Les baleiniers japonais sont partis pour l'Antarctique, sans leur harpon
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les baleiniers japonais sont partis pour l'Antarctique, sans leur harpon
(Tokyo, Japon, le 9 janvier 2015) Une flotte baleinière réduite a quitté le port de Shimonoseki hier afin de mener des recherches dans l'océan Antarctique. Conformément à la décision rendue l'année dernière par la Cour internationale de justice (CIJ) et affirmant que la chasse « scientifique » pratiquée dans l'océan Austral était illégale, le Japon ne devrait néanmoins tuer aucune baleine cette année.
L'Agence japonaise des pêches avait annoncé plus tôt qu'un petit nombre de bateaux mettrait le cap vers l'Antarctique pour conduire des études d'observation, réaliser des biopsies et photo-identifier des baleines sous la direction de l'Institut japonais de recherche sur les cétacés.
Deux baleiniers devaient d'abord quitter le port sans leur harpon. Ils devraient être rejoints par le Nisshin Maru, le navire-usine japonais, qui lèvera l'ancre le 16 janvier pour effectuer des recherches non létales qui devraient durer jusqu'au 28 mars.
IFAW (Fonds international pour la protection des animaux - ) encourage depuis de nombreuses années le Japon à cesser le massacre des baleines sous couvert de recherches scientifiques et à conduire des recherches respectueuses des animaux. IFAW s'est réjoui du jugement rendu en mars 2014 par la Cour internationale de justice qui garantit que, pour la première fois depuis plus d'un siècle, les baleines ne seront pas chassées à des fins commerciales dans l'hémisphère sud.
Cependant, en dépit de sa promesse de se conformer au jugement de la CIJ et de son opération de recherche non létale cette année, le gouvernement japonais a révélé en novembre dernier les détails d'un nouveau programme, baptisé NEWREP-A, qui prévoit la chasse de 333 baleines de Minke dans l'océan Austral dès la fin de l'année. IFAW exhorte le Japon à abandonner ce programme.
Patrick Ramage, Directeur du programme Baleines d'IFAW, déclare : « Nous félicitons le Japon pour sa transition vers des recherches non létales et nous réjouissons de savoir qu'aucune baleine ne sera massacrée dans l'océan Austral cette saison. Hélas, le Japon n'a pas encore rendu les armes. »
« Le nouveau programme de chasse japonais ne répond absolument pas aux critères établis par la Cour internationale et foule aux pieds les précédentes déclarations des autorités japonaises. Le Japon doit admettre que la chasse à la baleine est cruelle et inutile et qu'elle doit cesser pour de bon. »
Le nouveau programme de chasse à la baleine du Japon sera examiné par le Comité scientifique de la Commission baleinière internationale (CBI) lors de sa prochaine réunion en mai à San Diego, aux États-Unis. La CBI a largement soutenu le jugement rendu par la CIJ lors de la dernière réunion des Parties en septembre dernier en Slovénie.
Et Patrick Ramage d'ajouter : « Ce programme a toutes les chances d'être rejeté en bloc par le Comité scientifique de la CBI. Dans le cas contraire, il faudrait s'attendre à de nouveaux massacres, à un élargissement de la zone de chasse dans l'océan Austral et à une nette augmentation du nombre de baleines tuées. »
Les précédents quotas que s'était octroyés le Japon s'élevaient à environ 1 000 baleines, mais le nombre de cétacés effectivement tués ces dernières années était bien plus faible (252 baleines de Minke massacrées pendant la saison 2013-2014).
IFAW s'oppose à toute chasse commerciale ou prétendument scientifique des baleines car il n'existe aucune façon humaine de tuer une baleine. En revanche, l'observation des baleines est une réponse pacifique et économiquement viable à l'exploitation des baleines et offre des moyens de subsistance plus durables aux populations côtières.
Contact:
Clare Sterling (IFAW communication) Tél: +44 (0)20 7587 6708; Mob: +44 (0)7917 507717; Email:
Notes aux rédacteurs:
En février 2013, IFAW a publié un rapport intitulé (Économie de la chasse à la baleine japonaise) qui démontrait que l'industrie moribonde de la chasse à la baleine au Japon est maintenue à flot par l'argent du contribuable. Les subventions annuelles octroyées à cette activité s'élèvent en moyenne à 782 millions de yens (9,78 millions de dollars).
Si cette étude prouve que la chasse à la baleine n'est pas rentable et qu'elle alimente un marché en rapide déclin, elle démontre aussi que l'observation des baleines constitue quant à elle un secteur en plein essor.
Le Japon chasse les baleines à des fins prétendument scientifiques afin de contourner le moratoire mondial sur la chasse à la baleine commerciale. Mais, si la viande de baleine se retrouve bien sur les étals des supermarchés et dans certains restaurants, le massacre de ces animaux durant toutes ces années n'a pas fait avancer la science.
L'observation des baleines génère environ 2,1 milliards de dollars chaque année. Rien qu'au Japon, cette activité a généré 22 millions de dollars en 2008. Une trentaine d'opérateurs répartis à une dizaine d'endroits le long du littoral japonais proposent actuellement des excursions d'observation des baleines.
Fin
À propos d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux)
Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d'informations, visitez notre site web : . Suivez-nous sur et .


