[ 19/02/09 ]
La saga Europe Finance et Industrie est loin d'être terminée. Après la mise en cessation de paiements d'EFI, le tribunal de commerce a décidé, selon cette dernière, d'attendre la décision de la Commission bancaire pour se prononcer sur le cas de la société de Bourse spécialisée dans les introductions.
« Le procureur de la République a dit ne pas être opposé à un redressement judiciaire », souligne Louis Thannberger, le président d'EFI.
Entre-temps, Thannberger & Cie, une société dirigée par ses deux fils, a souhaité déposer une offre de reprise, appuyée par Louis Thannberger. « Nous estimons le besoin de recapitalisation entre 1 et 3 millions d'euros.
Mais notre offre dépendra surtout des échanges avec la Commission bancaire : il nous faut des garanties sur le maintien des agréments en tant qu'entreprise d'investissement », indique Rémy Thannberger, son PDG.
De son côté, Euronext indique qu'EFI n'est plus membre du marché, même s'il peut toujours accompagner des introductions en tant que conseiller.
Le projet de la Commission bancaire, révélé par le site B!X?@!, est pour le moins inquiétant.
Dans ce rapport préliminaire et dont « Les Echos » ont eu connaissance, les inspecteurs dressent un état des lieux assez alarmant d'EFI, déjà condamnée l'été dernier à une sanction, pour des faits antérieurs.
Le bilan de Louis Thannberger en matière d'organisation et de gestion ne serait « pas satisfaisant. Les désordres sont toujours très nombreux et 80 % des anomalies constatées par la précédente mission sont toujours présentes », indique ce document.
Le passif exigible (3,3 millions d'euros) pourrait dépasser l'actif disponible (0,7 million). L'infraction au capital minimum qui aurait été constatée en juillet 2007 subsisterait au 31 octobre 2008. « Les fonds propres sont en train d'être reconstitués, répond EFI. Ce n'est qu'un problème de trésorerie à court terme. »
Rapport préliminaire
Parallèlement, la Commission bancaire s'interroge sur la comptabilité et le fonctionnement de certains comptes. Elle pointe les faiblesses de la structure administra- tive ajoutant « que certaines fonctions de contrôle ne sont plus assurées ou ne l'ont pas été pendant plusieurs mois ».
Louis Thanberger précise qu'il est « en train de répondre à ce rapport qui n'est que préliminaire ». « Depuis que je suis revenu à la présidence, j'ai consacré tout mon temps [...] au développement principalement en Chine plutôt que sur les prescriptions réglementaires qui n'auraient rien changé - si ce n'est dans le mauvais sens [...].
Pour ce qui est du bilan d'organisation et de gestion, je n'en ai jamais vu un seul qui était satisfaisant quand j'étais directeur de banque. »
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