Une récente étude internationale montre que le problème de l'antibiorésistance inquiète la plupart des patients, qui sont toutefois peu nombreux à l'associer à une mauvaise utilisation des médicaments
NICE, France, April 5 /PRNewswire/ --
- La moitié des personnes interrogées croient à tort que les antibiotiques non utilisés peuvent être conservés et réutilisés ultérieurement - Une mauvaise utilisation des antibiotiques a pour conséquences échec du traitement, détérioration de l'état de santé, nécessité de consultations supplémentaires et résistance aux antibiotiques - Les experts recommandent la mise en oeuvre de campagnes d'éducation sur mesure visant à cerner les raisons pour lesquelles les patients ne suivent pas leurs prescriptions d'antibiotiques à la lettre
D'après une étude internationale réalisée dans 11 pays différents auprès de 4.500 personnes ayant déclaré avoir pris un médicament antibiotique au cours des 12 derniers mois, le phénomène de la résistance aux antibiotiques (ou antibiorésistance) inquiète de nombreux patients, mais rares sont ceux qui comprennent que la mauvaise utilisation des antibiotiques en est l'une des principales causes. Sur la base des résultats obtenus, le comité international d'experts en santé chargé de mener l'enquête a préconisé la mise en place de campagnes d'éducation aux antibiotiques sur mesure qui auraient pour objectif d'appréhender les différences nationales et culturelles sous-jacentes contribuant à une mauvaise utilisation des antibiotiques.
Les résultats préliminaires de l'étude COMPLy (<< COmpliance, Modalities by Population, Lifestyle and Geography >> - c'est-à-dire observance du traitement, modalités selon les populations, le style de vie et la localisation géographique) ont été présentés à l'occasion du dernier Congrès européen sur la microbiologie clinique et les maladies infectieuses. A en croire les chiffres initialement dévoilés, huit personnes interrogées sur dix estiment que les germes résistants aux antibiotiques représentent un problème très grave, tandis que seules six sur dix sont convaincues que la mauvaise utilisation d'un antibiotique est susceptible de réduire l'efficacité du produit lors d'une réutilisation ultérieure.
22% des personnes interrogées reconnaissent qu'elles n'ont pas suivi leur dernier traitement antibiotique à la lettre - le taux de non-observance pouvant atteindre plus de 30% dans certains pays. On a considéré que les patients avaient mal observé leur traitement lorsqu'ils avaient sauté une dose ou un jour de traitement, ou lorsqu'il leur restait des antibiotiques à la fin du traitement alors qu'ils avaient reçu pour instruction de terminer la (les) boîte(s). La moitié des personnes interrogées croyaient que les antibiotiques restants pouvaient être conservés et réutilisés ultérieurement, et près de trois quarts (73%) de ceux auxquels il était resté des antibiotiques ont déclaré les avoir conservés.
<< L'étude COMPLy prouve que si de nombreux patients comprennent bien que l'antibiorésistance constitue un problème international sérieux, rares sont ceux qui apprécient à sa juste valeur l'impact de la non-observance du traitement sur le développement de la résistance aux antibiotiques et sur leur propre santé >>, estime le Professeur Jean-Claude Pechère, du Département de Génétique et de Microbiologie de l'Université de Genève, et président du Comité directeur de l'étude. << Grâce à cette importante étude, nous disposons de nouvelles informations détaillées qui permettront aux professionnels de la santé et au public de prendre des mesures destinées à améliorer l'observance des traitements antibiotiques et à favoriser la lutte contre la résistance aux antibiotiques >>.
La non-observance d'un traitement antibiotique peut entraîner une résistance aux antibiotiques, et est associée à l'échec du traitement et aux conséquences qui en découlent, à savoir : détérioration de l'état de santé, hospitalisation et dépenses supplémentaires. D'après une récente étude multicentrique en double aveugle, réalisée sur deux ans auprès de 2.188 enfants atteints de pneumonie, la non-observance du traitement antibiotique constituait l'un des principaux facteurs prédictifs d'échec du traitement.
La résistance aux antibiotiques est considérée comme l'un des problèmes de santé publique les plus cruciaux au monde. La résistance des bactéries aux antibiotiques relève de divers mécanismes, chacun de ces mécanismes impliquant des modifications du bagage génétique des bactéries. Le recours répété aux antibiotiques et leur mauvaise utilisation constituent les deux principales causes de l'augmentation des bactéries résistantes. D'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les infections résistantes peuvent se traduire par une aggravation de la maladie, par le décès et par l'augmentation des dépenses de santé.
<< L'étude COMPLy nous permet d'examiner << de l'intérieur >> les attitudes et comportements des patients qui ont un impact sur l'observance du traitement >>, ajoute Giuseppe Cornaglia, professeur associé au Département de Pathologie de l'Université de Vérone, président désigné de la Société européenne de Microbiologie clinique et des maladies infectieuses, et membre du Comité directeur de l'étude. << De nombreux patients oublient de prendre leur traitement ou l'interrompent dès qu'ils commencent à se sentir mieux, créant ainsi un environnement idéal qui favorise l'adaptation des bactéries plutôt que leur élimination >>.
D'après l'étude COMPLy, il existe une relation entre le taux de non-observance du traitement et l'âge des patients. Les patients plus jeunes se sont ainsi révélés bien plus susceptibles de mal observer leur traitement que leurs aînés. Le taux de non-observance observé dans la tranche d'âge 18-29 ans était deux fois plus élevé (30%) que dans la tranche d'âge 60 ans et plus (14%). Le schéma posologique de l'antibiotique prescrit constituait également un important facteur prédictif de l'observance du traitement. Les patients étaient par exemple plus susceptibles de mal observer leur traitement lorsque celui-ci nécessitait plusieurs doses par jour : le taux de non-observance s'élevait ainsi à 15% chez les patients ne devant prendre qu'une dose par jour, contre 27% chez les patients tenus d'en prendre trois ou plus.
Les membres du Comité directeur de l'étude COMPLy recommandent d'utiliser les résultats de cette enquête pour élaborer des campagnes d'éducation à l'observance thérapeutique à travers le monde. Les résultats de l'étude suggèrent d'adapter les initiatives éducatives de manière à aplanir les différences observées au niveau des taux d'observance entre les différents pays, et les différences d'attitudes des patients vis-à-vis des antibiotiques et des professionnels des soins de santé. Une analyse pays par pays suggère ainsi que les perceptions erronées quant à l'utilisation des antibiotiques constituent le principal facteur de mauvaise observance thérapeutique dans certains pays, alors que dans d'autres pays, le manque de confiance dans le médecin et les interrogations quant à sa capacité à soigner le patient peuvent constituer un facteur plus important.
À propos de l'étude COMPLy (<< COmpliance, Modalities by Population, Lifestyle and Geography >> - observance du traitement, modalités selon les populations, le style de vie et la localisation géographique)
L'étude COMPLy a été menée par la société de sondage Gallup Organization au cours de l'automne 2005. Un ensemble d'enquêtes téléphoniques et face à face ont été réalisées auprès de 4.500 personnes résidant dans 11 pays différents : Brésil, Chine, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas, Philippines, Russie, Afrique du Sud, Turquie et États-Unis. Les personnes interrogées étaient âgées de 18 ans ou plus et avaient suivi un traitement antibiotique auto-administré au cours des 12 derniers mois.
L'étude COMPLy a été mise en oeuvre sous la houlette d'un Comité directeur international composé d'experts d'envergure internationale se consacrant à la lutte contre l'antibiorésistance, dont notamment :
- Jean-Claude Pechère, Président du Comité directeur, Département de Génétique et de Microbiologie, Université de Genève, Suisse - Giuseppe Cornaglia, Président désigné de l'ESCMID (European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases - Société européenne de Microbiologie clinique et des maladies infectieuses), Département de Pathologie, Université de Vérone, Italie - Dyfrig Hughes, Président du groupe de travail sur l'économie de l'observance thérapeutique de l'International Society for Pharmacoeconomics and Outcomes Research (ISPOR - Société internationale de pharmacoéconomie et de recherches sur les résultats de santé), Centre d'économie de la santé, Université du Pays de Galles - Przemyslaw Kardas, Département de la médecine familiale, Faculté de médecine de Lodz, Pologne
Cette étude a été parrainée par le laboratoire Pfizer.
L'engagement de Pfizer en faveur des anti-infectieux
Alors que bon nombre de sociétés pharmaceutiques ont réduit ou supprimé les fonds destinés à la recherche sur les anti-infectieux, Pfizer continue de s'engager en faveur de la recherche et du développement d'agents anti-infectieux innovants, afin de traiter les infections hospitalières ou nosocomiales.
Dans le cadre de l'engagement actuellement pris par le laboratoire en faveur d'une compréhension permanente du marché des anti-infectieux, Pfizer a apporté son soutien financier à COMPLy, la première étude du genre réalisée auprès de patients afin de quantifier le taux de non-observance des traitements antibiotiques à l'échelle internationale.
Site Internet : http://www.pfizer.com


