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La dette américaine plafonne. Pourtant, emprunter toujours plus est devenu le seul leitmotiv d’une classe politique aux abois. La planche à billets de la Fed a encore de beaux jours devant elle.
La dette publique américaine a atteint lundi son plafond fixé à 14 294 milliards de dollars par le Congrès, soit 97,5% du PIB des Etats-Unis en 2010. Les Etats-Unis ont jusqu’au 2 août pour trouver un compromis et augmenter cette limite. Sans accord, l’Etat fédéral ne pourrait plus emprunter et se trouverait en situation de banqueroute, incapable de payer ses créances qui arrivent à échéance.
« Un défaut (de paiement) infligerait des dommages catastrophiques, d’une portée considérable sur notre économie nationale, réduisant de façon significative la croissance et augmentant le chômage », a prévenu le Secrétaire du Trésor américain Tim Geithner ce week-end. Sa solution ? Emprunter plus d’argent.
Même son de cloche du côté de Barack Obama. Dans le cas où le plafond de la dette n’est pas relevé, « nous pourrions subir une récession encore plus grave que celle que nous venons de traverser », a estimé le président des Etats-Unis. Sa solution ? Emprunter plus d’argent.
Que ce soit du côté des républicains ou des démocrates, le débat n’est pas de savoir s’il faut réduire la dette mais de combien de milliards de dollars elle va être alourdie. Le président Obama souhaite par exemple un plan de 4 000 milliards de dollars « d’économies » dans le budget fédéral sur les 12 prochaines années. Le bureau du budget du Congrès (CBO) estime qu’avec ce plan, le déficit américain moyen sur les 10 prochaines années serait de 1 000 milliards de dollars. La dette s’alourdirait donc de 10 000 milliards de dollars sur la même période, soit 70% de dette en plus. Et les politiques qui évoquent des coupes budgétaires ?
En réalité, aucune réduction de la dette n’est envisagée sérieusement. Le deuxième plan d’assouplissement monétaire (quantitative easing ou QE2) de la Fed doit certes prendre fin en juin. Mais on voit mal comment les Etats-Unis pourront continuer à s’endetter alors que les plus gros détenteurs d’obligations américaines commencent à se désengager. La Chine a ainsi arrêté d’acheter des bons du Trésor US. C’est pour cette raison que, comme l’explique L’Agefi du 17 mai, « les économistes américains craignent l’arrêt du QE2 de la Fed ». Un QE 3 sera inévitable pour compenser le manque d’achat obligataire des étrangers.
A court terme, des corrections importantes sur l’or et l’argent sont à prévoir. Mais sur le long terme, avec l’explosion de la dette américaine et l’affaiblissement du billet vert, conservez vos métaux précieux au chaud et – comme les banques centrales des pays émergents — profitez de la baisse pour vous renforcer.
L’important avec l’or, c’est de ne pas spéculer à court terme et de faire ses achats avec le bon timing, comme nous vous l’indiquons régulièrement.
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