Après vingt ans d'existence, Eurotunnel verse son premier dividende
| JDF HEBDO | 07.03.2009 |
Jacques Gounon, P-DG du groupe Eurotunnel, s'y était engagé, tout juste après la restructuration de la dette en 2007 ! Pour la première fois de son histoire, l'exploitant du tunnel sous la Manche est en mesure de proposer un dividende à ses actionnaires.
Le montant du coupon est modeste - à peine 4 centimes par action -, mais le geste a une grande portée symbolique. Depuis la création de l'entreprise en 1986 et la mise en service du tunnel en 1994, jamais les 500.000 actionnaires n'avaient pu toucher le moindre centime de dividende. Pis, la valeur de l'action s'est effondrée au fil des ans, de sorte que les titres GET (issus du regroupement d'avec les anciennes actions TNU en 2007) n'ont rien de comparable avec la valeur d'origine des titres.
Enfin, les recapitalisations effectuées à maintes reprises pour renflouer la société ont réduit le poids des actionnaires de départ à une portion congrue.
Dans ces conditions, les actionnaires, conviés en assemblée générale le 6 mai prochain dans le Nord-Pas-de-Calais, à Coquelles, ne sauraient se contenter d'un dividende modeste, même s'il est le bienvenu. Pour le groupe, la somme ainsi allouée totalise 7,6 millions d'euros : « 1 % de la capitalisation boursière, précise Jacques Gounon. Ce n'est pas si mal, comparé aux sociétés du CAC 40, dont la distribution de dividende avoisine en moyenne 4 % de la capitalisation. »
Bien évidemment, derrière ce premier geste, c'est la mise en place d'une politique pérenne de distribution que les actionnaires appellent de leurs voeux.
Un bénéfice net de 40 millions malgré le coût de l'incendie
Pour l'heure, le dividende vient récompenser un important travail de refondation. Arrivé aux commandes en 2005 au moment où l'entreprise croulait sous 9 milliards d'euros de dettes, Jacques Gounon et ses équipes ont mené à bien la difficile restructuration de la dette financière.
Il leur reste à démontrer qu'Eurotunnel peut être rentable dans la durée. L'exercice 2008 s'est soldé par le premier « vrai » bénéfice net (40 millions d'euros, contre une perte retraitée de 12 millions sur 2007), mais le chiffre publié tient compte des indemnités versées par les assurances à la suite de l'incendie du tunnel en septembre, dont le coût total est estimé à 200 millions d'euros.
Depuis le 9 février, le tunnel fonctionne à nouveau au mieux de ses capacités. Malgré le probable ralentissement du trafic navettes en 2009, le groupe se montre serein face aux aléas de la conjoncture, et il attend de nouvelles indemnités.
NOTRE CONSEIL Parier sur un rebond à 4 euros (code : GET, Comp. B). Les anciens titres (TNU) ont vocation à être retirés de la cote.
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