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Le week-end a permis à M. Raffarin de réfléchir un peu plus sur certains dossiers ; voilà en effet qu'au sortir du repos dominical, on nous annonce une bonne nouvelle (c'est si rare qu'il faut le savourer comme il se doit).
Rappelez-vous le gouvernement avait pris la décision de supprimer l'avoir fiscal l'an dernier (sans préciser par quoi il serait remplacé, d'ailleurs).
Mais voilà, après mure réflexion donc, et certainement de nombreuses consultations occultes, on se rend compte que la réforme, envisagée, de ce crédit d'impôt dont bénéficient les détenteurs d'actions d'entreprises françaises, a l'insolence de présenter deux inconvénients majeurs. Mieux vaut tard que jamais...
(Nous sommes ravis de l'apprendre et pour ne pas être discourtois, nous ferons comme si M. Raffarin nous avait entendus, nous les petits épargnants et autres actionnaires de cette France profonde qu'il n'a jamais consultés sur le sujet).
Bref, d'une part cette suppression pénaliserait les titulaires de PEA et de PEE, les épargnants percevant aujourd'hui l'avoir fiscal alors que ces produits sont défiscalisés. Elle se traduirait par une perte de revenus pour les actionnaires étrangers qui eux aussi le touchent.
D'autre part, et c'est la raison majeure à mon avis, le changement de dispositif aurait privé l'État de 1,3 milliard d'euros de recettes l'an prochain, à cause de la suppression du précompte, une taxe sur les entreprises
liée à l'avoir fiscal.
Or le Premier ministre peut difficilement se priver de recettes au regard de la situation budgétaire et de l'objectif de baisser les impôts. Je me disais
aussi, s'il baisse la garde, c'est qu'il a un bon prétexte. Le voilà.
Supprimer l'avoir fiscal était une mesure impopulaire et par les temps qui courent mieux vaut éviter de se mettre à dos une catégorie supplémentaire de citoyens beaucoup moins "revendicative" que nombre d'autres. Les entreprises, elles, ne bougeront pas.
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