Greenlight Capital envoie une lettre à Natixis s'opposant à l'émission de droits
NEW YORK, August 19 /PRNewswire/ --
- Greenlight propose un plan alternatif
Greenlight Capital a envoyé la lettre suivante à Dominique Ferrero, PDG de Natixis, le lundi 18 août 2008.
18 août 2008 Dominique Ferrero PDG Natixis 45 Rue Saint-Dominique 75007 Paris France
Cher M. Ferrero,
Comme vous le savez, nous sommes actionnaires de longue date de Natixis.
Le 16 juillet 2008, Natixis a publié un communiqué de presse proposant une augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros avec droits préférentiels de souscription (la << Transaction proposée >>) afin de porter le ratio de capital Core Tier I de la société << au niveau de ceux des banques européennes les mieux capitalisées >>. Au cours actuel de l'action de Natixis, qui est d'environ 6 euros, la Transaction proposée conduirait à l'émission d'environ 600 millions d'actions, soit approximativement 50 % du nombre d'actions actuel. La véritable dilution de capital s'avérera probablement encore plus grande, étant donné la nécessité probable d'une remise de prix pour faciliter une transaction aussi grande sur le marché.
La Transaction proposée est extrêmement destructive pour la valeur de l'actif net (<< NAV >>) par action de Natixis, son bénéfice par action, sa valeur économique, et pratiquement toute mesure à prendre en considération pour évaluer l'action de Natixis. Les actionnaires ne devraient accepter une telle dilution qu'en dernier recours, lorsqu'il n'y a pas de véritable alternative. Il est clair que la Transaction proposée n'est pas dans l'intérêt des actionnaires de Natixis.
Natixis détient de nombreux actifs et opérations de valeur, qui lui donnent la capacité de considérer d'autres méthodes de levée de capital plus attrayantes pour les actionnaires, notamment en tenant compte du fait que ses actionnaires majoritaires, les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne (les << Banques mères >>), ont exprimé leur désir de prendre des mesures pour << restaurer la situation boursière de Natixis à un niveau cohérent avec sa valeur économique >>.
Nous estimons que Natixis aurait clairement meilleur intérêt à vendre une partie de ses 20 % d'intérêts CCI dans chacune des Banques mères (<< intérêt CCI >>) aux Banques mères (la << Transaction alternative >>).
Le bilan approximatif portant la valeur de l'intérêt CCI de Natixis est de 9,4 milliards d'euros au 31 mars 2008. Cependant, selon les règles de Basel II, qui sont punitives pour les intérêts de participation croisée, Natixis ne reçoit que 50 % (soit 4,7 milliards d'euros) en crédit de capital de Tier I pour son intérêt CCI. Donc, avec la Transaction alternative (et en supposant de façon prudente que Natixis ne reçoive aucune prime sur son bilan portant la valeur de l'intérêt CCI), pour chaque deux euros d'intérêt CCI vendus par Natixis, elle gagnerait un euro supplémentaire de crédit selon Basel II. Étant donné que les Banques mères ont fait part de leur volonté de soutenir Natixis dans la Transaction proposée, elles devraient accepter de fournir au moins 3,7 milliards d'euros de soutien à Natixis en achetant les CCI.(1) Au cas où Natixis requérrait un capital supplémentaire selon Basel II, les Banques mères pourraient acheter des CCI supplémentaires ou, sinon, Natixis pourrait prendre d'autres mesures moins drastiques ou dilutives, puisqu'une grande partie du besoin de capital serait déjà satisfaite.
En parfait contraste avec la Transaction proposée, la Transaction alternative serait neutre pour la valeur de l'actif net par action de Natixis, légèrement dilutive pour le bénéfice par action, et substantiellement neutre pour la valeur économique. Dans tous les cas, elle est supérieure à la Transaction proposée.
Il est important de souligner que la Transaction alternative n'affecte pas la stratégie de Natixis qui consiste à augmenter la distribution de ses produits dans les réseaux des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires ni, par ailleurs, sa capacité à exploiter pleinement le potentiel des réseaux des Banques mères. En fait, la Transaction alternative aiderait à réparer les dommages enregistrés au niveau des relations avec les clients des Banques mères qui ont souffert de grandes pertes en achetant les actions de Natixis. Parfaitement faisable et attrayante pour les actionnaires, la Transaction alternative est une application de la cinquième orientation du nouveau plan stratégique de Natixis, qui est une << Revue du portefeuille d'activités du Groupe dans la perspective d'arbitrages d'actifs en tenant compte des conditions du marché >>.
En ce qui concerne la situation boursière de Natixis, nous pensons que la Transaction alternative devrait être extrêmement bien reçue sur le marché, étant donné qu'elle apaiserait les craintes d'une dilution ou d'autres actions peu attrayantes pour les actionnaires et augmenterait de façon importante la flexibilité de Natixis pour résoudre à l'avenir ses soucis de capital de manière attrayante pour les actionnaires. Naturellement, la transaction mettrait aussi en évidence la valeur significative comprise dans l'intérêt CCI de Natixis (estimé à plus de 7 euros par action, à comparer à son cours actuel de 6 euros par action), qui n'est que l'un des nombreux actifs et opérations de valeur de la société.
Étant donné qu'il y a eu de nombreuses discussions au sujet du tort causé à Natixis et aux Banques mères par les pertes substantielles enregistrées par les clients des Banques mères lors de l'achat du capital de Natixis dans son offre publique initiale, nous estimons que tous les efforts possibles doivent être faits pour compenser ces pertes. Bien que la Transaction proposée cristalliserait effectivement ces pertes en diluant de façon permanente les actionnaires existants - notamment les particuliers qui ont peu de chance de souscrire -, nous pensons que la Transaction alternative entraînerait une augmentation substantielle de la valeur boursière de Natixis à court comme à long terme.
En nous entretenant avec vous fin juillet, nous fûmes surpris d'apprendre que Natixis n'avait même pas pris en compte une transaction telle que la Transaction alternative parce que, étant donné les conséquences punitives de la Transaction proposée, nous nous attendions à ce que vous ayez évalué et épuisé toutes les alternatives avant de vous engager dans une offre de droits détruisant la valeur permanente.
Nous sommes déçus de n'avoir reçu aucune communication de votre part depuis fin juillet et vous n'avez pas répondu à nos tentatives de suivi. Pour cette raison, et parce que nous pensons que la Transaction alternative est faisable et supérieure à la Transaction proposée, nous avons décidé de mettre cette lettre à la disposition du public pour élargir la discussion. Nous vous demandons de transmettre une copie de cette lettre à tous les décideurs de Natixis et des Banques mères.
Nous demeurons à votre disposition pour discuter de la Transaction alternative avec vous, vos conseillers ou les représentants des Banques mères qui souhaitent prendre part à une discussion constructive.
Salutations distinguées,
/s/ David Einhorn David Einhorn Président Greenlight Capital, Inc.
(1) Effectivement, les Banques mères se sont engagées à convertir les 2,5 milliards d'euros déjà fournis en actions ordinaires et à apporter 1,2 milliard d'euros supplémentaire de soutien en achetant toutes les actions non souscrites dans l'offre de droits proposée. Dans la Transaction alternative, les Banques mères accepteraient effectivement les CCI en échange des 2,5 milliards d'euros déjà fournis et achèteraient au moins 1,2 milliard d'euros supplémentaires de CCI plutôt que les actions ordinaires dilutives.


