|
Repères techniques sur la crise du "subprime"
Explication des termes techniques fréquemment utilisés pour parler de la crise
des crédits immobiliers à risque dits "subprime", à l'origine de la
débâcle sur les marchés financiers mondiaux cet été.
Crédits immobiliers
"subprime"
Le terme désigne des prêts immobiliers dits "à risque" car consentis
à des ménages à la solvabilité fragile et à des taux d'intérêt très élevés.
Depuis plusieurs mois, les taux d'emprunt ont augmenté et cela s'est accompagné
d'un baisse des prix de l'immobilier, notamment en raison d'une contraction de
la demande, diminuant d'autant "l'effet richesse" des ménages.
Cette conjonction d'événements a rendu nombre de ménages incapables de
rembourser leurs emprunts, mettant en danger les établissements de crédit.
Crédits immobiliers hypothécaires, dits
"mortgage"
C'est le type de crédit immobilier utilisé dans les pays anglo-saxons. Il se
distingue de l'emprunt tel qu'on le pratique en France car il suppose que le
bien acheté à crédit est hypothéqué.
Propriété du créancier, il constitue alors une garantie qui permet au ménage de
souscrire d'autres crédits, à la consommation généralement, ce qui permet de
stimuler l'économie.
En France, un système de prêt hypothécaire, dit "hypothèque rechargeable",
a été introduit cette année mais de façon discrète.
Avec le système du "mortgage", le pouvoir d'achat des ménages est
très largement dépendant de la valeur de leur bien immobilier. En cas de
ralentissement et plus encore de retournement du secteur, comme c'est le cas
aux Etats-Unis depuis plusieurs mois, l'"effet richesse" se contracte
et peut se propager au reste de l'économie via un ralentissement de la
consommation.
Fonds d'investissement
Ces sociétés ont pour objet d'investir sur différents marchés, avec divers
degrés de risques financiers. Parmi eux, les "hedge funds" (fonds
spéculatifs) sont spécialisés dans les investissements risqués, et certains ont
choisi d'investir dans le juteux marché des "subprime".
Les établissements qui ont consenti des prêts "subprimes" ont en
effet transformé les crédits en "titres financiers" (titrisation), de
façon à pouvoir les vendre sur les marchés.
En raison du retournement du marché immobilier américain, les titres dérivés
des subprimes ne trouvent plus preneurs. Ceux qui acheté ces titres, les
"hedge funds" notamment, font donc aussi les frais de la crise. La
faillite ou le gel de plusieurs d'entre eux a affolé les marchés.
Liquidité
C'est le concept central de la finance. La liquidité d'un actif mesure son
caractère aisément négociable, à l'achat ou à la vente, sans frais trop
importants et en toutes circonstances.
Valeur liquidative
C'est l'estimation de la valeur d'un fonds, obtenu en divisant son actif net
par le nombre de part qui le compose. Cette valeur est établie quotidiennement,
voire dans certains cas sur base hebdomadaire. Jeudi, BNP Paribas a annoncé la
suspension du calcul de la valeur liquidative de trois de ces fonds en raison
de la crise du subprime.
Crise de liquidité
Une crise de liquidité survient si des agents économiques, ayant besoin de
ressources liquides, doivent vendre prématurément des actifs peu liquides dont
le prix chute alors. On peut envisager :
- des ménages ayant un excès d'endettement ou des banques ayant saisi des
garanties hypothécaires devant vendre des actifs immobiliers ;
- des fonds d'investissement, des investisseurs institutionnels, faisant face à
des retraits des épargnants parce que leurs performances sont très mauvaises ;
- des entreprises surendettées, devant vendre des actifs, des participations.
Les actifs sont soit structurellement illiquides (immobilier, CLOs, fonds de
hedge funds, CDOs, private equity, grosses participations dans des
entreprises), soit peuvent le devenir en cas de crise s'il n'y a plus de
vendeurs.
Intervention des banques centrales
La Réserve fédérale américaine (Fed) ou la Banque centrale européenne (BCE)
agissent essentiellement via leur taux d'intérêt directeur, qu'elles peuvent
abaisser pour stimuler l'économie ou au contraire relever pour juguler
l'inflation. Les taux d'intérêt consentis aux banques puis aux particuliers
suivent le mouvement.
Les banques centrales peuvent aussi retirer ou injecter de l'argent sur les
marchés pour rééquilibrer la quantité d'argent frais disponible et tenter
d'éviter des krachs financiers. BCE, Fed et Banque du Japon interviennent à
répétition depuis jeudi dernier.
|