Après une séance contrastée lundi, les places européennes se sont très nettement ressaisies ce mardi, sur une vague de rachats à bon compte sur les secteurs particulièrement massacrés ces derniers temps, à commencer par les valeurs financières.
Bruxelles, qui avait enregistré la plus forte hausse la veille, a affiché le gain le moins spectaculaire ce mardi (+4,1%), suivi par Zurich (+4,8%) et Londres (+4,9%). Milan a tenu le haut du pavé (+6,8%) devant Paris (+5,7%), Amsterdam (+5,6%) et Francfort (+5,3%).
Du coté des statistiques, la production de l'industrie en France a diminué de 3,1% en janvier par rapport à décembre. La production de l'industrie manufacturière (y compris industries agroalimentaires) a reculé de 4,1%, après une baisse de 2,1% en décembre (contre -2,3% selon les chiffres publiés le mois dernier).
Le déficit commercial français s'est sensiblement creusé au mois de janvier atteignant -4 549 millions d'euros, contre - 2 954 millions d'euros en décembre 2008. Les exportations ont reculé de 6,7% par rapport à décembre, alors que les importations ne se sont contractées que de 1,4%.
Outre-Rhin, l'excédent commercial de l'Allemagne s'est amélioré en janvier à 8,5 milliards d'euros, contre 7,3 milliards en décembre, mais a reculé par rapport aux 17,3 milliards d'euros de janvier 2008. Sur un an, les exportations ont chuté de 20,7%, tandis que les importations n'ont affiché qu'un recul de 12,9%.
L'indice des prix à la consommation allemand a progressé de 1% sur un an en février 2009, un chiffre qui marque une certaine stabilisation du taux qui avait reculé continuellement d'août 2008 à janvier 2009, quand il avait atteint +0,9%.
Au Royaume Uni, la production industrielle a reculé de 5,6% en rythme séquentiel lors du trimestre clos fin janvier, et de 9,6% par rapport à la même période un an auparavant.
Sur le plan des valeurs, les financières se sont nettement distinguées à la hausse, à l'instar d'AXA (+20%) et de BNP Paribas (+20,7%) qui ont occupé la tête du CAC40. De même, des titres comme Deutsche Bank (+16,5%) ou Commerzbank (+14,5%) à Francfort ont été très bien orientés.
Le secteur automobile a lui aussi tiré son épingle du jeu, avec des progressions de +12,7% pour Daimler ou +14,2% pour Renault et +10% pour Peugeot.
E.On a chuté de 4,5%, soit l'une des rares baisses du DAX, après un abaissement de ses perspectives financières à l'occasion de ses résultats 2008. Pour 2010, le groupe énergétique allemand anticipe un résultat d'exploitation ajusté de 11 milliards d'euros, alors qu'il envisageait un montant de 12,4 milliards en mai 2007. La direction explique cette dégradation de perspective par la crise économique qui devrait peser sur les volumes d'électricité et de gaz, l'impact de réglementations en Allemagne et des effets négatifs de change.
Man Group a affiché un gain de 13%, porté par un spectaculaire relèvement de recommandation de Citigroup de "vente" à "achat", estimant exagérée la correction du titre du gestionnaire d'actifs britannique. "Avec une solide structure financière et sur la base, selon nous, d'une valorisation faible et particulièrement séduisante, nous pensons que le cours de l'action est fondamentalement mal évalué", a t'il ajouté.
De même, le titre de l'exploitant aéroportuaire allemand Fraport a grimpé de près de 10% dans le sillage de commentaires positifs de Citigroup. Le bureau d'études, à l'achat sur le titre, dit s'attendre à ce que le groupe demeure largement profitable malgré le ralentissement en cours.
À Paris, EADS a gagné 3% après la publication de ses résultats annuels, indiquant que le programme de restructuration Power8 a une nouvelle fois dépassé les objectifs. Le groupe européen d'aéronautique et de défense, qui dit se trouver en bonne position pour affronter la crise, estime toutefois disposer d'une visibilité plus faible pour le second semestre 2009 et au-delà en raison du fléchissement de l'économie. Sur l'exercice 2008, il affiche un résultat net consolidé de 1 572 millions d'euros, contre une perte nette de 446 millions d'euros pour 2007.
|