D'éminents experts des maladies cardio-vasculaires incitent la communauté médicale à prendre en charge une gestion plus complète des risques de maladies cardio-vasculaires
MILAN, Italie, June 19 /PRNewswire/ --
- Plus d'un demi-milliard de personnes dans le monde souffrent de facteurs de risques multiples et incontrolés les exposant aux maladies cardio-vasculaires
Dans le cadre de la réunion annuelle de la Société européenne d'hypertension, d'éminents experts des maladies cardio-vasculaires (MCV) ont aujourd'hui lancé un << appel à l'action >> adressé aux membres de la communauté médicale internationale pour que ceux-ci, plutôt que de traiter séparément les facteurs individuels de risques, adoptent une stratégie de prise en charge plus complète du patient dans sa totalité.
L'appel lancé aujourd'hui s'appuie sur des essais épidémiologiques et cliniques qui mettent de plus en plus en évidence la dimension multifactorielle des MCV et comment ces maladies sont le plus souvent causées par une série de facteurs de risque que l'on peut soit facilement mesurer et modifier, comme c'est le cas, par exemple, de l'hypertension, du taux élevé de cholestérol, du diabète sucré, du tabagisme et de l'obésité ou ne pas contrôler du tout quand il s'agit de l'âge, du sexe ou des antécédents cardiaques familiaux. Et pourtant aujourd'hui, ainsi que le signale l'Organisation mondiale de la santé, on continue, dans les soins cliniques du monde entier, à traiter ces facteurs individuels de risque en les isolant plutôt qu'en prenant en charge la totalité des risques du patient (1,2)
Les experts ont signalé qu'un meilleur contrôle de la pression artérielle représente un bon point de départ vers une stratégie de gestion plus complète des risques liés aux MCV. En fait, pas moins de 800 millions de personnes dans le monde ont une tension artérielle aux alentours ou au-dessus de 140/90 mm de Hg et au moins 80 pour cent (640 millions) de ces personnes peuvent être exposés à d'autres facteurs incontrôlés de risques CV, tels qu'un taux de cholestérol élevé ou un diabète, deux conditions qui réclament un traitement(3). C'est pourquoi, en traitant un patient atteint d'hypertension, il est important de regarder au-delà de la pression artérielle et d'évaluer les autres facteurs de risques qui peuvent aussi être présents.
<< L'hypertension implique plus qu'une simple pression sanguine trop élevée. Des tests cliniques récents montrent clairement que même des taux de pression sanguine aussi bas que 115/75 mm de Hg sont liés à des facteurs de risques CV et servent souvent de balise d'avertissement signalant la présence d'autres facteurs critiques >>, a déclaré Massimo Volpe, MD, professeur et président de cardiologie à l'Université de Rome << La Sapienza >> en Italie. << En conséquence, faire baisser uniquement la pression sanguine sans considérer d'autres facteurs de risques cardiovasculaires graves ne suffit pas. Aujourd'hui, pas moins d'un demi milliard de personnes peuvent voir leur échapper leurs chances de réduire l'ensemble de leurs risques cardiovasculaires en dépit de stratégies de prévention qui probablement réussiraient et seraient peut-être moins coûteuses. >>
Pour améliorer les soins thérapeutiques et faire face aux menaces que représentent pour la santé et l'économie les MCV, les experts lancent un appel à la communauté médicale internationale afin qu'elle :
- explique mieux au public toute l'importance de l'ensemble des risques CV
- utilise la moindre élévation de la pression artérielle (à partir de taux aussi ou plus élevés que 120/80 mm de Hg) comme un point de départ vers une stratégie de gestion plus complète des risques(4)
- alerte les professionnels des soins de santé afin que ceux-ci reconnaissent l'ensemble des risques CV et administrent des traitements préventifs plus précoces.
<< Si nous voulons faire progresser la gestion des MCV, nous devons reconnaître l'importance des solutions qui, pour améliorer les soins administrés aux patients, se concentrent sur la prévention des MCV plutôt que sur le simple fait de les traiter >>, a ajouté le professeur Volpe. << Il est crucial que nous apprenions aux professionnels de la santé à considérer l'hypertension, non seulement comme un problème de pression sanguine, mais aussi comme une étape vers l'évaluation et la gestion de l'ensemble des risques CV. >>
Les experts suivants ont soutenu le professeur Volpe dans son appel à l'action d'aujourd'hui :
- Leif R. W Erhardt, MD, PhD, professeur de cardiologie à l'hopital universitaire de Malmö en Suède
- Bryan Williams, MD FRCP FAHA, professeur de médecine au département des sciences cardiovasculaires de l'école de médecine de l'Université de Leicester au Royaume-Uni
À propos de l'incidence mondiale des MCV
Mondialement, les MCV représentent une cause majeure et grandissante de mortalité et d'invalidité. On s'attend à ce qu'elles deviennent la cause principale de mortalité dans les pays en développement à partir de 2010(5). La situation est rendue plus problématique encore du fait du vieillissement de la population mondiale, de l'expansion épidémique du diabète et de l'obésité, du mode de vie sédentaire et du tabagisme qui se répandent de plus en plus et aussi du fait que les gens vivent plus longtemps même après avoir souffert et surmonté une crise cardiaque ou une attaque cérébrale.
Par ailleurs, le coût économique des MCV est énorme. Plusieurs pays font mention de coûts directs (soins de santé) et indirects (perte de productivité) considérables. Les soins de santé engagés pour traiter les MCV coûtent cher, se prolongent et détournent vers les soins de santé de maigres ressources individuelles, familiales et sociales. De plus, les MCV peuvent frapper un individu dans la force de l'âge et compromettre l'avenir des familles qui dépendent d'eux. Elles peuvent ravir aux employeurs et à la société des travailleurs dans leurs années les plus productives(6). Dans les pays dans lesquels les revenus sont bas ou moyens, elles sont responsables de 10 % des années de vie en tenant compte de l'invalidité (DALYs). Ce chiffre atteint 18 % dans les pays où les revenus sont élevés(7).
Références :
(1) The World Health Organization: Cardiovascular disease: prevention and Control. Disponible à www.who.int/dietphysicalactivity/publications/facts/cvd/en/. Visité le lundi 13 juin 2005
(2) The World Health Organization: WHO CVD Risk Management Package. For Low-and-Medium-Resource Settings. 2002.
(3) The World Health Organization: The Future of CVD. Disponible à www.who.int/cardiovascular_diseases/en/cvd_atlas_25_future.pdf. Visité le lundi 13 juin 2005
(4) Williams B. Recent Hypertension Trials: Implications and Controversies. J Am Coll Cardiol. 2005;45:813-27.
(5) The World Health Organization: Strategic Priorities of the WHO Cardiovascular Disease Programme. Disponible à www.who.int/cardiovascular_diseases/priorities/en/ Visité le lundi 13 juin 2005
(6) American Heart Association. International Cardiovascular Disease Statistics 2003
(7) The World Health Organization: Global Burden of Coronary Heart Disease. Disponible à http://www.who.int/cardiovascular_diseases/en/cvd_atlas_13_coronaryHD.pdf Visité le lundi 13 juin 2005


