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mercredi 27 février 2013 à 16h53

Contraction du marché de la coiffure, une tendance confirmée


Rappel des chiffres-clés de la coiffure 2013

Source FNC : édition septembre 2012, données au 31/12/2011

- Près de 76 500 activités  réparties sur l’ensemble du territoire ;

- 1,18 activité de coiffure pour 1000 habitants, soit une activité pour 847 habitants ;

- Près de 6 milliards d’euros de CA ;

- 160 000 actifs dont près de 110 000 salariés (chiffres provisoires 2010) ;

- 22 500 apprentis et 10 000 élèves sous statut scolaire.

La tendance amorcée se poursuit

Depuis 2009, le marché de la coiffure est à la peine et se contracte. Les données INSEE indiquent à nouveau pour les 11 premiers mois de l’année 2012 une baisse de 2,2 % en volume ainsi qu’une baisse en valeur de 0,4 % pour le chiffre d'affaires (CA) du secteur par rapport à 2011.

Quelles que soient les sources, cette tendance est confirmée. En effet, l’observatoire FCGA/ Banque Populaire indique une dégradation nette du CA en cours d’année 2012 avec respectivement +1,3 % au 1er trimestre 2012 par rapport au 1er trimestre 2011, -1,3 % pour le 2nd  trimestre et enfin -2,8 % pour le 3è trimestre de l’année.

 

S’agissant du panel SCORE de la FNC, la tendance amorcée depuis plusieurs années se poursuit en 2012 avec une baisse globale de CA par salon, accompagnée de mesures d’économie notamment en matière de masse salariale. Le panel a donc à nouveau réduit ses effectifs, seule manière de maintenir la productivité (et donc le taux d’occupation) par personne active dans les salons face à la baisse du trafic et à la diminution de certains ratios techniques et notamment celui de la coloration.

 

L’Indice des prix à la consommation Coiffure 2012 qui traduit l’évolution des prix à qualité constante a progressé de 1,69 %, entre 2011 et 2012.

Cette hausse est inférieure, à l’Indice des prix à la Consommation (Indice d’ensemble) qui, lui, a progressé de 1,96 %.

 

Dans le détail et toujours selon l’INSEE, le prix moyen du shampooing coupe mode homme a progressé de 1,69 % entre 2011 et 2012 et s’élève à 19,67 €, celui du shampooing coupe brushing dame a progressé de 1,17 % et s’élève à 32,92 € et dans le même temps celui du shampooing supérieur, coloration tenace, brushing dame a progressé de 2,90 % et s’est vendu en moyenne à 44,59 € en 2010.

 

Pour le panel SCORE, en 2012, la fiche moyenne femme a été de 42,91 €, -1,53 % par rapport à 2011 ; ce recul est directement imputable à la baisse des ratios coupe, coloration et mèches. La fiche moyenne homme a quant à elle progressé de 1,75 % pour attendre 18,34 €.

Mouvements d'entreprises : la tendance se confirme

Des immatriculations en recul qui demeurent à un niveau élevé en 2012

En 2012, on a dénombré 7525 créations d’entreprises et 1 565 reprises. Après une année 2010 de tous les records, l’année 2012, à l’identique de 2011, voit un ralentissement des immatriculations, lesquelles  sont passées en dessous de celles de 2009, avec une baisse à la fois des créations et des reprises.

À ce nombre élevé d’immatriculations répond celui des fermetures d’entreprises : toujours en progression (7750 soit près de 3,1 %) en 2012, celui-ci est toutefois ralenti. Ces fermetures avaient en effet augmenté de plus de 10 % en 2010 et 2011. Elles avaient touché plus de 1000 auto-entrepreneurs en 2010 et 1800 auto-entrepreneurs en 2011. Nous ne disposons plus des informations relatives aux auto-entrepreneurs depuis le 2nd trimestre de l’année, mais sur ces deux trimestres, les fermetures des auto-entrepreneurs  représentaient 27 % du total. On peut donc estimer que ces fermetures ont au moins concerné 2100 auto-entrepreneurs.

L’activité de coiffure à domicile a véritablement explosé ces dernières années, le nombre d’activité ayant effectivement doublé en 10 ans. L’arrivée du nouveau régime de l’auto-entreprenariat au 1er janvier 2009 a eu une emprise considérable sur la création en coiffure en général et à domicile en particulier : 52,7 % des créations pures ont opté pour ce régime en 2011, ce chiffre reste élevé malgré un léger infléchissement.

Si comme les 3 années précédentes, plus de 50 % des créations concernaient des auto-entrepreneurs, on peut estimer qu’elles ont concerné 3 700 établissements.

On peut donc estimer que les auto-entrepreneurs  étaient environ 11 400 en stock au 31 décembre 2012. Ce chiffre pourra être confirmé d’ici la fin du semestre via d’autres sources et notamment celle du Régime Social des Indépendants (RSI).

Ces auto-entrepreneurs  concernent en très grande majorité des coiffeurs à domicile. Attention, s'il est facile de s'installer à domicile (investissement peu coûteux, qualification exigée moindre qu’en salon, …),  il n’est cependant pas si évident d'en vivre : le challenge de taille étant de trouver une clientèle pérenne et suffisante sur une zone de chalandise près de chez soi !

Le nombre d’auto-entrepreneurs dans notre secteur, dissimule à n’en pas douter un certain malaise économique : comment ne pas faire un lien entre la saturation du nombre d’activités, la perte de 3 600 emplois en 2 ans, sans compter les chiffres 2011 dont nous ne disposons pas, et le fait qu’aujourd’hui, 48 % des activités de coiffure ne comptent aucun salarié !

L’entreprenariat est aujourd’hui pour partie une solution permettant de créer son propre emploi.

Dans le contexte économique aussi atone, le pari de l’entreprenariat reste osé et la pérennité des projets demeure fragile.

Qu’en est-il des reprises d’entreprise ?

Malgré une légère embellie en 2011, où les reprises avaient à nouveau atteint le niveau de 2009, elles enregistrent en 2012 une chute très importante de près de 11%.

Avec 1 565 reprises, on atteint le niveau le plus faible depuis 15 ans (1 568 reprises en 1998). A l’époque toutefois, le taux de reprise était de 40 %, il n’est aujourd’hui que de 17,2 % ! Le boom attendu des reprises (qu’auraient du provoquer les départs des chefs d’entreprises issus du baby boom) n’a jamais eu lieu, c’est au contraire à un boom des créations qu’on a assisté, lequel semble également amorcer sa décroissance.

Diverses explications peuvent être avancées sans toutefois être pondérées : les salons à reprendre situés en milieu rural ou en zone périurbaine sont parfois dotés de locaux vieillissants et de matériel obsolète, devenant alors parfois difficiles à transmettre. A contrario, si l’emplacement commercial est bon, alors la vente du fonds peut s’opérer au profit d’une autre activité. Par ailleurs bien que le taux de couverture du financement bancaire soit plus élevé dans le cas d’une reprise (près de 90 % du coût d’installation contre 50 % en moyenne pour les créations pures) la création d’entreprises reste mieux financée en matière d’aides et de subventions. Enfin les gérants n’ont pas toujours bien préparé leur transmission.

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