Journée mondiale des rhinocéros : la République tchèque et la Slovaquie réunies pour détruire leurs cornes de rhinocéros
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Julie Landry (communication IFAW) Tél: +333 26 48 64 79 Mob: +336 12 36 40 07 Email:
Journée mondiale des rhinocéros :
la République tchèque et la Slovaquie réunies pour détruire leurs cornes de rhinocéros
(Zoo de Dvur Králové, République tchèque - 18 septembre 2014) Dimanche prochain, à la veille de la journée internationale du rhinocéros, les gouvernements tchèque et slovaque se réuniront pour tirer la sonnette d'alarme quant au destin funeste des populations de rhinocéros.
Le 21 septembre à 11 h 00 précises, les ministres de l'Environnement des deux gouvernements allumeront chacun dans leur pays le brasier destiné à détruire les cornes de rhinocéros issues de leur stock et des saisies douanières afin d'envoyer un message fort au reste du monde. Les cérémonies se tiendront respectivement dans le zoo de Dvur Králové, en République tchèque, et dans le zoo de Bratislava, en Slovaquie.
Le ministre de l'Environnement tchèque, Richard Brabec, présidera la cérémonie de destruction de quelque 70 kilos de cornes de rhinocéros à Dvur Králové. Au même moment, de l'autre côté de la frontière, le ministre slovaque Peter Ziga embrasera huit cornes de rhinocéros saisies dans le cadre d'une opération menée conjointement avec les autorités thèques. Les deux ministres ont appelé les gouvernements et les zoos des autres pays européens à se joindre à eux dans cet acte symbolique et à détruire leurs stocks de cornes de rhinocéros.
Azzedine Downes, Directeur général d'IFAW, commente : « Selon Europol, le trafic de faune sauvage représente 18 à 26 milliards d'euros chaque année à l'échelle mondiale. L'Europe doit prendre ses responsabilités pour démanteler les réseaux de crime organisé impliqués dans les massacres cruels perpétrés pour alimenter le trafic. L'UE doit, pour ce faire, renforcer ses services de répression et sensibiliser l'opinion publique aussi bien en Europe que dans les pays abritant ces espèces sauvages menacées. »
L'Inspection tchèque de l'environnement, l'organe gouvernemental en charge du contrôle du commerce international des espèces sauvages menacées, déclare à ce sujet : « Depuis peu, la République tchèque semble de plus en plus impliquée dans le trafic d'espèces sauvages et sert aujourd'hui de plaque tournante dans l'exportation des cargaisons illégales à destination de l'Asie. Et malheureusement le nombre de cas augmente... A l'aube de la journée internationale du rhinocéros, la destruction symbolique des cornes de rhinocéros issues des stocks des zoos et des saisies contribue à sensibiliser l'opinion publique à ce fléau et met en lumière le travail mené par les autorités tchèques. »
Lui aussi invité à s'exprimer lors de cet événement, John E. Scanlon, le Secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), ajoute : « La destruction des stocks de contrebande ne suffira guère à mettre un terme au commerce illicite de cornes de rhinocéros. Néanmoins, couplée aux opérations de saisie des douaniers et aux sanctions pénales qu'encourent les criminels, elle permet d'envoyer un message fort à l'ensemble de la communauté internationale : la République tchèque et la Slovaquie ne tolèrent pas le trafic de cornes de rhinocéros et condamnent ses répercussions dévastatrices sur les populations de rhinocéros sauvages et sur les communautés humaines des pays de l'aire de répartition de ces mammifères. »
Cette destruction intervient alors qu'une vague de braconnage et un trafic de leur corne sans précédent touchent les rhinocéros. En Afrique du Sud, pays le plus durement touché par le braconnage, pas moins de 769 rhinocéros ont déjà été tués pour leurs cornes depuis janvier 2014. L'année dernière, 1 004 rhinocéros avaient péri victimes des braconniers, contre 333 en 2010.
Le célèbre parc national Kruger lui-même est la cible des braconniers et a déjà perdu 489 rhinocéros cette année. Rien qu'en Afrique du Sud, 227 braconniers ont été arrêtés en 2014.
L'Afrique du Sud est le seul pays au monde à diffuser chaque mois les chiffres officiels du nombre de rhinocéros tués, les autres pays africains et asiatiques où le braconnage fait rage ne publiant pas d'informations précises à ce sujet.
L'année dernière, et interpelé 16 suspects impliqués dans le trafic de faune sauvage. À la tête de ce réseau, un groupe criminel d'envergure internationale importait des cornes de rhinocéros illégalement en République tchèque avant de les réexporter sur le marché asiatique. Sa technique : employer de faux chasseurs pour traquer les animaux en Afrique du Sud afin que les cornes soient considérées comme des trophées de chasse personnels à leur passage en douane.
Cette destruction intervient alors que l'Afrique du Sud a annoncé son intention de demander la réouverture du commerce légal de cornes de rhinocéros lors de la prochaine réunion de la CITES (CoP17).
Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement d'IFAW, qui s'exprimera lors de la cérémonie à Dvur Králové rappelle que « la réouverture du commerce légal de cornes de rhinocéros sonnerait le glas des populations de rhinocéros sauvages du monde entier. La proposition de l'Afrique du Sud fait fi de nombreuses considérations d'ordre biologique, écologique et éthique et ne tient compte que de la valeur économique des rhinocéros, qu'ils soient morts ou vifs. Même sur le plan économique, le raisonnement avancé est bancal : la légalisation du commerce pourrait impliquer la nécessité de multiplier les opérations de répression dans d'autres pays, notamment ceux de l'aire de répartition du rhinocéros, ce qui entraînerait des coûts exorbitants que certains gouvernements ne pourraient assumer. »
Et de conclure : « Les autres pays doivent désormais emboîter le pas aux gouvernements tchèque et slovaque pour envoyer un message clair au monde entier : si nous voulons sortir du cercle vicieux de la demande et du braconnage, le commerce de cornes de rhinocéros ne doit être toléré d'aucune façon. »
Notes aux rédacteurs
Zoos ayant décidé de détruire leurs stocks de cornes de rhinocéros :
· France : Bioparc de Doué-la-Fontaine
· Royaume-Uni : Réserve naturelle de Port Lympne et parc Howletts
· Pologne : zoo de Wroclaw
· Estonie : zoo de Tallinn
Populations de rhinocéros (chiffres de ) :
Afrique :
· Rhinocéros noir : 4 838
· Rhinocéros blanc : environ 20 000
· Population en Afrique du Sud : 1 916 rhinocéros noirs, 18 780 rhinocéros blancs
Asie :
· Rhinocéros indien : 2 913
· Rhinocéros de Java : 50 ou moins
· Rhinocéros de Sumatra : moins de 200
Braconnage des rhinocéros (chiffres du ) :
2014 - 769 (au 11 septembre 2014)
2013 - 1 004
2012 - 668
2011 - 448
2010 - 333
Arrestations des braconniers impliqués dans le massacre de rhinocéros :
2014 - 227 (au 11 septembre 2014)
2013 - 343
2012 - 267
2011 - 232
2010 - 165
· Des photos et des vidéos en haute résolution peuvent être téléchargées sur le site ou envoyées sur demande en contactant .
· Le rapport La Nature du crime sur les implications sécuritaires du trafic d'espèces sauvages peut être téléchargé.
· Tony Fitzjohn figure notoire de la protection des animaux, assistera à la cérémonie de destruction d'ivoire, de même que Monika Leova, Miss Terre tchèque en 2013. D'origine vietnamienne, elle viendra rappeler la nécessité de travailler auprès des consommateurs pour réduire la demande.
· IFAW a été partenaires de nombreux gouvernements qui ont détruit leur ivoire au cours des 18 derniers mois, notamment en Chine, en France, en Belgique et aux États-Unis.
· Pour le moment, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) interdit tous les types de transactions commerciales impliquant la corne de rhinocéros. Les partisans du commerce légal font néanmoins pression sur le gouvernement sud-africain pour lever l'interdiction lors de la prochaine réunion de la CITES, qui se tiendra en 2016 en Afrique du Sud.
· sur la réalité économique du commerce d'espèces sauvages, et notamment des cornes de rhinocéros, révèle qu'aucun document soutenant la légalisation du commerce n'a été revu par des pairs, il met en exergue le manque de preuves empiriques confortant les arguments en faveur de la légalisation. Bien que les hypothèses avancées par les partisans d'un commerce légal puissent se confirmer dans certaines circonstances, elles sont peut-être trop éloignées de la réalité des pays consommateurs et fournisseurs. Quoi qu'il en soit, l'étude d'IFAW souligne le manque flagrant d'études économiques sérieuses sur le commerce de la corne de rhinocéros et, dans une plus large mesure, sur la demande réelle du marché asiatique pour les produits dérivés de la faune sauvage en général, y compris des éléphants et des rhinocéros. Devant le manque de certitudes à ce sujet, IFAW soutient les conclusions du cabinet indépendant d'économistes et préconise la conduite de recherches plus approfondies avant que toute décision de légalisation du commerce de la corne de rhinocéros ne soit formellement envisagée.
· Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. IFAW a récemment signé un mémorandum d'entente avec INTERPOL, le premier jamais signé avec une ONG par le Programme d'INTERPOL sur la criminalité environnementale. IFAW et INTERPOL ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et
Fin
À propos d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux)
Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d'informations, visitez notre site web : . Suivez-nous sur et .


