Lettre ouverte aux candidats a l'election presidentielle par les administrateurs du cluster du numerique en occitanie digitalplace
LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS A L'ELECTION PRESIDENTIELLE
PAR LES ADMINISTRATEURS DU CLUSTER DU NUMERIQUE EN OCCITANIE DIGITALPLACE
Toulouse le 6 avril 2017
Mesdames, Messieurs les Candidats à la Présidence de la République,
DigitalPlace, le cluster numérique de la région Occitanie labellisé par l'Etat, que j'ai l'honneur de présider, a voulu apporter sa réflexion sur les réformes urgentes à entreprendre pour remettre la France dans la compétition mondiale.
Nous souhaitons attirer votre attention sur les problématiques que rencontrent les entreprises, les PME, les TPE et les Startups de la filière numérique que nous accompagnons au quotidien.
Les administrateurs de DigitalPlace et moi-même vous proposons ci-dessous des pistes de développement à mettre en place pour favoriser la croissance des entreprises en région.
Les thématiques - interdépendantes et non exhaustives - abordées dans cette lettre sont :
- Le Financement
- La Fiscalité
- L'Innovation Numérique
- L'Accélération des Startups à potentiel
- Les Infrastructures Réseaux
- L'International
Nous sommes à votre disposition pour vous rencontrer ou échanger avec vous dans un futur proche sur ces thématiques.
Au nom de DigitalPlace, de ses administrateurs et de ses adhérents, je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées.
Daniel Benchimol
Président du cluster numérique DigitalPlace
Président du Conseil de Surveillance de Scalian
daniel.benchimol@digitalplace.fr
A. Le Financement des Startups
La Problématique :
Les idées reçues laissent à croire que l'on ne trouve pas le financement dont les Startups ont besoin. Les bons 'dossiers' trouvent à se financer, notamment au moins jusqu'aux séries A & B. Par contre, les Startups qui émergent de province ne sont pas avantagées parce qu'elles ne sont pas suffisamment visibles, et ce malgré l'aide que notre Cluster leur apporte. Pour faire sortir des provinces de France les meilleurs dossiers, il faut booster le financement local, de telle sorte, que la fameuse traversée du désert soit traitée en province avec des opérateurs de proximité.
Ce que nous proposons :
C'est que l'Etat - au travers des préfectures - soit l'architecte d'un fonds de capital-risque par région (ou métropole), doté de 100 M€ minimum.
On voit bien que les Régions avec la nouvelle loi NOTRe, les métropoles et les banques régionales ont toutes envie d'investir dans des Startups locales. Ce qui manque c'est l'opérateur qui rassemble tous ces intérêts et énergies pour les faire converger ? BPI France peut-elle être cet opérateur ? Ou tout au moins le facilitateur ?
- La Fiscalité
La Problématique :
On parle en permanence du financement, mais ce qui rend l'économie et l'investissement fluide, c'est la possibilité de sortie facile d'un investissement : sortie facile signifiant la possibilité d'être liquide, mais aussi que les plus-values ne soient pas taxées de façon exponentielle.
Ce que nous proposons :
- Que les Grands Groupes soient incités à investir dans les Startups (sans pour autant les racheter et les faire disparaitre) tout en les encourageant à sortir dans les 5 à 7 ans après leur investissement. Cette incitation peut être fiscale, sociale, juridique, financière...
- Que les investisseurs privés soient incités à rester et à investir en France dès qu'ils ont revendu leur société (à l'instar de l'écosystème de la Silicon Valley). Pour que la notion de « Serial Entrepreneurs » prennent son sens dans nos régions, il faut changer les mentalités et la perception que l'on peut avoir des Patrons et du Profit. L'impôt sur la plus-value doit être revu et l'ISF supprimé. Une seule réforme de l'ISF ne suffit pas, car cet impôt est absolument impopulaire vis-à-vis des investisseurs qui par définition investissent dans plusieurs classes d'actifs - autant qu'ils le fassent en France-.
- Que l'actionnariat salarié soit favorisé en supprimant toute la fiscalité confiscatoire à la sortie - privilégier le régime des actions gratuites - (% fixe sur la plus-value quelle que soit la durée de détention au-delà de 3 ans).
C. L'INNOVATION NUMERIQUE
La Problématique :
Depuis son origine l'industrie du Numérique porte dans ses gènes tous les ingrédients de l'innovation. Il ne se passe pas un jour sans l'annonce d'un nouveau service, d'une nouvelle application ou d'un nouveau périphérique : le moteur principal de cette industrie est fait de créativité. Les GAFA créent autant de richesse qu'un pays comme le Danemark et ce avec une croissance annuelle à 2 chiffres. Mais ces champions ne sont ni français ni européens !
Dans ce contexte nous pouvons légitimement nous interroger sur les mécanismes français de soutien à l'innovation dans l'industrie numérique. Pouvons-nous favoriser l'émergence de géants mondiaux ?
Force est de constater que les institutions publiques soutiennent l'innovation numérique avec différents instruments. Il existe les Appels à Projets, par exemple ceux de l'ANR ou du PIA pour la France, et H2020, Eurostars ou Fastrack pour l'Europe. Il existe également les incitations fiscales avec le Crédit d'Impôt Recherche (CIR), le Crédit d'Impôt Innovation (CII) et même le Crédit d'Impôts Compétitivité Emploi (CICE).
Les Appels à Projets ont beaucoup de vertus dont celle de rapprocher les laboratoires de recherche publics et les entreprises, de favoriser la création d'écosystèmes et celle bien sûr de participer au financement de l'innovation. Cependant, ce mode de financement présente désormais de nombreux inconvénients. Au départ, essentiellement proposée sous forme de subvention, cette aide est désormais de plus en plus accordée aux entreprises comme des avances remboursables associées souvent à des redevances (royalties) en cas de succès. L'Etat se transforme ainsi en banquier délivrant des prêts à taux zéro, plutôt qu'en soutien d'une prise de risque par l'entrepreneur qui ne rencontrera pas nécessairement le succès, mais qui aura proposé une approche de rupture seule capable d'apporter des révolutions techniques et d'usage qui sont à même de faire émerger des leaders mondiaux.
Ce que nous proposons :
- Que l'Etat s'engage à soutenir des réformes pour mettre en place un programme massif d'investissement sous forme de subventions d'innovation dirigées vers les PME.
- Que la construction et le suivi des dossiers ne souffrent plus d'une bureaucratie excessive qui représente une charge de travail très importante et souvent incompatible avec les ressources disponibles dans une TPE, PME voire certaines ETI.
La Problématique :
Les incitations fiscales comme le CIR sont des aides cruciales pour l'Industrie du Numérique. Elles soutiennent nos entreprises et participent à l'attractivité de notre pays avec l'installation des sociétés étrangères. Comme le souligne l'Observatoire du CIR, ce sont principalement les PME qui en bénéficient : 91% des entreprises obtenant le CIR ont moins de 250 salariés. Par ailleurs, rares sont les dispositifs de soutien à la recherche et à l'innovation aussi efficaces que ce soit en Europe ou sur le continent Nord-Américain. Malheureusement il existe trois écueils de taille à l'application de cette aide :
- Certaines grandes industries et entreprises ont dévoyé ce dispositif ce qui a conduit l'État à durcir son attribution, et ce aux dépends majoritairement des PME et des ETI : les demandes de rescrits fiscaux sont examinées avec une approche tatillonne qui favorise les publications scientifiques et en aucun cas les approches industrielles de valorisations de la recherche. Le CIR doit au contraire favoriser l'innovation industrielle qui vient de la recherche expérimentale et opérationnelle, afin de proposer au marché mondial des services et des produits nouveaux.
- La complexité administrative croissante, associée à une incertitude et une imprévisibilité des procédures sur les rescrits fiscaux conduit à un découragement des entreprises dans leurs efforts de recherche. Comment expliquer que des projets ayant été sélectionnés par des comités d'experts internationaux au sein d'une compétition internationale soient sanctionnés par des refus de rescrits du fait de l'arbitraire d'une seule personne ?
- La France n'accepte toujours pas de reconnaitre une particularité aux sciences du numérique ce qui rend difficilement éligibles aux aides nombres de travaux, et complexifie d'autant la constitution des dossiers et les contrôles associés. Des pays comme l'Espagne (Innovacion y Tecnologia, IT) ou le Québec (Crédit d'impôts pour le Développement des Affaires Électroniques) ont su saisir l'importance pour l'emploi et la compétitivité du développement des filières du numérique.
Ce que nous proposons :
- Que les entreprises pratiquant la recherche industrielle afin de rester compétitif au niveau international, soient confrontées à des audits CIR objectifs et laissant la place aux échanges contradictoires.
- Que l'Etat s'engage à reconnaitre les spécificités de ce secteur industriel du Numérique qui irradie littéralement tous les autres domaines industriels et notamment en finançant des expérimentations par les collectivités publiques
D. L'ACCELERATION DES STARTUPS A POTENTIEL
La Problématique :
Dans une étude récente d'In-Extenso, filiale de Deloitte, il apparait clairement qu'il existe une « Vallée de la Mort » pour les startups au-delà des 2-3 premières années, dès qu'elles ont mis au point leur produit et trouvé leurs premiers clients.
Il existe beaucoup de dispositifs publics ou privés pour accompagner les entrepreneurs dans les phases de démarrage tant au plan financier (BPI, Pole Emploi, Business Angels, Réseaux Entreprendre, etc...), qu'au plan logistique (pépinières, incubateurs, etc.). Des clusters comme DigitalPlace amènent du partage d'expérience, des services de business développement, des formations, pour accroître le niveau d'excellence des entrepreneurs mais cela reste insuffisant.
Dans nos régions, il y a de formidables atouts en matière de formation et d'innovation. Pour la région Occitanie en particulier, nous avons parmi les toutes meilleures écoles d'ingénieurs, les meilleures universités et laboratoires. Mais il nous faut, pour ces entreprises à potentiel, une autre dimension, plus rare en région :
- l'expertise en matière de développement marketing et commercial
- l'expertise à la levée de fonds si essentielle pour aborder l'international, souvent indispensables au décollage effectif d'une entreprise de croissance.
Les structures qui amènent cet accompagnement aux Startups à potentiel pour leur éviter la vallée de la mort, et mieux, pour les préparer à devenir des licornes, existent aux USA, en Allemagne, en Israël, etc. : ce sont des accélérateurs. Il y en a même une petite poignée en France, à Paris ou à Lyon. Ces accélérateurs accueillent des promotions de 6 à 8 entreprises et les entourent des meilleurs coachs, des meilleurs experts, qui vont les aider à recruter les hommes clés qui leur manquent, à mettre en place les stratégies de génération de la demande les mieux adaptées à leur business, à mettre les premiers jalons à l'international, à constituer leur première force commerciale et enfin à mettre au point le business model qui séduira les investisseurs. Les accélérateurs ont prouvé leur efficacité avec par exemple aux USA, avec 76.4% de succès dans les levées de fonds pour les startups accélérées...
Ce que nous proposons :
Il faut constituer un accélérateur dans chaque grande métropole. La force publique (Etat, région, métropoles) doit amorcer le financement d'un accélérateur qui sera opéré en mode public-privé pour conserver le dynamisme nécessaire. Avec un financement de 2 à 3M€ par accélérateur nous pourrons lancer tous les 9 à 12 mois des promotions de 6 à 8 startups à potentiel par grande métropole française.
- L'ENJEU DES COMPETENCES DANS LES ENTREPRISES DU NUMERIQUE EN OCCITANIE
Les chiffres :
La croissance du marché des entreprises du numérique s'accélère avec, en 2016, + 2,8% et +3% de prévisionnel en 2017. Le secteur du numérique en Occitanie représente environ 58 000 salariés dans 8 400 entreprises. C'est un secteur créateur d'emplois pour la 6ème année consécutive avec + de 6000 recrutements prévus en 2017 en Midi-Pyrénées.
La Problématique :
La gestion de ressources humaines est, avec le financement et l'internationalisation, l'élément clé de la performance des entreprises numériques. En effet, pour innover et industrialiser les services, les entreprises numériques doivent disposer d'un « patrimoine humain » performant, capable de s'adapter rapidement à des environnements changeants. C'est l'une des exigences pour répondre aux besoins des filières industrielles et prendre des positions de leader dans la compétition internationale historiquement dominée par l'industrie nord-américaine et désormais asiatique.
Dans les pays dits industrialisés, les marges de manœuvre sont inexistantes vis-à-vis de la masse salariale face à une compétition exacerbée, qui impose, qu'à coût de main-d'œuvre constant, la valeur produite augmente tous les ans.
Or, dans un environnement changeant et d'évolution rapide des technologies, tous les ans une partie des connaissances d'une personne devient obsolète. Elle doit en réalité tripler tous les 10 ans ses connaissances « Métier » pour se renouveler et s'adapter aux nouvelles exigences.
La seule voie possible de développement passe par l'excellence et donc la formation à l'excellence tout au long de la vie, afin d'acquérir en permanence de nouvelles compétences.
Mandatée par la DIRECCTE, l'étude sur les compétences stratégiques menée par DigitalPlace, en Midi-Pyrénées, a permis de mettre en avant des problématiques de la filière numérique souvent cohérentes avec les problématiques rencontrées au niveau national. Le projet Compétences Stratégiques vise, au travers d'une plateforme web, à identifier et rendre visibles les besoins en compétences numériques des entreprises de la Région pour former, recruter et plus généralement accompagner la stratégie RH de ces entreprises.
Ce que nous proposons :
Pour inscrire ce projet dans la durée, une fois la plateforme opérationnelle, il faut continuer à accompagner la démarche pour la faire vivre et développer les compétences numériques en Occitanie. Ce projet pourra ainsi être déployé dans d'autres régions. Pour ce faire il faut créer un guichet unique « plateforme compétences ».
F. L'ÉVOLUTION DES INFRASTRUCTURES DE RESEAUX
La Problématique :
Il est courant de considérer les infrastructures numériques de communication, qu'elles soient fixes ou mobiles, comme le ''nerf de la guerre'' du développement économique, social et culturel. En termes d'accessibilité en tout lieu, de capacité de transmission et de distribution de gros volumes de données, ou d'évolutivité technologique, les réseaux de télécommunications sont le vecteur indispensable pour irriguer l'ensemble d'une société (particuliers et entreprises) de plus en plus ''digitale''.
La France accuse toutefois dans le domaine de la numérisation un certain retard vis-à-vis de ses voisins, en se situant dans le bas du classement des pays européens, comme a pu le souligner un récent rapport de la Cours des Comptes (''Les réseaux fixes de Haut et Très Haut Débit : un premier bilan'', rapport de la Cours des Comptes, Janvier 2017).
En terme d'infrastructure, la situation de notre territoire s'explique en partie par un double constat. D'une part la qualité de réseau cuivre déployé par l'opérateur historique dans les années 70 et 80 a retardé le besoin d'un renouvèlement des infrastructures et d'autre part, la concurrence dans le courant de la dernière décennie sur les segments de marché les plus rémunérateurs, conduisant à une intense compétition par les prix et donc à une baisse tendancielle des marges opérationnelles des opérateurs. Cet ''effet de ciseau'' (baisse des prix => baisse des marges) pèse de facto sur les capacités d'investissement des opérateurs, dans une période où la croissance exponentielle de la demande en largeur de bande (résultant des nouveaux usages numériques), de recomposition nécessaire des réseaux autour de la Fibre Optique et les nouvelles générations de téléphonie mobile sont indispensables.
Pour les entreprises du numérique et les start-ups, le plus souvent localisées dans les zones urbaines très denses, l'accès au Haut et Très Haut Débit (THD) n'est plus en soi un véritable problème. Cependant, l'accès plus limité au THD dans les zones plus reculées du territoire reste un obstacle pour la diffusion commerciale de leurs produits et services sur l'ensemble du territoire, et est donc un facteur de limitation de leur croissance.
Aujourd'hui, l'enjeu des infrastructures pour la plupart des entreprises du numérique se situe donc au niveau de la capillarité et du maillage des réseaux THD, indispensables à la transformation numérique des modes et moyens de production.
Deux impératifs s'imposent désormais à elles : d'une part pouvoir en quelque endroit du territoire fournir à leurs clients des services numériques (comme ce fut le cas en d'autre temps avec le déploiement des réseaux autoroutiers et ferroviaires), d'autre part promouvoir, pour une plus grande productivité, les solutions d'une informatique décentralisée en mode SaaS (Software as a Service) ou PaaS (Plateform as a Service), elles-mêmes en relation avec les réseaux de distribution et d'informatique en nuage (le Cloud). La solution repose en effet sur le déplacement progressif des fonctions ''logiciels'' vers les réseaux et l'hébergement à distance des données, plutôt que leur localisation au sein même des entreprises.
Ce que nous proposons:
Pour faire face à ces enjeux, en région Occitanie comme sur l'ensemble du territoire national, le cluster Digital Place propose plusieurs actions en faveur d'une meilleure coordination des acteurs impliqués dans ce développement ''global'' du numérique via les réseaux :
- Promouvoir une meilleure coordination des investissements publics et privés dans les infrastructures pour réduire les risques de duplication des réseaux, cause d'inefficience économique, et optimiser les investissements techniques en fonction du besoin réel des territoires en mettant en avant les solutions et un mixte technologique Cuivre/Fibre Optique, comme le préconise la Cours des Comptes.
- Inciter à une normalisation et à une régulation dans le domaine de l'Internet des Objets afin d'assurer l'interopérabilité des réseaux et des capteurs. La recherche d'une norme commune serait le facteur de développement du marché. Auprès des entreprises utilisatrices des ''réseaux d'objets'' il faudrait garantir l'évolutivité des services, notamment, en prévision des nouvelles technologies mobiles.
- Encourager les expérimentations conjointes et interentreprises des nouveaux services numériques dans les territoires, notamment ceux à plus faibles densités. Le co-design des services devient un indubitable facteur de succès dans une économie numérique de plus en plus complexe et diverse. Le champ expérimental est particulièrement approprié au rapprochement et à la convergence entre Grand Groupes et plus petites structures, pouvant déboucher ainsi sur la constitution de consortium industriel à fort rayonnement international.
- Favoriser l'équilibre concurrentiel dans les nouveaux services, en privilégiant les partenariats avec les opérateurs d'infrastructures, notamment mobiles, pour éviter la dispersion des investissements et l'affaiblissement des acteurs. Il s'agit ici d'éviter un nouveau retard de notre pays (stigmatisé par la Cours des Comptes) et qui serait nuisible à la compétitivité globale des entreprises françaises.
G. L'ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES À L'INTERNATIONAL
La Problématique :
Pour attaquer l'international, le primo-exportateur doit aussi préparer son entreprise, en se formant lui-même et en sensibilisant son équipe au marketing stratégique pour l'international. On passe en effet d'une culture de proximité à une stratégie globale. En 2017, cette phase de recrutement et cette rupture dans l'organisation de l'entreprise est tellement complexe que des clusters d'entreprises du numérique comme DigitalPlace mettent l'accent sur les bonnes pratiques en ressources humaines, sur le marketing de l'innovation, sur l'interculturalité pour accompagner ses adhérents, à travers ateliers, formations, conférences, dans ce processus crucial. D'ici 2022, les entrepreneurs et leurs équipes devront être mieux formés, mieux préparés et intégrer naturellement cette dimension internationale.
Ce que nous proposons :
Au sempiternel débat sur le niveau élevé des charges sociales -spécificité française-, couramment désignée comme une des causes du mal profond, nous vous proposons d'insister sur trois volets complémentaires, menés de front : la formation des étudiants et des dirigeants d'entreprises, la promotion de l'innovation, le soutien en trésorerie et en capital.
- La formation des étudiants et des dirigeants d'entreprises :
Sur le premier thème, il faut insuffler une culture nouvelle du marketing et du commerce, indispensable à l'appréhension de l'international pour nos entreprises. Cela ne se décrète pas, cela se construit patiemment, de l'enseignement dispensé à nos écoliers et nos étudiants, jusqu'à l'accompagnement des dirigeants eux-mêmes, en passant par la formation des salariés.
- La promotion de l'innovation
Pour expliquer le déficit de notre balance commerciale, les ETI allemandes, championnes de l'export, sont généralement prises en modèle en Europe. Nos PME françaises souffriraient de leur trop petite taille, alors qu'il faudrait investir à l'étranger et tenir le temps suffisant, avant un retour sur investissement. Au-delà de leur taille, les ETI allemandes profitent en outre de deux atouts : leur position dans le marché industriel, et la qualité.
Nous avons nos propres atouts : l'agilité et l'innovation. Innovation au sens large : technologique, des usages, et des modèles économiques. Nous vous proposons de soutenir la démarche d'innovation des Startups et PME régionales, grâce aux accélérateurs, au soutien des clusters et des pôles de compétitivité, au soutien de la R&D à travers la promotion des projets collaboratifs, en favorisant les relations entre laboratoires institutionnels de recherche et PME... Vous pourrez participer à la promotion de cette image des entreprises française à l'étranger, en poursuivant à juste titre l'action de la French Tech,
- Le soutien en trésorerie et en capital
Enfin, il ne faut pas oublier que l'aventure à l'international est une école de patience pour les entrepreneurs. Le retour sur investissement est long à venir, et pour tenir, il faut des fonds propres et de la trésorerie. Le troisième volet de votre action devra porter sur les Startups et PME en leur proposant un soutien en financement.
Ce que nous proposons :
De soutenir le crédit d'impôt export. C'est un bon outil, mais jusqu'alors limité à une année fiscale dans la vie de l'entreprise, et une seule. Or, il est trop souvent utilisé trop tôt par les entrepreneurs, sur un premier projet à l'export manquant d'ambition et d'expérience.
Le CIE pourrait être pérennisé sur plusieurs années, permettant à l'entreprise d'en bénéficier sur la durée, et rendre l'outil bien plus cohérent avec la réalité et l'ambition qui doit être celle de l'entreprise qui part à l'international. Parallèlement, nous vous proposons d'étendre -et simplifier l'accès- à l'ensemble des différents services proposés par les chambres de commerce, UBI France et la Banque Publique d'Investissement, tels que l'assurance prospection, les réseaux français à l'étranger, l'accompagnement sur les études marketing, le support local à l'étranger ou les maisons de l'international, portées par les Régions. Nous serons ainsi, indéniablement mieux armés.
CONTRIBUTEURS DE LA LETTRE
A propos de DigitalPlace
Contact presse : Angélina Lacroix
/ Tel : 05 34 31 41 99
DigitalPlace est le cluster d'entreprises numériques de la région Occitanie. Sa mission est d'accompagner les entreprises digitales innovantes et s'articule autour de 4 objectifs : le développement international, le développement de l'innovation technologique, le financement de la croissance et la mutualisation de services. Labellisé par l'Etat et la région, DigitalPlace compte 200 adhérents et est opérateur du Pass French Tech en région.
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ANR : Agence Nationale de la Recherche
PIA : Programme d'Investissement d'Avenir
H2020 : Horizon 2020
A souligner toutefois l'important effort engagé récemment par l'Etat (Plan France Très Haut Débit), les Collectivités Locales (RIP) et les opérateurs privés (déploiement en fonds propres sur les zone AMII et les zones très denses), à commencer par l'opérateur historique, pour combler ce retard, même si les moyens mis à disposition pour ce rattrapage restent à consolider.


