Baisse générale des résultats 2013 des exploitations agricoles
Communiqué de presse
28 août 2014
Baisse générale des résultats 2013 pour les exploitations agricoles d'Eure-et-Loir
Le Service "Etudes et Références" de CERFRANCE Alliance Centre publie chaque année les résultats définitifs des exploitations agricoles de ses secteurs. Diffusion ce jour des statistiques d'Eure-et-Loir.
Les données s'appuient sur un panel d'environ 1500 exploitations, réparties sur l'ensemble du département. Loin d'être homogène, le département présente une grande diversité de cultures, de productions, de structures liée à la diversité des régions naturelles, de leurs sols et des "micro" climats.
Des régions naturelles et des systèmes d'exploitation très différents
Beauce et Dunois concentrent les cultures industrielles, les céréales et les cultures de betteraves et pommes de terre.
Le Thymerais et le Faux-Perche présentent une physionomie plus variée avec des exploitations orientées vers les productions végétales, pour lesquelles l'irrigation est beaucoup moins présente.
C'est dans l'ouest du département, la partie Perche, que l'on rencontre les élevages, laitiers, production de viande bovine et porcs. A noter que les élevages de volailles, bien que peu représentés, sont équitablement répartis sur l'ensemble du territoire.
La "Ferme Eure-et-Loir" est composée à plus de 85% de cultures de céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère et orge de brasserie, maïs), de colza, de betteraves et de cultures légumières en plein champ (pommes de terre principalement).
Le reste de la surface est consacré aux herbages, 6%, aux cultures spécialisées et à la jachère pour environ 4%.
Les exploitations spécialisées voient leur revenu baisser davantage
Le résultat chute, en moyenne, de 75%, passant à 16 000 euros par unité de travail familial (UTAF). Seules les exploitations qui combinent "céréales" avec "betteraves" ou "légumes" limitent l'impact de la forte baisse du prix des céréales; leur revenu chute cependant de 35 à 50 %.
Les exploitations "céréales + volailles" ont, elles aussi, une chute atténuée de leur revenu. C'est une maigre consolation qui masque les problèmes récurrents de cette production et la lente érosion du nombre de producteurs.
Les exploitations d'élevage (lait, viande bovine ou porc) restent très fragiles et la situation est toujours difficile et le revenu des années précédentes n'a pas permis la reconstitution des trésoreries. C'est le cas particulièrement en élevage laitier dont le revenu moyen est le plus bas (de 11000 euros en moyenne en 2013, il est négatif en 2012).
Cette situation est inquiétante car ces productions, largement représentées dans le département, y ont toujours eu leur place, eu égard au potentiel agronomique et aux possibilités de mise en valeur de certaines terres. D'une situation plus ou moins stable, ces exploitations ont subi les effets de la crise générale du secteur de la viande. Ce pose alors la question de la reconversion.
Les producteurs de volailles, par exemple, intègrent une partie de productions végétales et transforment leur exploitation en systèmes dits "mixtes". En Eure-et-Loir, dans notre panel, le nombre d'exploitations "grandes cultures + volailles" est resté stable, mais la taille moyenne des exploitations a augmenté, passant de 66 à 77 hectares. C'est la disponibilité et l'accès aux terres agricoles qui limitent la reconversion.
75 % de baisse, ce sont 50 000 euros en moins pour rémunérer le travail de l'exploitant et permettre l'investissement
Si le revenu chute autant, c'est par l'effet d'un ciseau "Prix des céréales / Prix des approvisionnements et des charges" ; le produit a diminué de 16% pendant que les charges augmentaient de 6% en moyenne. Engrais, semences et produits de défense des cultures enregistrent des hausses allant jusqu'à 15%.
Cet effet "ciseau" est observé depuis plusieurs années ; avant 2007, les variations étaient parallèles, permettant un maintien du revenu même quand les charges augmentaient régulièrement. Depuis 2008, on observe un lent décalage des cycles qui aboutit à amplifier les écarts de marge.
Une gestion plus délicate
La prévision des cycles est un exercice qui nous échappe. Ce que l'on sait c'est que cette dynamique s'installe durablement puisqu'elle découle des mouvements macro-économiques mondiaux, tant au niveau du produit que des charges.
La gestion des exploitations est devenue de plus en plus difficile. Il faut désormais l'inscrire dans une perspective de moyen terme. La trésorerie générée par la vente de la récolte 2012 a été consacrée au financement des achats nécessaires à la récolte de 2013. Hors, la récolte 2012 s'est négociée à des prix moindres que celle de l'année précédente alors que les charges de 2013 augmentaient.
Le budget d'une année est désormais construit en intégrant une marge de sécurité plus forte que par le passé. Le phénomène est intégré par les chefs d'exploitation, pour preuve les investissements qui connaissent des cycles beaucoup plus synchrones avec les cycles du résultat. On note également que la répartition des exploitations selon les quatre catégories "Risque faible / moyen / Elevé / situations critique" n'est pas bouleversé, chacune des trois dernière catégories augmentent de 1% quand la première perd 3%. "Risque élevé et Situations critiques" cumulent cependant plus d'un quart des exploitations du département.
Une récente étude (présentée le 5 juin 2014, à Chartres lors d'une réunion d'information) menée sur les exploitations céréalières d'Eure-et-Loir, montre que les écarts de performance reposent pour près des deux tiers sur la maîtrise du prix moyen.
Ce n'est pas la technicité qui est en cause, mais le prix moyen de vente et donc la stratégie de commercialisation. L'écart peut atteindre 40 voire 50 €/t entre les exploitations, c'est énorme...
La recherche du gain maximum a disparu au profit d'une posture plus "long terme" dans le choix du mode de commercialisation. Ce n'est pas l'acheteur qui est en cause mais le type de contrat choisi par l'agriculteur. Certes, dans les situations de trésorerie tendue, la vente en début de campagne s'impose parfois et, selon les années, se révèle plus ou moins lourde de conséquences sur le prix moyen.
Au vu de ces enseignements, l'accompagnement en conseil s'adapte à cette nouvelle donne et les conseillers de gestion proposent aux agriculteurs d'examiner la variation des résultats de leur exploitation sous un angle différent, gagnant ainsi un temps précieux pour cibler la ou les actions à mettre en place.
L'ensemble des résultats de notre "Observatoire des exploitations agricoles" d'Eure-et-Loir est disponible sur demande.
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Contacts : Responsable Etudes et Références, Nicolas ROCHE, 06 45 14 43 37 nroche Responsable de l'activité "Conseil de gestion", Jean-Luc DELALANDE, 06 89 27 48 38 Directeur de Région "Eure-et-Loir", Vincent BOUTELEUX, 06 88 71 27 67 Responsable du Service Communication Externe, Eric SEGARD, 02 38 22 37 70 |
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