Enfin une semaine de net rebond pour le CAC 40 qui s’offre un sursaut de 6,8% sur les cinq dernières séances à 2.706 points ce vendredi soir. Dans le sillage des places américaines, l’indice phare parisien a bénéficié du regain de forme des secteurs les plus attaqués ces dernières semaines, financiers et automobiles en tête... Les propos rassurants des patrons des principaux établissements bancaires américains, ainsi que l’annonce par General Motors de vouloir se passer de 2 Mds$ d’aide gouvernementale sur le mois de mars, ont redonné espoir aux investisseurs.
Dans les chiffres de la semaine à retenir, selon le Département au Commerce américain, au mois de janvier 2009, le déficit commercial s’est contracté de 3,9 Milliards de Dollars par rapport au mois de décembre 2008 à 36 Mds$. Un chiffre inférieur aux attentes du consensus qui tablait sur un déficit de l’ordre de 38 Mds$. Il s’agit du sixième mois consécutif de repli, soit la plus longue série depuis que la création de l’enquête en 1992.
En Europe, la Banque de France a confirmé qu’elle envisageait une contraction du PIB de 0,6% sur le trimestre en cours par rapport aux trois derniers mois de 2008, qui avaient déjà connu une baisse de 1,2%, la plus forte depuis le choc pétrolier.
Le déficit commercial français a atteint -4,55 Milliards d’Euros en janvier, rapportent les Douanes, soit un déficit cumulé sur 12 mois de -54,63 MdsE. Un niveau beaucoup plus important que les -3 MdsE projetés par les économistes. L’euro termine la semaine en rebond, proche des 1,29/$ entre banques. La monnaie européenne a notamment bénéficié de la décision surprise de la Banque Centrale de Suisse d’abaisser ses taux d’intérêt à un plus bas historique. Les investisseurs vendant leurs francs suisses pour se réfugier vers l’Euro.
Alors que l’Agence Internationale de l’Energie a de nouveau abaissé ses prévisions de demande mondiale de brut pour 2009, le baril clôture ce vendredi au dessus des 47 Dollars. Les spéculations concernant une éventuelle nouvelle réduction de la production de l’Opep qui doit se réunir ce dimanche ont soutenu les cours du pétrole tout au long de la semaine.
Sur le front des valeurs, on notera cette semaine les financières qui ont montré le chemin du rebond :
Natixis regagne 27% au dessus de l’Euro symbolique. La banque a profité à plein du rebond des marchés depuis mardi, sans nouvelle particulière autre que la reprise boursière. L’action termine la meilleure semaine boursière de son histoire plutôt jalonnée de déception et de plongeons.
Même son de cloche pour BNP Paribas qui rebondit de plus de 35%. Deutsche Bank a revu son conseil de "conserver" à "achat" sur le dossier, citant l’acquisition programmée des activités bancaires de Fortis. Le courtier allemand estime que l’opération affiche une forte pertinence stratégique et a été réalisée à un prix "très attractif".
Axa flambe de 23%. Un très vif rebond à remettre en perspective avec la chute du titre qui dépassait les 60% depuis le début d’année. Societe Generale reprend également 18%.
Alcatel-Lucent termine la semaine sur un gain de 30%, soutenu par le rebond du marché, et le relèvement de la recommandation de Bank of America à "neutre" (valorisation de 1,20 Euro).
Renault reprend 20,5%. L’agence de notation Fitch a dégradé lundi de deux crans la notation crédit de Nissan de ’BBB+’ à ’BBB-’. La perspective est négative et la note de court terme passe de ’F2’ à ’F3’. Fitch Ratings rappelle aussi les liens de Nissan avec Renault dont la note de long terme a déjà été dégradée à "BBB-" avec une perspective négative.
Derichebourg regagne 21%. La hausse du titre s’est accélérée par des rachats de positions vendeuses suite à l’annonce hier d’une sortie du SRD à compter du 27 avril (fin du mois boursier d’avril). Cette sortie du SRD a été demandée par le groupe spécialisé dans le recyclage des ferrailles dont la situation financière s’est tendue depuis quelques mois en raison de la dégradation des résultats liée à la baisse des volumes et des cours des ferrailles
Carrefour s’offre un regain de 13,5%. Les investisseurs ont bien accueilli la résistance du résultat opérationnel courant et les mesures annoncées pour traverser la crise. Le numéro deux mondial de la distribution a vu son chiffre d’affaires progresser de 5,9% à 86,967 MdsE, tandis que le RNPG revient à 1,256 MdE en raison de 396 ME de charges d’impairment liées principalement aux activités italiennes.
A signaler enfin Theolia et Groupe Eurotunnel qui reprennent respectivement 35% et 28%. L’exploitant du tunnel sous la Manche continue de bénéficier de la publication des résultats 2008 début mars marqués notamment par la distribution d’un premier dividende (0,04 Euro) à verser en juillet. Tandis que le producteur d’électricité profite d’achats à bon compte alors que la valeur avait été massacrée en début d’année
A la baisse, Thomson s’effondre de 32,5% après la publication de comptes 2008 encore plus mauvais que redouté. La survie de l’entreprise reste dépendante de la renégociation de ses engagements bancaires et des cessions prévues. Le groupe a publié en début de semaine ses résultats 2008, marqués par un recul du chiffre d’affaires de 7,7% à change constant à 4,8 Milliards d’Euros, et un EBIT des activités poursuivies déficitaire à -1,3 MdE, contre un profit de 380 ME un an avant. La perte nette se creuse de -23 ME à -1,93 MdE, alors que le flux de trésorerie d’exploitation, positif de 114 ME en 2007, se dégrade fortement à -591 ME en 2008.
Lagardere retombe de 18%. Les comptes 2008 et les perspectives prudentes du groupe expliquent ce repli. Plusieurs analystes ont également refait leurs comptes. La Deutsche Bank par exemple a réduit de 30 à 24 Euros son objectif, en restant à "conserver". La société a enregistré un bénéfice net part du groupe de 593 ME, en hausse de 11,1 %, pour un chiffre d’affaires de 8,21 MdsE, en retrait de 4,3 %. Le dividende a été maintenu à 1,30 euro comme en 2007.
Séché Environnement cède 12% après l’annonce de ses résultats annuels faisant ressortir un résultat net de 31,7 ME contre 23,5 ME l’an passé et 15,8 ME en pro forma.
JC Decaux sombre de 19,5%, payant comptant sa publication de résultats 2008 et ses perspectives 2009. Le groupe a annoncé que son chiffre d’affaires a progressé de 2,9% à 2,168 MdsE (+6,3% en croissance interne) pour une marge opérationnelle en baisse de 1% à 549,9 ME, mais un résultat d’exploitation qui chute d’un tiers à 236,4 ME (-12,3% hors éléments non récurrents). Le résultat net part du groupe est coupé de moitié (-51,1%) à 108,1 ME. Il aurait baissé de 16,7% hors exceptionnels. La société ne versera pas de dividende.
Séchilienne-Sidec perd 0,5% après que la société eut indiqué jeudi soir avoir été informée de l’ouverture d’une procédure de sauvegarde par le Tribunal de Commerce de Paris, concernant son actionnaire de référence Financière Hélios, à la demande de ce dernier. Une information confirmée par les fonds Apax Partners et Altamir Amboise, qui contrôlent le holding détenteur de 43,1% du capital de Séchilienne
Manitou chute de 26% après avoir lancé un avertissement sur 2009 et fait état de conditions de marché très difficiles. Surtout, la filiale américaine acquise en 2008 a des difficultés et n’a pas respecté ses covenants bancaires. Manitou n’exclut aucune issue la concernant, ce qui plonge le marché dans l’expectative.
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