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La mise en Bourse
de Bureau Veritas se fait sur des ratios de valorisation généreux, qui
va sans aucun doute faire le bonheur de ses propriétaires, de ses
dirigeants et de ses salariés.
Les futurs actionnaires minoritaires, en revanche, sont dans une situation un peu moins enviable.
Sur la base d'un prix médian de 35,1 euros par action Bureau
Veritas, et en prenant en compte une croissance du résultat net de 17%
par an, soit le milieu de fourchette annoncée par la société, le titre
affiche un multiple de résultat 2008 de 18,4, digne d'une valeur de
croissance, mais offrant à peine une légère décote par rapport au
leader mondial du secteur, le suisse SGS, dont le titre affiche un PER
2008 de 19,1 pour une rentabilité supérieure. Certes, Bureau Veritas affiche de grandes ambitions: doubler
de chiffre d'affaires à l'horizon 2011, améliorer le niveau de marge
d'exploitation de 150 points de base à périmètre constant, pour
atteindre un objectif de croissance du résultat net compris entre 15%
et 20%. Une actualisation des flux de trésorerie disponible avec un
coût moyen pondéré du capital de 7,9% et une croissance à l'infini de
2% fait ressortir une valeur d'entreprise de 3,69 milliards d'euros,
selon les calculs de Dow Jones Newswires. Retraitée de la dette nette de 624 millions d'euros au 31
août, la valeur des fonds propres de Bureau Veritas serait de 3,07
milliards d'euros, ou 27,7 euros par titre. Cette valeur se situe en-dessous de la fourchette de l'offre
aux investisseurs, mais en plein dans la fourchette de l'offre faite
aux salariés et à certains managers du groupe - qui a été fixée entre
26 et 30,20 euros - représentant une décote de 20% sur le prix de
l'offre. Outre la cession des 20% de Bureau Veritas, Wendel et des
dirigeants sont fortement intéressés à l'opération, par le biais du
fonds Winvest 7. Le prix de revient de leurs actions Bureau Veritas est
de 17,89 euros, ce qui leur laisse espérer une confortable plus-value
financière si le placement se fait dans les conditions indiquées mardi.
Cette rémunération est certes justifiée par le travail
accompli à la tête de Bureau Veritas, qui a réussi à se hisser parmi
les plus grands acteurs de la certification dans le monde. Toutefois, les futurs actionnaires minoritaires du groupe,
appelés à participer à la poursuite de l'aventure, risquent de répondre
plutôt mollement à l'invitation.
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