|
[ 14/01/09
]
La
compagnie ferroviaire a vu son chiffre d'affaires augmenter de 10,3 %
en 2008, mais prévoit un coup de frein prononcé pour 2009. Jusqu'ici,
tout va bien. En 2008, Eurostar a réussi à maintenir une croissance
soutenue de son activité, avec des revenus en hausse de 10,9 % sur un
an, à 664 millions de livres, et des voyageurs transportés suivant la
même tendance (+ 10,3 %, à 9,1 millions de passagers).
C'est certes
moins bien que les +15,5 % de 2007, mais cela suffit, dans un contexte
troublé, à faire le bonheur du train à grande vitesse reliant la France
et la Belgique à la Grande-Bretagne. « Pour nous, le phénomène
marquant a été l'incendie du tunnel sous la Manche du 11 septembre -
jusque-là, notre activité avait été tirée très fortement par la mise en
service de la ligne à grande vitesse côté britannique - bien plus que
la crise économique », assure Guillaume Pepy, le président multicasquette d'Eurostar et de la SNCF, son principal actionnaire. Ouverture à la concurrenceUn fort ralentissement est toutefois prévu pour 2009. «
Le chiffre d'affaires va croître de quelques points ; un, deux, trois,
on ne sait pas encore mais ce sera légèrement positif », assure
Guillaume Pepy. Ces prévisions sont en retrait par rapport aux chiffres
avancés en décembre (+ 5 % pour 2009). Eurostar avoue son manque de
visibilité pour les mois à venir. C'est le cas pour la classe affaires,
qui représente 20 % des voyageurs mais 50 % des revenus. « Deux
effets se contrebalancent : la crise économique qui entraîne des
licenciements massifs à la City et le retour à un temps de trajet
Paris-Londres de deux heures quinze une fois le tunnel réparé. Nous ne
savons pas lequel va l'emporter », décrypte le patron d'Eurostar.
Côté loisirs, outre les répercussions de la crise économique, les
incertitudes proviennent de l'évolution de la livre. Ce brouillard épais n'empêche pas Eurostar de regarder au-delà de 2009, notamment 2010, avec l'ouverture à la concurrence. « Paris-Londres est la première route passagers en Europe, il y aura donc forcément de nouveaux venus »,
assure Guillaume Pepy.
Pour s'y préparer, Eurostar, jusqu'ici
co-exploité par la SNCF, la SNCB belge et Eurostar UK, va devenir une
entreprise ferroviaire à part entière pour devenir « plus réactive ».
Autre chantier à mener, Eurostar examine la possibilité d'allonger le
service jusqu'à Amsterdam avec l'ouverture en 2010 de la ligne à grande
vitesse Bruxelles-Amsterdam.
|