Canada : ouverture de la chasse au phoque commerciale sur fond de marché moribond
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Canada : ouverture de la chasse aux phoques commerciale le 12 avril sur fond de marché moribond
Le 09/04/2015 - L'heure de la chasse aux phoques commerciale a encore sonné : elle ouvrira dimanche 12 avril sur la côte atlantique du Canada. Le secteur, qui a bénéficié de plusieurs millions d'euros de subventions en l'espace de quatre décennies, n'a pourtant jamais été aussi moribond.
Au cours des vingt dernières années, le gouvernement, les chasseurs et les groupes de pression ont tenté de trouver de nouveaux débouchés pour les produits dérivés du phoque, depuis le carburant jusqu'au salami, en vain. Les données officielles sont formelles : en dépit d'une politique d'« utilisation maximale », plus de 90 % du corps des animaux chassés est mis au rebus, la fourrure constituant en fait le seul élément exploitable. Le secteur de la chasse aux phoques est sur le déclin depuis 2006 malgré les dizaines de millions d'euros injectées sous forme de subventions.
« La chasse aux phoques commerciale décline depuis 2006, et les données de l'année 2014 montrent qu'elle n'a jamais été aussi moribonde. Personne ne veut de produits dérivés du phoque : de fait, 35 pays ont déjà interdit ces produits à la vente. La chasse aux phoques commerciale est inutile et il est plus que temps de penser à la reconversion des chasseurs. » déclare Sheryl Fink, Directrice des campagnes faune sauvage d'IFAW au Canada.
IFAW (Fonds international pour la protection des animaux - ) appelle le Canada à faire cesser ce gaspillage des deniers publics et ces massacres insensés. IFAW demande au gouvernement d'arrêter de subventionner la chasse aux phoques commerciale et de la soumettre aux règles qui s'appliquent aux autres chasses, en rendant notamment obligatoire le débarquement de prises entières.
La chasse aux phoques commerciale du Canada est un gaspillage intolérable qui n'a plus sa place dans la société moderne. Les phoques chassés ne sont pas consommés dans leur totalité ; dans plus de 90 % des cas, seule la fourrure intéresse les chasseurs. Les phoques sont dépouillés à bord du bateau et leurs corps sont ensuite rejetés à la mer ou abandonnés sur la banquise.
Il y a vingt ans à peine, la chasse aux phoques commerciale du Canada était à l'agonie. Cependant, après l'effondrement total des stocks de morue, le gouvernement canadien a préféré s'épargner le courroux des pêcheurs en subventionnant le secteur. En l'espace de deux décennies à peine, le secteur de la chasse aux phoques commerciale a ainsi reçu des dizaines de millions d'euros sans pour autant réussir à se développer économiquement.
Notes aux rédacteurs :
o Le gouvernement canadien a fixé un quota de chasse de 400 000 phoques du Groenland, 60 000 phoques gris et 8 200 phoques à capuchon pour 2015.
o La chasse est une activité saisonnière qui ne dure que quelques jours ou semaines par an. La faible part des revenus individuels associée à la chasse pourrait être compensée par un rachat de permis ou par d'autres moyens pour éviter de nuire à la situation économique des chasseurs.
o La chasse aux phoques commerciale fait l'objet d'une opposition grandissante. Pas moins de 35 pays ont déjà interdit le commerce de produits issus du phoque : l'Arménie, Taïwan, les 28 pays membres de l'UE, la Russie (qui représentait 90 % du marché possible à l'exportation pour la fourrure de phoque), le Kazakhstan, la Biélorussie, le Mexique et les États-Unis (le principal partenaire commercial du Canada). L'accord entre la Chine et le Canada concernant l'exportation de produits comestibles issus du phoque n'a pas été ratifié et des rumeurs laissent entendre que la Chine pourrait finalement interdire en bloc tous les produits dérivés du phoque.
o La chasse aux phoques commerciale coûte aux contribuables canadiens plus qu'elle ne rapporte. L'abandon des subventions pourrait permettre au gouvernement canadien d'économiser au moins 5 millions d'euros par an.
o Le nombre de chasseurs participant chaque saison de chasse chute à mesure qu'ils se tournent vers d'autres sources de revenus. En 2006, ils étaient environ 5 594, contre 2 964 deux années plus tard et seulement 393 en 2014.
o La valeur des fourrures de phoque a également dégringolé, passant de 76 euros en 2006 à 23 euros en 2008 et à 20 euros en 2014.
o Le nombre de tanneries impliquées dans l'industrie de la chasse a aussi chuté, passant de 14 dans les années 1990 à une seule en 2014 : Carino Inc.
o En 2012, le Canada et la Norvège ont contesté l'embargo européen sur les produits dérivés du phoque devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). IFAW a aidé la Commission européenne à préparer sa défense dans cette affaire.
o En 2014, l'OMC a confirmé que l'embargo européen était recevable sur le fond en vertu des réglementations commerciales internationales.
o Le Canada aurait déboursé quelque 7 millions d'euros d'argent public pour contester l'embargo européen sur les produits issus du phoque devant l'OMC.
o La chasse aux phoques commerciale du Canada n'est pas comparable à la chasse inuit. Les personnes et les enjeux sont différents, les espèces chassées ne sont pas les mêmes et les deux activités n'ont pas lieu dans les mêmes régions. Les Inuits chassent principalement le phoque pour sa viande, non pour sa fourrure.
o IFAW ne s'oppose pas à la chasse aux phoques à des fins de subsistance telle que pratiquée par les peuples aborigènes. IFAW ne s'oppose pas non plus à la chasse « à des fins personnelles » des phoques de l'Atlantique canadien, qui autorise les pêcheurs à tuer jusqu'à six phoques par an pour une utilisation non commerciale.
Contact:
Michelle Cliffe (Communication IFAW Canada) ; Tél: +1 647 986 4329 ; E-mail: ; Twitter: @IFAWCanada
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À propos d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux)
Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d'informations, visitez notre site web : . Suivez-nous sur et .


