Une expédition exhume 150 drontes de Maurice d'une << fosse commune de drontes >> mauricienne
LEYDE, Pays-Bas, August 16 /PRNewswire/ -- Des fouilles effectuées par une équipe de recherche conjointe mauricienne et européenne du Programme de Recherche sur les Drontes de Maurice à Mare aux Songes en Île Maurice a découvert près de 150 os fossilisés de dronte de Maurice. Ces os de dronte de Maurice ne constituent qu'une partie des quelque 4000 os exhumés de l'espèce éteinte de vertébré mauricien, y compris le perroquet géant (Lophopsittacus), le scincidé géant (Didosaurus) et la poule rouge (Aphanapteryx).
Deux squelettes partiels de drontes de Maurice et deux tortues géantes éteintes partiellement articulées ont été trouvées sur le site, ce qui donne à croire que les restes fossiles de la Mare aux Songes sont extrêmement bien préservés, et constituent dès lors une ressource scientifique clé pour comprendre l'histoire et l'évolution de la flore et de la faune endémiques de Île Maurice. Les découvertes additionnelles comprennent une rare mâchoire inférieure complète de dronte de Maurice et des éléments de crâne de perroquets éteints uniques en leur genre.
En plus de l'identification de matériaux pour l'analyse morphologique, des échantillons d'os ont été emportés afin d'être analysés en utilisant des techniques à base d'ADN ancien et de spectrométrie de masse, dans le but tant d'étudier la préservation de l'ADN à la Mare aux Songes que d'obtenir des aperçus sur le processus de décomposition de l'ADN avec le temps, qui demeure une importante question, en particulier dans les environnements tropicaux humides. En coopération avec le MSIRI, des échantillons d'eau, de sol et microbiologiques ont également été prélevés afin d'examiner les conditions de préservation des fossiles exceptionnellement bonnes à la Mare aux Songes. En plus des os fossilisés, diverses tiges, branches et racines d'arbres ont été récupérées, y compris des espèces éteintes ou actuellement en péril endémiques à Île Maurice. On aura recours à l'identification par l'anatomie du bois pour reconstruire la végétation et l'écologie à la Mare aux Songes il y a 4000 ans. Les cernes présents dans le bois fournissent des indices précieux sur le climat passé dans la région de l'Océan Indien. Les fouilles ont été un tel succès que la quantité de matériau produite a excédé la capacité de traitement adéquat des découvertes, ce qui a nécessité que l'on interrompe les fouilles plus tôt qu'il n'avait été planifié.
Les résultats de cette recherche donnent à croire que le sanctuaire de fossiles de drontes de Maurice de la Mare aux Songes est parmi les dépôts insulaires océaniques de fossiles les plus riches au monde et que, n'étant vieux que de quelques milliers d'années, celui-ci est le plus jeune écosystème fossile au monde qui n'ait jamais été perturbé. Le sanctuaire de fossiles de drontes de Maurice nous ouvre une fenêtre sur la façon dont les écosystèmes indigènes ont fonctionné sur les îles océaniques avant l'établissement humain.
Le Dr Beth Shapiro de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni) et l'Université d'État de la Pennsylvanie (États-Unis) ont recueilli, en coopération avec le personnel du Conseil des Musées de Île Maurice, des échantillons additionnels de fouilles précédentes sur Île Maurice pour des études sur l'ADN ancien, y compris un échantillon du seul et unique squelette absolument complet de dronte de Maurice exposé au Musée d'Histoire naturelle de Île Maurice. Des échantillons ont en outre été prélevés sur un dronte de Maurice presque complet récemment découvert, << Fred >>. L'on espère que ces échantillons, combinés avec ceux qui ont été exhumés à la Mare aux Songes au cours des dernières années, vont fournir de l'ADN d'assez bonne qualité pour faciliter la reconstruction de l'évolution et de la structure de population du dronte de Maurice en ayant recours aux techniques de la génétique moderne.
Les fouilles ont été rendues possibles par le Service national de géologie des Pays-Bas-TNO, qui a employé une technique néerlandaise d' évacuation de l'eau des << polders >>. En ayant recours à cette technique, il a été possible d'abaisser le niveau de la nappe phréatique, exposant ainsi les couches fossiles in situ, ce qui permit d'enregistrer l'information scientifique dans son contexte géologique et environnemental. Avec ce système en place, il est possible de faire des fouilles à partir du sol sec à plus d'un mètre sous le niveau de la nappe phréatique naturelle.
Les fouilles sont financées par WWF Pays-Bas, le Musée national d'histoire naturelle Naturalis, MTMD, l'Université d'Amsterdam-IBED, la British Royal Society, le Percy Sladen Centenary Fund, BotanicAll et le Service national de géologie des Pays-Bas-TNO. Les fouilles ont obtenu l'autorisation du Natural Heritage Fund of Mauritius et ont été conduites avec la permission des propriétaires MTMD.
Naturalis
Note à l'éditeur
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