Les places européennes ont terminé la séance sur une note contrastée, dans une actualité largement dominée par les valeurs financières.
En l'absence de grande donnée macroéconomique en Europe ou aux États-Unis, les investisseurs sont restés nerveux face aux nationalisations qui touchent le secteur bancaire, à l'instar de ce qui c'est passé pour le Britannique Lloyd's.
Tirée par Fortis et KBC, Bruxelles s'est distinguée à la hausse ce lundi (+1,7%), nettement devant Francfort (+0,7%) et Londres (+0,3%). Madrid (-1,7%) et Milan (-1,6%) ont terminé la séance en lanternes rouges, quand Paris a cédé 0,6%. Plus globalement, l'indice Eurostoxx 50 a commencé la semaine sur une perte de 0,4%.
Lloyd's Banking Group a fini la séance sur un gain de 4%, après l'avoir commencé en recul de plus de 10%, dans le sillage d'un accord avec l'État britannique qui pourrait conduire ce dernier à monter jusqu'à 77% de son capital. Le gouvernement apportera sa garantie sur quelque 260 milliards de livres d'actifs, notamment en matière d'hypothécaire résidentiel et de prêts à la consommation, dont environ 83% ont été hérités de HBOS. En échange, Lloyds s'est engagée à reverser à l'État la somme de 15,6 milliards de livres sur une durée de sept ans.
À Paris, BNP Paribas a grimpé de 1,5%, après avoir signé un nouvel accord avec l'État belge et Fortis Holding modifiant les termes de l'acquisition par la banque française des activités de Fortis en Belgique et au Luxembourg. L'État Belge, sous réserve de l'approbation de l'Assemblée Générale des actionnaires de Fortis holding, apportera à BNP Paribas 75% de Fortis Banque sur une base de valorisation de 11 milliards d'euros pour 100% contre des actions BNP Paribas émises à 68 euros. Fortis Banque acquerra 25% de Fortis Assurance Belgique auprès de Fortis Holding.
Profitant de l'accord, Fortis s'est envolé à Bruxelles de 20,8%. Le projet industriel permettra de constituer le premier groupe bancaire européen disposant de 4 marchés domestiques dans la banque de détail, avec une base de dépôts supérieure à 540 milliards d'euros et un ratio de crédits sur dépôts de 120%.
Credit Suisse a chuté de 6,2%, après l'annonce d'un certain nombre de changements au sein de son Conseil d'administration, avec notamment le remplacement de Walter Kielholz par Hans-Ulrich Doerig comme président du Conseil d'administration.
Walter Kielholz a décidé de quitter ses fonctions de président pour pouvoir se consacrer à son nouveau mandat de président du Conseil d'administration de Swiss Re (-2,3%), dont l'actuel président de conseil d'administration, Peter Forstmoser, démissionnera de ses fonctions le 1er mai prochain.
Hors secteur financier, EADS (+0,7%) annoncera demain son chiffre d'affaires sur l'année 2008. Le groupe d'aéronautique et de défense devrait dévoiler un chiffre d'affaires en hausse de 11% sur l'année 2008 à près de 43 milliards d'euros, a indiqué ce matin le FT Deutschland. Si EADS aurait été pénalisé par le retard sur l'A400M, il aurait profité au quatrième trimestre de cours du change euro-dollar plus favorable. Par ailleurs, Louis Gallois pourrait quitter son poste de président exécutif d'EADS dès cet été, affirme La Tribune sur la foi de "sources concordantes" au sein de l'industrie.
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