La France suspend l'exportation d'ivoire brut : la mobilisation des ONG porte ses fruits
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
La France suspend l'exportation d'ivoire brut :
la mobilisation des ONG porte ses fruits
Reims, le 28 janvier 2015. Près d'un an après la destruction d'un stock de 3 tonnes d'ivoire saisi par les autorités françaises, Ségolène Royal, Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Énergie, a confirmé ce matin lors d'une réunion avec les ONG sa décision prise la veille de suspendre l'exportation d'ivoire brut. IFAW (Fonds international pour la protection des animaux - ) se félicite d'une telle décision.
Dans une lettre adressée à la Ministre le 20 janvier 2015, 37 ONG, dont l'association Robin des bois à l'initiative de la démarche, demandaient à l'état français de prendre des mesures immédiates afin d'interdire en France toute commercialisation et exportation d'ivoire brut ou débité. Recevant ce matin à l'hôtel de Roquelaure les ONG, la ministre a en outre déclaré qu'elle appellerait ses homologues européens à faire de même. Enfin, Mme. Royal a confirmé que la France ne recevrait aucun éléphant du Zimbabwe comme l'avaient laissé entendre les autorités de ce pays.
Commentant les annonces de la Ministre à l'issue de la réunion, Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d'IFAW France et Afrique francophone déclare : « Nous louons la décision de Mme Royal. Cette interdiction d'exportation est une décision qui va dans le bon sens. Elle contribue à réduire les possibilités de blanchir l'ivoire illégal en l'exportant depuis la France. Bien sûr, nous regrettons que l'interdiction ne porte pas aussi sur la commercialisation. Tous les efforts désormais doivent être investis dans l'application concrète de ces nouvelles mesures sur le terrain et dans l'extension de cet effort à l'échelle européenne. Le temps politique n'est pas le temps de la criminalité organisée, et les éléphants continuent de tomber sous les balles des braconniers. »
En début de semaine, IFAW alertait l'opinion internationale quant au . En 2012, ce même parc avait perdu plusieurs centaines de ses éléphants abattus pour leur ivoire par des cavaliers soudanais affiliés aux Janjawid.
La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, et en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement. La quantité limitée d'ivoire légal acheté par la Chine lors de la vente de stocks de certains pays d'Afrique australe en 2008 a fait exploser la demande, encourageant ainsi le trafic de l'ivoire et le braconnage des éléphants pour répondre aux besoins du marché.
Brassant quelque 15 milliards d'euros de revenus annuels, le trafic d'animaux sauvages est aujourd'hui la quatrième activité criminelle la plus lucrative au monde juste derrière le trafic de drogues, toutes les formes de contrefaçon et la traite d'êtres humains.
Le 11 décembre dernier, l'office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et IFAW ont organisé à laquelle ont pris part 39 participants: agents de l'office national de la chasse et de la faune sauvage, agents de l'office national de l'eau et des milieux aquatiques, agents du muséum national d'histoire naturelle, personnel de la direction des affaires criminelles et des grâces, magistrats, douaniers, enquêteurs de l'OCLAESP et attachés de sécurité intérieure des ambassades de Roumanie, de Géorgie et d'Argentine.
Notes aux rédacteurs:
Dans son rapport , préfacé par Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète et Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, IFAW rappelle que le braconnage des espèces protégées et le commerce illicite de leurs parties est une criminalité liée à la violence, au radicalisme, au terrorisme mais aussi au crime organisé, à la corruption et à la fraude. Le commerce illégal est une menace non seulement pour les éléphants et les rhinocéros, mais aussi pour la société dans son ensemble. L'infographie La nature du crime peut être téléchargée en PJ.
Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. Notre organisation a signé un mémorandum d'entente avec d'INTERPOL, le tout premier signé par le Programme d'INTERPOL de lutte contre la criminalité environnementale. Les deux organisations ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment en 2012 lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d'ivoire jamais menée par INTERPOL.
Contact:
Céline Cissler-Bienvenu - Directrice IFAW France et Afrique francophone - 06 17 56 10 74 -
Julie Landry - IFAW Communication - 03 26 48 64 79 -
Fin
À propos d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux)
Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d'informations, visitez notre site web : . Suivez-nous sur et .


