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mercredi 8 octobre 2008 à 18h25

Le vote du Comité européen pour l'environnement menace l'industrie de l'aluminium européenne


BRUXELLES, October 8 /PRNewswire/ -- Le système européen d'échange de quotas d'émission (ETS) - une composante essentielle de la politique de l'Union européenne (UE) en matière de changements climatiques - pourrait anéantir la viabilité économique de l'industrie de l'aluminium européenne. Le Comité pour l'environnement du Parlement européen a reconnu l'impact de la répercussion des coûts du CO2 sur le prix de l'électricité (effets indirects) comme l'un des critères de fuite de carbone, en raison de son important effet négatif sur la compétitivité des industries à forte intensité énergétique. Il est par conséquent inexplicable que le Comité n'ait pas adopté de dispositions en faveur d'un mécanisme juridique en vue de résoudre ce problème.

Selon Patrick de Schrynmakers, Secrétaire général de l'Association européenne de l'aluminium (EAA), << l'Europe exportera les emplois tout en important les produits à forte intensité énergétique, sans aucun bénéfice pour l'environnement. Alors que le processus législatif se poursuit, l'EAA exhorte le Parlement et les États membres à protéger la durabilité de ce secteur important de l'économie européenne par le biais de l'attribution de certificats de référencement afférents aux émissions directes et à l'augmentation des coûts liés à l'électricité, y compris aux coûts issus de la production autonome. Le recyclage des métaux doit également être exclu afin d'atteindre les principaux objectifs environnementaux. >>

Bien que l'EAA accueille favorablement les dispositions prises en faveur de la libre répartition des quotas d'émission pour ce qui concerne les émissions directes, cela ne portera que sur une fraction des coûts imposés par l'ETS à l'industrie d'aluminium. Les impacts les plus importants proviendront des effets indirects des augmentations du prix de l'électricité, engendrés par la répercussion du coût des CO2 des générateurs d'électricité sur les prix de l'électricité. Ceci interviendra dans le contexte d'un marché de l'électricité dysfonctionnel dans lequel les obstacles à la concurrence ont déjà amené les prix à des niveaux prohibitifs.

Dans le secteur de l'industrie de l'aluminium, les effets indirects peuvent être jusqu'à six fois plus élevés que les effets directs ; or, l'électricité représente déjà 30 à 40 pour cent des coûts de production. Alors que leurs produits sont vendus sur des marchés à tarification mondiale, par l'intermédiaire de la Bourse des métaux de Londres, les entreprises d'aluminium sont dans l'incapacité de répercuter l'augmentation de ces coûts sur les prix de leurs produits. Cela reste vrai, que l'électricité soit achetée à des tiers ou produite de manière autonome. Le prix des quotas de CO2 devrait augmenter de manière substantielle par rapport à son prix actuel, en raison de la révision de l'ETS qui prévoit d'ambitieux objectifs de réduction après 2013, ce qui accroîtra encore le prix de l'électricité. Ces coûts, dont l'industrie de l'aluminium avait jusqu'à présent été protégée grâce à des contrats d'électricité à long terme, s'avèreront insupportables lorsque ces contrats arriveront à expiration.

En ce qui concerne les répercussions de ce projet de loi en aval, il est incompréhensible de proposer d'intégrer le recyclage des métaux dans l'ETS. L'industrie du recyclage des métaux, qui permet d'économiser la plupart des émissions d'énergie et de gaz à effet de serre lors de la production primaire, travaille avec des marges très serrées et est déjà soumise à d'importantes pertes en raison de pays comme la Chine ainsi que d'autres pays en voie de développement. Selon Patrick de Schrynmakers, << l'imposition d'un coût supplémentaire à l'industrie du recyclage de l'U.E pourrait la rendre non compétitive en augmentant les exportations de métaux déjà utilisés dont l'Europe a besoin pour atteindre ses objectifs environnementaux. >>

L'industrie européenne de l'aluminium soutient la directive d'échange de quotas d'émissions qu'elle considère comme le mécanisme de traitement des émissions de l'industrie le plus approprié, car un tel système peut renforcer la durabilité industrielle. À cet égard, l'Australie a proposé d'intégrer à son ETS des dispositions visant à préserver la compétitivité des industries à forte intensité énergétique. Toutefois, jusqu'à ce que l'UE adopte des dispositions similaires, il sera impossible pour l'industrie à forte intensité énergétique d'attirer les investissements nécessaires, ni même de poursuivre les opérations actuelles, encore moins d'investir dans la prochaine génération de technologies nécessaires pour réduire davantage encore les émissions, ce qui constituerait manifestement un signal négatif pour une industrie dont les nombreuses actions volontaires en faveur du climat resteraient totalement infructueuses. Les émissions de CO2 de l'industrie de l'aluminium ont été réduites de 10 % au cours des dix dernières années et, en 2005, les émissions de PFC ont été réduites de plus de 80 % par rapport aux niveaux de 1990. Le pourcentage total des émissions de gaz à effet de serre de l'aluminium européen a été réduit de 45 % entre 1990 et 2005.

EAA - European Aluminium Association AISBL.
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