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«Tout
repli du CAC 40 au-dessous du seuil de 5 200 points serait un signal
baissier fort», avançaient cette semaine les spécialistes de l'analyse
technique. L'un des moyens de continuer à encaisser des gains en
Bourse, même dans un marché baissier, consiste à spéculer à la baisse
sur les actions ou les indices. Cet exercice à très haut risque est
réservé aux adeptes du service à règlement différé (le SRD), qui a
succédé au marché à règlement mensuel (le RM). Pour
ceux qui voudraient s'y adonner, le SRD permet de vendre à échéance du
mois boursier cent quarante et une valeurs - dont vingt-deux étrangères
- suffisamment liquides, d'une capitalisation boursière supérieure à 1
milliard d'euros à l'admission, ainsi que quelques trackers reflétant
l'évolution des indices. Si la tendance est effectivement baissière sur
les titres choisis, on rachètera à terme sa position dès que la baisse
aura atteint le niveau voulu. Les deux ordres sur le SRD se solderont
au terme du mois boursier et le gain (ou la perte) sera porté sur le
compte titres. Les banquiers qui autorisent leurs
clients à intervenir sur le SRD interdisent la plupart du temps les
ordres de vente à découvert (non précédés d'un achat). Les
amateurs de SRD n'ont donc souvent d'autre choix que d'ouvrir un compte
chez un courtier en ligne. C'est là que se retrouvent les spécialistes.
Fortuneo estime qu'environ 25 % de ses clients passent au moins un
ordre par an sur le SRD ; chez B!X?@!, 30 % des ordres transitent
par le SRD. Quelle que soit la tendance du marché, le succès du
règlement différé ne se dément pas. En effet, le client peut ainsi
utiliser un effet de levier très attrayant (voir encadré) et passer un
ou plusieurs ordres représentant jusqu'à 5 fois la somme disponible.
Les day traders, souvent des professionnels agissant pour leur propre
compte, enchaînent facilement une vingtaine d'ordres quotidiens car les
positions débouclées dans la journée sur le SRD n'occasionnent pas de
commissions, hormis les frais de courtage. Test de connaissances obligatoire «Les
traders actifs ne sont pas les seuls à spéculer sur le SRD. On trouve
des clients affairés sur tous nos types de forfaits», explique Pascal
Donnais, directeur du marketing de Fortuneo. «Ce sont plutôt des hommes
entre 35 et 55 ans», remarque David Langlois, directeur du marketing de
!X?@!. «Une fois qu'on y a goûté, on revient rarement en arrière»,
reconnaît-on chez Bourse Direct. Depuis la mise
en place de la directive Mifin, les courtiers sont tout de même obligés
de vérifier que leurs nouveaux clients sont au courant des risques
encourus via le test de connaissances obligatoire. A l'ouverture d'un
compte, une réponse positive aux questions «connaissez-vous les règles
du SRD?» ou encore «avez vous déjà passé des opérations en SRD?» ouvre
les portes de la spéculation. Inversement, indiquer, chez Fortuneo par
exemple, que l'on est néophyte sur le SRD interdit les transactions sur
ce marché jusqu'à une prochaine déclaration. Dans
tous les cas, l'accès du client a toutes les chances d'être restreint
au début. Bourse Direct limite au départ l'effet de levier autorisé à
3, puis le revoit à la hausse jusqu'à 5 dans les trois ou quatre mois
qui suivent si aucun problème n'est survenu. Fortuneo et !X?@!
disent autoriser d'emblée un effet de levier de 5 si le client déclare,
et insiste, qu'il a la capacité de gérer ses positions. Mais le numéro
un du courtage en ligne prend aussi la précaution d'afficher, lors de
la passation d'un ordre sur le SRD, une fenêtre contenant un
avertissement sur les risques encourus et un accès à des informations
utiles. Les avertissements sont également pressants
si la position du client s'affiche perdante au-delà du dépôt de
garantie. D'abord, un mail ou un Texto avertit le client d'un appel de
marge (il doit soit augmenter son dépôt, soit solder ses positions et
prendre sa perte), qu'il faut «honorer» dans les vingt-quatre heures
faute de quoi les courtiers liquident d'autorité les positions pour
récupérer leur dû. Non seulement le SRD est un
exercice risqué, mais il peut aussi coûter cher car l'effet de levier
démultiplie les montants investis, les gains et les pertes éventuels
ainsi que les frais (voir exemples). Emotions fortes garanties Aux
frais de courtage classiques (entre 0,1 et 0,4 % selon la taille de
l'ordre et le forfait), qui jouent une fois à l'achat, une fois à la
vente, s'ajoute la commission de SRD (0,023 %* pour les forfaits
classiques). Mais attention, ce taux s'applique quotidiennement jusqu'à
ce que la position soit débouclée, sauf chez Fortuneo pour le forfait
éco, qui propose une commission forfaitaire de 0,18 %* quelle que soit
la durée de la position. Au terme du mois boursier,
si le client proroge sa position, comme le permet le SRD, il lui faudra
payer, outre la commission de SRD, une commission mensuelle de report
de 0,6 à 0,24 %* habituellement et même de 0,18 % chez !X?@! pour
les forfaits «traders actifs». A noter que son concurrent Fortuneo
propose, lui, une offre trader «300 ordres par mois» sans frais de
report. Reporter une position peut donc se
révéler très coûteux. Selon la taille des ordres, avec l'effet de
levier maximal on peut atteindre très vite de 5 à 10 % du montant du
compte titres. C'est pourquoi il vaut mieux déboucler rapidement ses
positions sur le SRD, quitte à prendre ses pertes ou à s'avouer moins
chanceux qu'on ne l'espérait. Les courtiers en
ligne surveillent d'ailleurs leurs clients de près. «C'est un outil
puissant, nous avons des clients jeunes et si nous constatons une pente
négative, nous leur téléphonons. Notre intérêt n'est pas de les voir
tout perdre au bout de quelques semaines, mais d'avoir des clients qui
durent», explique-t-on chez !X?@!. Les clients du leader du
courtage en ligne profitent aussi du fait que !X?@! est également
une banque. Il est ainsi plus facile de répondre aux appels de marge
par le débit immédiat du compte bancaire !X?@! ou en utilisant la
carte Visa d'une autre banque * Frais minimaux. Deux stratégies de vente à la loupe Exemple n° 1 Je
dispose d'un compte titres en cash de 4 000 euros avec un effet de
levier autorisé de 4 sur le SRD. Le 8 janvier, je parie à la baisse sur
Danone qui touche un plus-haut de 64 euros car je crois au recul des
défensives. Le 14 janvier, l'action atteint 58 euros en séance, le
scénario s'est déroulé comme prévu, je solde ma position. Au terme du
mois boursier, j'encaisse la différence moins les frais. Le 8 janvier 2008Vente sur le SRD: 250 Danone à 64 euros Le 14 janvier 2008Achat sur le SRD: 250 Danone à 58 euros Gain brut 1 500 Euro(s) Frais payés au courtier Bourse Direct (forfait Platinium)80,66 Euro(s) !X?@! (forfait Trader)93,20 Euro(s) Fortuneo (forfait Eco) 83,70 Euro(s) Gain net+/- 25 % chez les 3 courtiers Exemple n° 2 Même
dépôt en cash et même effet de levier. Le 14 décembre, Danone recule
avec le marché. Je parie sur la poursuite de la baisse. Le scénario ne
se déroule pas comme prévu. Les défensives résistent et Danone n'en
finit pas de monter. Je tiens ma position et paie la commission de
report, convaincu que le marché finira par baisser, je profite d'un
retour à 58 euros pour solder ma position. Le 14 décembre 2007Vente sur le SRD: 250 Danone à 58 euros Le 14 janvier 2008Achat sur le SRD: 250 Danone à 58 euros Gain brut 0 Euro(s) Frais payés au courtier Bourse Direct (forfait Platinium)192,99 Euro(s) !X?@! (forfait Trader)224,46 Euro(s) Fortuneo (forfait Eco) 171,82 Euro(s) perte nette- 5,6 % chez !X?@! - 4,8 % chez Bourse Direct - 4,3 % chez Fortuneo Dates de liquidation pour 2008 Vendredi 25 janvier Lundi 25 février
Mardi 25 mars Jeudi 24 avril Lundi 26 mai Mardi 24 juin Vendredi 25
juillet Lundi 25 août Mercredi 24 septembre Lundi 27 octobre Lundi 24
novembre Mardi 23 décembre La Bourse à crédit En libellant votre ordre de Bourse «avec service de règlement différé», vous
ne paierez les titres achetés ou vous ne livrerez les titres vendus
qu'à la fin du mois. Ce n'est possible ni au sein d'un PEA, ni dans le
cadre d'un club d'investissement et, fiscalement, l'opération fait
tourner le compteur des cessions annuelles (si elles dépassent 25 000
euros, la plus-value nette sera imposée à 29 % taxes incluses). Il faut
régler un courtage plus élevé pour rémunérer l'intermédiaire qui avance
les fonds en cas d'achat ou les titres en cas de vente. En outre, le
courtier, s'il accepte l'ordre avec SRD, demandera un dépôt de
garantie. Cette couverture sera au minimum de 20 % si elle est
constituée de liquidités ou de sicav monétaires, de 25 % au moins si
elle est composée d'obligations d'Etat ou privées ou de sicav
obligataires, et même de 40 % au minimum si la garantie est apportée
sous forme d'actions, actif volatil qui présente de moindres garanties.
Selon les cas, l'effet de levier sera donc de 5, 4 ou 2,5. Si vous utilisez un effet de levier maximal de 5,
vous pourrez miser par exemple 5 000 euros en ne disposant que de 1 000
euros. Si le gain est de 10 %, soit 500 euros, il représentera 50 % de
la mise réelle. Mais attention: cet effet de levier joue dans les deux
sens. Une moins-value de 20 % suffit à faire perdre la totalité de la
mise. En cas de perte latente, il peut être tentant de proroger la
position le mois suivant, si l'on espère se refaire. La décision de
déboucler (par exemple en rachetant les titres initialement vendus) ou
de reporter doit être prise au plus tard le jour de la liquidation
(voir les dates ci-contre). Le report, soumis à l'accord du courtier,
entraîne des frais spécifiques. J.-L. C.
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