[ 12/03/09 ]
La société Derichebourg va bientôt sortir du SRD (service de règlement différé). Ce changement, annoncé cette semaine et qui sera effectif fin avril, intervient à la demande de la société.
Le « SRD favorise des mouvements spéculatifs déconnectés des fondamentaux du groupe », indique la société spécialisée dans les services aux entreprises et aux collectivités. Le titre a bondi de plus de 20 % depuis le début de la semaine.
Orco Property Group, sorti du SRD fin février, avait aussi fait part, ces derniers mois, de sa volonté de quitter ce compartiment. Dans une lettre à ses actionnaires, publiée en septembre, l'entreprise s'inquiétait d'être l'objet de ventes à découvert.
Rumeurs récurrentes
Alors que les turbulences boursières ne se calment toujours pas, ces exemples pourraient faire école. Les sociétés ayant de faibles flottants et faisant l'objet de rumeurs récurrentes pourraient être des candidates potentielles.
Toutefois, de l'avis des professionnels, les sorties effectives devraient être limitées, les entreprises ne voulant pas se priver de la visibilité qu'offre le SRD (*). « Je ne pense pas que ce soit le SRD qui soit le responsable de trop fortes variations d'une valeur ou pas, souligne Charles Patrick Rowan, directeur associé chez Oddo. Cela peut, certes, limiter des ventes à découvert, mais de façon relativement peu importante, le SRD étant avant tout utilisé par des particuliers. »
Le SRD, une spécificité française, permet de profiter d'effets de levier (au maximum de 5, un niveau fixé par le régulateur). Par exemple, avec 1.000 euros, un investisseur peut acheter ou vendre pour 5.000 euros d'actions.
Toutes les sociétés ne sont pas éligibles au SRD, qui est un service (payant) pour les investisseurs souhaitant différer le règlement-livraison de leurs transactions : il faut que la valeur ait une capitalisation supérieure à 1 milliard d'euros et un volume d'échanges quotidiens d'au moins 1 million d'euros. Ce compartiment comprend actuellement 138 titres.
Bénéficier d'un effet de levier
Le service de règlement différé (SRD) a remplacé le règlement mensuel (RM).
C'est un service que proposent les intermédiaires financiers aux investisseurs souhaitant différer le règlement-livraison de leurs transactions à la fin du mois et proroger leur position.
Le SRD permet, en fait, d'acheter ou de vendre des actions « à crédit », avec un effet de levier.
Seules les grandes valeurs françaises et étrangères y sont éligibles. La liste des sociétés est revue tous les ans, en fonction des critères de capitalisation et de transaction.
(*) Il faut aussi qu'elles le justifient : selon Nyse Euronext, pour demander une sortie du SRD, une société doit montrer que le SRD accroît de beaucoup la volatilité du titre sans justification autre que la spéculation.
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