La santé du secteur du
transport routier s'est sérieusement détériorée au quatrième trimestre.
Le groupe devrait en souffrir, mais il offre toujours une valorisation
très attrayante. Viser 35 euros. Coup de frein dans les
transports ! Jusque-là portées par la dynamique des échanges mondiaux,
les entreprises du secteur routier plongent à leur tour dans le rouge.
En cause, un phénomène inédit : une crise des pays riches couplée à un
ralentissement économique dans les pays émergents. « La crise que subissent les entreprises est la plus grave qu'elles aient jamais eu à affronter »,
s'alarme la Fédération nationale des transports routiers. Selon une
étude de l'organisme, 60 % des sociétés ont déjà constaté une baisse de
leur activité, pouvant atteindre jusqu'à 30 %. La position de quatrième acteur européen du transport de Norbert Dentressangle le protège-t-il de la crise ? « Rien n'est moins sûr , répond un analyste parisien. Lors
du ralentissement observé en 2005, les clients se sont tournés vers des
entreprises moins solides mais qui cassaient les prix. » La
direction du groupe, elle, n'a pas souhaité répondre à nos questions,
alors que le chiffre d'affaires annuel sera dévoilé le 2 février.
Le manque de visibilité sur l'activité du groupe a été durement
sanctionné en Bourse. Depuis le brutal décrochage du mois d'octobre
2008, le titre a perdu plus de la moitié de sa valeur. Le taux élevé
d'endettement de la société, qui atteint près de 150 % des fonds
propres, n'a pas joué en sa faveur, même si le logisticien ne rencontre
pas de problèmes de liquidités. Une chose est sûre : Norbert
Dentressangle est entré affaibli dans la crise. La facture du gazole a
augmenté de 16 % cette année, tandis que les péages ont relevé leurs
tarifs de 25 % entre 2005 et 2008. De plus, la fermeture temporaire des
usines d'automobiles devrait affecter défavorablement le remplissage
des camions sur le quatrième trimestre. En conséquence, l'activité
devrait ralentir de près de 3 % cette année, selon nos estimations. Un
coup d'arrêt similaire est attendu pour 2009. Le titre devrait encore
souffrir, mais la valorisation reste très attrayante (4,5 fois les
bénéfices estimés 2008).
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