Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les Députés
NEW YORK, September 13 /PRNewswire/ --
Mesdames et Messieurs les Députés,
Dans notre récente lettre ouverte au Premier ministre, Monsieur Dominique de Villepin, nous avons démontré que le rapprochement de GDF et de la branche énergie de Suez pourrait être mené à bien tout en conservant une participation de l'Etat dans GDF à hauteur de 80%. Cette structure nécessiterait une augmentation de l'endettement du Groupe de l'ordre de 14 milliards EUR ainsi que l'attribution aux actionnaires de Suez des métiers de l'environnement et des services à l'énergie et à l'industrie (SES) de Suez sous la forme d'actions côtées à la bourse de Paris. Cette proposition a reçu un accueil favorable de la part de la presse financière internationale et devrait recueillir celui de la grande majorité des actionnaires institutionnels de Suez.
Cela est dû en partie au fait que notre schéma permettrait aux actionnaires de Suez de recevoir l'équivalent d'environ 40 EUR par action, ce qui n'est pas loin des valorisations récentes d'analystes financiers de grandes banques telles que BNP-Paribas ou UBS, par rapport aux 30 EUR par action proposés par GDF à l'heure actuelle. Ceci est important car le projet de fusion est voué à l'échec s'il ne receuille pas le vote favorable des deux tiers des actionnaires de Suez, y compris celui des actionnaires étrangers, en assemblée générale.
Nous souhaitons désormais démontrer que la fusion entre GDF et les activités énergie de Suez pourrait également être réalisée sans aucune augmentation de l'endettement de GDF/Suez, sous réserve que l'Etat soit disposé à réduire sa participation dans GDF, en conservant plus de 50%.
L'opération pourrait être réalisée de la façon suivante. En premier lieu, Suez devrait attribuer à ses actionnaires actuels ses divisions environnement et SES (comme nous l'avons précédemment proposé), ainsi que ses actifs d'infrastructures en Belgique et d'autres actifs financiers non-stratégiques. Nous souhaitons souligner que nous n'avons jamais proposé que soient vendues les branches environnement et SES de Suez, comme certains analystes financiers l'ont laissé entendre à tort. Une attribution des actions d'une holding regroupant ces sociétés permettrait aux actionnaires de Suez de conserver leur participation dans ces activités - qui ne pourraient en aucune façon être considérées comme nationalisées suite à cette opération. En tant que société indépendante cotée à la bourse de Paris, disposant d'une capitalisation boursière estimée à environ 36 milliards EUR, cette nouvelle entreprise serait bien plus importante que Saint-Gobain, Lafarge ou Air Liquide, par exemple. Ce serait également la plus grande entreprise mondiale de services dans le domaine de l'environnement, de près de deux fois la taille de Veolia.
GDF lancerait alors une offre publique d'échange sur les activités énergie restantes de Suez. Cela ne devrait pas non plus être considéré comme une nationalisation dans la mesure où presque toutes ces activités sont basées hors de France. Dans les faits, cela pourrait s'apparenter à l'acquisition d'Edison, société italienne, par EDF.
A l'issue de cette opération, et sur la base des valorisations contenues dans notre lettre ouverte au Premier ministre datée du 30 août, nous estimons que l'Etat détiendrait environ 54% de l'entité combinée.
Cette structure n'augmenterait en aucun cas la dette de GDF, ni même la dette publique, puisqu'elle serait réalisée par le seul biais d'une offre publique d'échange, et non d'une offre publique d'achat.
Tout comme notre proposition alternative - structurée entièrement en cash - cette opération conduirait à la création d'un large groupe européen du secteur de l'énergie ayant son siège en France, capable de tirer profit de toutes les synergies dont Suez et GDF ont fait état, sans pour autant privatiser GDF.
Elle serait également à l'origine de la création d'un grand acteur de l'environnement basé en France, coté à la bourse de Paris, en mesure de jouer un rôle de consolidateur sur ses marchés et disposant d'un noyau stable d'actionnaires institutionnels français.
Les deux propositions alternatives que nous avons formulées - tout cash ou bien tout échange - démontrent qu'il est possible de conserver tous les avantages d'un rapprochement des activités énergie de Suez et de GDF, sans privatiser GDF.
Il n'est donc pas nécessaire pour le gouvernement français de réduire la participation de l'Etat dans GDF au-dessous de 51%, ni de nationaliser les activités de Suez en France afin d'obtenir ce résultat, et toute prétention contraire serait manifestement fausse.
Je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les Députés, à l'expression de ma haute considération.
Eric Knight
Knight Vinke Asset Management


