
Le froid est une aubaine pour Carglass. Non seulement
le leader français de la réparation résiste à la crise, mais il connait
même une progression de son chiffre d'affaires. Pour durer,
l'entreprise va augmenter ses tarifs de 3 à 4% en 2009 et compte
embaucher 400 réparateurs, soit 200 emplois nets avec les départs et
les mutations. Carglass semble résister à tous les chocs.
Les températures extrêmes sont une aubaine pour les réparateurs de
pare-brise et autres vitres de véhicules fragilisés par le gel. "Décembre a été un excellent mois",
confirme en s'extasiant Eric Girard, directeur général de Carglass
France, qui attend aussi de brillants résultats ce mois-ci. Avec 33 %
du marché, Carglass campe en leader français de la réparation et
connaît même une progression de son chiffre d'affaires malgré une
activité tendanciellement en recul.
L'arrivée des premiers radars automatiques en 2004 et la baisse des
ventes de voitures ont pesé sur le secteur. Les Français lèvent le
pied, roulent moins, et gardent plus longtemps leur véhicule. Un
engrenage qui a fait chuter de 20% en quatre ans le marché des vitrages
automobiles en France. Les ateliers des concessionnaires ou des
franchises comme France Pare-Brise accusent le coup. Pas Carglass. Avec
227 centres et 2500 collaborateurs, la filiale du groupe britannique
Belron continue à gagner des parts de marché, et de l'argent, même si
les marges sont faibles: de 2 à 3%. En 2004, l'enseigne affichait 227
millions d'euros de chiffre d'affaires. En 2009, Eric Girard vise les
328 millions d'euros.
Deux cents emplois créés cette année
Pour y parvenir, l'entreprise va augmenter ses tarifs de 3 à 4%. Mais
la clé de son succès tient avant tout à une offre bien étudiée qui joue
sur la prévention. L'idée: inciter les automobilistes à amener leur
voiture dans un centre de réparation à la moindre fêlure sur le
pare-brise. Celui-ci est réparé sur-le-champ, non remplacé et...
assuré. En pratique, 95% des autos sont assurées "bris de glace".
Réparer un pare-brise coûte en moyenne 100 euros aux assureurs, quatre
fois moins qu'un remplacement dû à l'éclatement définitif d'un
pare-brise initialement fragilisé par un léger impact. L'offre Carglass
est sans coût pour les automobilistes et rend aussi un fier service aux
assureurs: "35% de notre activité provient de ce type de prestation",
calcule Eric Girard. C'est le plus Carglass. Un argument que
l'entreprise martèle sur les ondes (elle est le cinquième annonceur
français en radio) et bientôt sur les petits écrans: "Carglass répare, Carglass remplace." Le slogan est difficile à oublier.
Argument de vente supplémentaire: un souci presque maniaque de la
qualité de service. Pour que les équipes aient toujours le sourire et
le sens du travail bien fait, la direction a généralisé l'indexation
des salaires sur le taux de satisfaction de la clientèle. Chaque
semaine, les clients dépannés sont sondés. Leur opinion détermine, par
ateliers, le pourcentage éventuel d'augmentation des collaborateurs en
fin d'année! De quoi attirer de nouvelles recrues. Le réseau compte
embaucher 400 réparateurs cette année (soit 200 emplois nets avec les
départs et mutations). Un exploit par les temps qui courent.
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