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MEDICAL RESEARCH COUNCIL

mercredi 29 juin 2005 à 1h02

La vaccination systématique élimine pratiquement une des principales maladies qui tuent les enfants en bas âge en Gambie, confirme une nouvelle étude


LONDRES, June 29 /PRNewswire/ --

- Aucun cas de méningite à hémophilus influenzae B (Hib) n'a été détecté depuis 2002

Le Lancet publie en ligne, ce 29 juin, une nouvelle étude réalisée par une équipe dirigée par Richard Adegbola du Medical Research Council du Royaume-Uni montrant que la vaccination systématique des enfants en bas âge contre le H. influenzae de type B (Hib), une bactérie qui cause des maladies mortelles dont la pneumonie et la méningite, a pratiquement éliminé la méningite à Hib en Gambie.

L'étude gambienne montre que le vaccin est très efficace (94 % d'efficacité avec deux doses) et que, même avec une couverture modérée et les conditions subtropicales, la vaccination anti-Hib peut avoir des avantages pour tous les enfants grâce à l'immunité de groupe[1], qui est substantielle.

<< Des centaines de milliers d'enfants en bas âge meurent de maladies à Hib à cause du manque de programmes nationaux d'immunisation anti-Hib >>, a déclaré le docteur Patrick Zuber, de la division biologique et vaccins de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). << Cette étude prouve que l'immunisation systématique des enfants avec un vaccin anti-Hib conjugué, dans les pays en voie de développement, est faisable et sauve des vies, contribuant ainsi aux efforts faits pour réduire de deux tiers le taux de mortalité des moins de cinq ans - un des Objectifs de Développement du Millénium. >>

<< Ce qui est encore plus remarquable c'est que la quasi éradication de la maladie à Hib a été faite en dépit de circonstances moins que favorables >>, ajoute l'auteur et étudiant principal, le docteur Adegbola du MRC. << Il y a eu des interruptions dans la fourniture du vaccin et moins de 70 % des enfants ont reçu le traitement complet d'immunisation, et les doses de vaccins étaient souvent reçues en retard. Cela rend les résultats de Gambie encore plus pertinents en ce qui concerne la situation réelle dans d'autres pays en voie de développement, et surtout en Afrique subsaharienne.

L'étude a aussi montré que l'hébergement[2] de l'Hib a aussi été pratiquement éliminé en Gambie, à la fois chez les enfants vaccinés et chez ceux qui n'ont pas été vaccinés. Avant la vaccination, 12 % des enfants d'un à deux ans hébergeaient des bactéries infectieuses et maintenant le taux est moins d'1/2 % et difficile à détecter. Le taux négligeable d'hébergement contribue à l'effet d'immunité de groupe - les enfants non vaccinés sont protégés par la réduction de leur risque de transmission. Cela signifie que la vaccination anti-Hib conjuguée est une méthode très efficace pour empêcher les morts et les séquelles graves dues aux maladies à Hib chez les enfants en bas âge.

L'OMS (qui a en partie financé l'étude gambienne) estime que l'Hib provoque entre 400 000 et 700 000 morts tous les ans et la majorité de ces morts se produisent chez des enfants de moins de cinq dans le monde en voie de développement. Les enfants qui réchappent aux maladies à Hib peuvent garder des séquelles graves car la méningite bactérienne peut causer la surdité permanente, des crises d'épilepsie, ou la retardation mentale. Avant l'introduction d'un programme national de vaccination, la Gambie, tout comme le reste du monde en voie de développement, était grevé par la maladie à Hib. Seulement 45 % des enfants gambiens réchappaient complètement aux maladies invasives à Hib et 30 % de ceux qui contractaient la méningite à Hib mouraient.

La vaccination anti-Hib systématique a été introduite en Gambie en 1997 dans le cadre du programme élargi de vaccination (PEV) du pays. La nouvelle étude MRC/OMS confirme que depuis 2002 aucun cas de maladies invasives à Hib n'a été détecté. Avant toute utilisation du vaccin, l'incidence annuelle de la méningite à Hib représentait à elle seule plus de 200 enfants sur 100 000 de moins de 12 mois et 60 enfants sur 100 000 de moins de cinq ans.

Les commanditaires de l'étude espèrent que ces résultats vont conduire les pays d'Afrique subsaharienne qui n'ont pas encore introduit de vaccination anti-Hib de le faire, et d'encourager ceux qui l'ont fait de maintenir leurs efforts.

<< Les résultats de l'étude gambienne sont vraiment encourageants car ils montrent que l'élimination des maladies à Hib est réalisable >>, fait remarquer Julian Lob-Levyt, secrétaire administratif de l'Alliance Mondiale pour les Vaccins et l'Immunisation (GAVI). << Ce dont on a besoin maintenant c'est un effort concerté pour assurer l'adoption rapide de programmes nationaux d'immunisation anti-Hib à travers le monde en voie de développement pour réduire le fardeau en morts et en séquelles qui sont associés à ces maladies. >>

Notes aux rédacteurs

Étude sur le vaccin anti-Hib en Gambie

Afin de déterminer l'efficacité du Programme élargi de vaccination (PEV) avec le vaccin anti-Hib conjugué PRP-T, l'étude a collationné les données de surveillance de ces maladies dans l'ouest de la Gambie en se concentrant sur la méningite à Hib. L'étude a d'abord examiné la méningite à Hib parce qu'il est beaucoup plus difficile de déterminer la cause de la pneumonie. L'étude a aussi évalué le taux d'hébergement du Hib dans un échantillon d'enfants de un à deux ans présentés aux centres sanitaires pour être vaccinés. L'étude était financée par l'OMS et par le Medical Research Council, et était soutenue par une gamme étendue de partenaires internationaux. Les institutions suivantes ont participé ou contribué à l'étude : le Sibanor WEC Mission Hospital, Gambie ; le Royal Victoria Teaching Hospital (RVTH), Banjul, Gambie ; l'hôpital de MRC Laboratories ; le Department of Central Statistics, Banjul, Gambie ; le Programme élargi de vaccination (PEV) ; et la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM).

Les maladies à Hib

L'hémophilus influenzae B (Hib) n'est pas une maladie en soit mais un microorganisme qui provoque plusieurs maladies graves, mettant souvent la vie en danger, chez les enfants en bas âge. L''Hib est la bactérie la plus souvent responsable de l'infection dans la méningite bactérienne (une inflammation de la membrane protégeant le cerveau et la moelle épinière) et une des principales causes de pneumonie chez les enfants de moins de cinq ans. Il y a six sous-types différents d'H. influenzae (de a à f) mais 95 % des maladies invasives sont causées par le type b (Hib). Dans les pays développés, les programmes de vaccination anti-Hib ont pratiquement éliminé cette maladie. Cependant, elle est encore très fréquente dans les pays en voie de développement et cause des centaines de milliers de morts chaque année. Les enfants qui réchappent aux maladies à Hib peuvent en garder des séquelles graves car la méningite bactérienne peut causer la perte permanente de l'audition, des crises d'épilepsie ou un retard mental. La plupart des cas de maladies à Hib se produisent chez les enfants âgés de quatre à dix-huit mois. La maladie se produit rarement au delà de six ans car l'immunité naturelle se développe.

Le Medical Research Council (MRC)

Le Medical Research Council (MRC) est un organisme national financé par les contribuables du Royaume-Uni. Il s'occupe de la recherche médicale dans le but d'améliorer la santé humaine ; tout le monde ne peut que bénéficier de ses travaux. La recherche qu'il soutient et les chercheurs qu'il forme répondent aux besoins des services de santé, des industries pharmaceutiques et autres, liées à la santé, ainsi qu'à ceux du monde académique. Le MRC a financé des travaux qui ont mené à des découvertes et des succès qui sont parmi les plus décisifs en médecine au Royaume-Uni. À peu près la moitié des dépenses totalisant 450 millions de livres est investie dans ses 40 instituts, cellules ou centres. La moitié restante part sous forme de subventions, de soutiens et de primes de formation à des particuliers et à des équipes appartenant aux universités et aux écoles médicales.

La London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM)

L'École d'Hygiène et de Médecine tropicale de Londres est la principale école de santé publique d'Europe. Sa mission est de contribuer au progrès de la santé dans le monde en poursuivant l'excellence dans la recherche, l'enseignement de troisième cycle et la formation nationale et internationale en santé publique et en maladie tropicales ainsi que par une politique d'information et par la pratique de ces disciplines.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Organisation Mondiale de la Santé est l'agence des Nations Unis spécialisée dans la santé. Elle a été formée le 7 avril 1948. L'objectif de l'OMS, tel qu'il est défini dans sa constitution, est d'atteindre le plus haut niveau de santé pour tous les peuples. La santé est définie dans la constitution de l'OMS comme l'état de bien-être physique, mental et social complet, et non pas seulement l'absence de maladies ou d'infirmités.

L'Alliance Mondiale pour les Vaccins et l'Immunisation (GAVI) et le Fonds Mondial pour les Vaccins (The Vaccine Fund)

L'Alliance GAVI a été lancée en l'an 2000 pour accroître les taux d'immunisation et pour réduire la disparité croissante d'accès aux vaccins dans les pays les plus pauvres du monde. C'est un partenariat unique des secteurs publics et privés entre les gouvernements des pays industrialisés et en voie de développement, l'UNICEF, l'OMS, la Banque Mondiale, les organismes non gouvernementaux, les fondations, les fabricants de vaccins, les autorités publiques de santé et les instituts de recherche. Grâce à sa mise en marche rapide et à ses succès précoces ainsi qu'à son modèle de partenariat des secteurs public et privé, GAVI/The Vaccine Fund a pu assigner environ 95 % des ses ressources disponibles à la fin de l'année 2003. Depuis l'an 2000, GAVI et le Vaccine Fund ont distribué 429 millions de dollars à 70 pays, mettant les vaccins principaux à la portée de plus de neuf millions d'enfants supplémentaires et immunisant plus de 50 millions d'enfants supplémentaires avec de nouveaux vaccins. Le but du Vaccine Fund est de se procurer 400 millions de dollars annuellement provenant de gouvernements et de sources privées pour entièrement financer les engagements de GAVI envers les 75 pays les plus pauvres.

[1] Les membres d'une communauté qui ne sont pas immunisés contre une maladie sont cependant protégés pourvu qu'un nombre suffisant de personnes dans cette communauté soit immunisé.

[2] La présence inoffensive de bactéries, dans le nez et dans la gorge d'enfants, pouvant être transmises pour causer des maladies chez d'autres.

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