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CERFRANCE ALLIANCE CENTRE

lundi 25 août 2014 à 12h11

Baisse générale des résultats 2013 pour les exploitations agricoles du Cher.


Communiqué de presse

25 août 2014

Baisse générale des résultats 2013 pour les exploitations agricoles du Cher

Le Service "Etudes et Références" de CERFRANCE Alliance Centre publie chaque année les résultats définitifs des exploitations agricoles de son secteur. Édités durant l'été, les statistiques du Cher.

Les données s'appuient sur un panel d'environ 1300 exploitations, réparties sur l'ensemble du département. Loin d'être homogène, le département présente une grande diversité de cultures, de productions, de structures liée à la diversité des régions naturelles, de leurs sols et des "micro" climats.

Des régions naturelles et des systèmes d'exploitation très différents

Champagne Berrichonne et Pays Fort se caractérisent par leur vocation céréalière, mais aussi la présence des domaines arboricoles et des vignes. Au sud et sud-est du département, c'est en Boischaut, Boischaut sud et Vallée de Germigny que l'on rencontre les élevages de bovins à viande alors que les élevages laitiers se rencontrent en toutes régions, bien que plus fréquents en Sologne (proximité des points de collecte oblige). La Sologne, aux paysages et aux sols très particuliers, est assez diversifiée dans les productions puisqu'on y rencontre, outre les productions déjà citées, des élevages avicoles.

Le Val de Loire et la frange intermédiaire entre, d'une part Sologne / Pays Fort et, d'autre part, Pays Fort, sont les terroirs traditionnels de la vigne (résultats commentés dans une autre publication de CERFRANCE).

La "Ferme Cher" est composée à près des 2/3 de cultures de céréales (blé tendre, orge fourragère et orge de brasserie, maïs), de colza et de tournesol particulièrement adapté aux sols secs.

Le tiers de la surface restant est consacré aux herbages (32%), aux cultures spécialisées (arboriculture notamment) et à la jachère pour environ 2%.

L'élevage, contraint d'investir

Les exploitations d'élevage "allaitant" spécialisées sont concentrées dans le sud du département. Elles montrent une lente tendance à la hausse de surfaces (+3% en moyenne) et le nombre de vêlages par an traduit l'accroissement de la productivité. Il est passé de 46 naissances par UTH (unité de travail) en 1997 à 62 en 2008 et se stabilise depuis cette date. Dans la majorité, les exploitations spécialisées produisent des animaux "maigres".

Le maintien de la productivité est lié, en dehors du cours des marchés, à la maîtrise de tous les critères techniques. Parallèlement, les mises aux normes engendrent des investissements qui, en mobilisant des ressources de trésorerie importantes, peuvent fragiliser les exploitations et augmentent la masse des capitaux investis. Le capital investi à l'hectare est ainsi supérieur de 50% à ce qu'il est pour les exploitations céréalières.

Les exploitations dites "mixtes", sont aussi nombreuses que celles qui sont spécialisées, par contre, elles sont mieux réparties sur l'ensemble du territoire. Elles subissent, en 2013, les "contre-performances" de leur activité de céréales, le revenu moyen est tout juste positif à 3300 euros par travailleur familial (UTAF).

L'arboriculture, seule activité qui limite la chute, mais...

Toutes exploitations confondues, le résultat chute, en moyenne, de 77%, passant à moins de 10 000 euros par unité de travail familial (UTAF). Aucun secteur ne voit son revenu augmenter, seul le secteur arboricole voit son revenu chuter moins que la moyenne des autres exploitations (il diminue d'1/3 par rapport à l'année précédente). C'est une maigre consolation qui masque les problèmes récurrents de cette filière et la lente érosion du nombre de producteurs.

Au plan départemental et dans notre panel d'exploitations, la surface moyenne augmente légèrement, autour de 12 hectares plantés.

Autres secteurs en crise, celui de la volaille pour lequel le revenu moyen est, pour la deuxième année consécutive, négatif en 2013 (-9 600 euros par unité de travail familial, UTAF) et celui de la viande bovine qui voit son revenu divisé par deux à moins d'un smic par travailleur familial (11 354 euros par UTAF et par an). Cette situation est inquiétante car ces productions, largement représentées dans le département, y ont toujours eu leur place, eu égard au potentiel agronomique, aux possibilités de mise en valeur limitées de certaines terres et au tissu d'industries agro-alimentaires du département. D'une situation plutôt stable, ces exploitations ont subi les effets de la crise générale du secteur de la viande.

Se pose alors la question de la reconversion. Les producteurs de volailles intègrent une partie de productions végétales et transforment leur exploitation en systèmes dits "mixtes". La proportion d'exploitations spécialisées s'est inversée avec celle des exploitations alliant élevage et cultures (2/3 en 2013 contre 1/3 en 2010).

C'est la disponibilité et l'accès aux terres agricoles qui limitent la reconversion expliquant la disparition d'environ 1/3 des producteurs.

77 % de baisse, ce sont plus de 40 000 euros en moins pour rémunérer le travail de l'exploitant et permettre l'investissement

Si le revenu chute autant, c'est par l'effet d'un ciseau "Prix des céréales / Prix des approvisionnements et des charges" ; le produit a diminué de 8% pendant que les charges augmentaient de 7% en moyenne. Engrais, semences et produits de défense des cultures enregistrent des hausses allant jusqu'à 11%. Pour les exploitations d'élevage, le poste "aliments" a augmenté quant à lui de 20% par rapport à 2012.

Cet effet "ciseau" est observé depuis plusieurs années ; avant 2007, les variations étaient parallèles, permettant un maintien du revenu même quand les charges augmentaient régulièrement. Depuis 2008, on observe un lent décalage des cycles qui aboutit à amplifier les écarts de marge.

Une gestion plus délicate

La prévision des cycles est un exercice qui échappe à la plupart d'entre nous. Ce que l'on sait c'est que cette dynamique s'installe durablement puisqu'elle découle des mouvements macro-économiques mondiaux, tant au niveau du produit que des charges.

La gestion des exploitations est devenue de plus en plus difficile. Il faut désormais l'inscrire dans une perspective de moyen terme. La trésorerie générée par la vente de la récolte 2012 a été consacrée au financement des achats nécessaires à la récolte de 2013. Hors, la récolte 2012 s'est négociée à des prix moindres que celle de l'année précédente alors que les charges de 2013 augmentaient.

Le budget d'une année est désormais construit en intégrant une marge de sécurité plus forte que par le passé. Le phénomène est intégré par les chefs d'exploitation, pour preuve les investissements qui connaissent des cycles beaucoup plus synchrones avec les cycles du résultat.

Une récente étude (non publiée) menée sur les exploitations céréalières d'Eure-et-Loir, montre que les écarts de performance reposent pour près des deux tiers sur la maîtrise du prix moyen (1).

Ce n'est pas la technicité qui est en cause, mais le prix moyen de vente et donc la stratégie de commercialisation. L'écart peut atteindre 40 voire 50 €/t entre les exploitations, c'est énorme...

La recherche du gain maximum a disparu au profit d'une posture plutôt "long terme" dans le choix du mode de commercialisation. Ce n'est pas l'acheteur qui est en cause mais le type de contrat choisi par l'agriculteur. Certes, dans les situations de trésorerie tendue, la vente en début de campagne s'impose parfois et, selon les années, se révèle plus ou moins lourde de conséquences sur le prix moyen.

Au vu de ces enseignements, l'accompagnement en conseil s'adapte à cette nouvelle donne et les conseillers de gestion proposent aux agriculteurs d'examiner la variation des résultats de leur exploitation sous un angle différent, gagnant ainsi un temps précieux pour cibler la ou les actions à mettre en place.

(1)    La même étude sera menée cet automne sur les exploitations du Cher.








Contacts :

Responsable Etudes et Références, Nicolas ROCHE, 06 45 14 43 37

nroche

Responsable de l'activité "Conseil de gestion", Jean-Luc DELALANDE, 06 89 27 48 38

Responsable du Service Communication Externe, Eric SEGARD, 02 38 22 37 70

A propos de CERFRANCE Alliance Centre, membre du 1er réseau de cabinets d'expertise comptable et de conseil. Avec ses 27 agences implantées sur cinq départements, CERFRANCE Alliance Centre propose les compétences de ses 600 collaborateurs (experts comptables, comptables, juristes, techniciens de la paie, consultants, conseillers de gestion, ...) pour assurer la réussite de ses 11 000 clients, issus de tous les secteurs d'activité, artisanat, agriculture, commerce, viticulture, secteur libéral.

CERFRANCE Alliance Centre est présidé par Olivier Parou et dirigé par Eric Achour.

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