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ne
rien faireFaut-il réagir par l'agitation lorsque l'effervescence est à
son comble ? Rien n'est moins sûr. Warren Buffett, l'un des
investisseurs les plus avisés, a bâti sa réussite sur des convictions
de long terme et la détention durable des mêmes titres. L'investisseur
effrayé qui quitte les marchés financiers pendant les coups de torchon
rate souvent les rebonds ou les meilleurs moments des phases
haussières. Il risque donc de pénaliser sa performance de long terme.
Pour que la tactique de l'attente soit payante, mieux vaut disposer
d'un portefeuille mature, avec des lignes à fortes plus-values,
accumulées sur de nombreuses années. Il en
existe plus qu'on ne le croit : treize sociétés présentes dans le CAC
40 depuis sa création, il y a vingt ans, affichent une performance
moyenne supérieure à 10% par an (lire Le Revenu no 950 du 21 décembre
2007). - Visualisez les indices à 5 ansSi vous voulez retrouver de la
sérénité dans les moments difficiles, remettez-vous sous les yeux les
courbes des indices actions ou de vos grandes valeurs favorites sur
cinq, voire dix ans. Ce geste simple aura le mérite de relativiser les
turbulences de ces derniers mois. Par exemple, si vous avez répliqué
l'indice parisien depuis le 15 janvier 2003 à travers un tracker CAC
40, votre performance s'élève encore à près de 70%, alors que la
période, certes globalement favorable, a connu plusieurs replis brutaux. effectuer
des arbitrages simplesDans les turbulences baissières, la Bourse semble
massacrer sans discernement toutes les sociétés. En réalité, certains
segments de la cote souffrent moins, et quelques valeurs parviennent à
tirer leur épingle du jeu. Sans vous livrer à des opérations
chirurgicales trop sanglantes sur votre portefeuille, il n'est jamais
trop tard pour en corriger petit à petit l'exposition exagérée aux
bourrasques. Dans ce sens, privilégiez les valeurs dites 'défensives'
ou 'refuges', surtout quand elles servent un dividende solide, par
opposition aux sociétés cycliques exposées au ralentissement de la
conjoncture. Élargissez aussi votre horizon
géographique : l'an dernier, des valeurs allemandes, cotées en euros et
relativement faciles d'accès, ou des fonds investis dans des pays
émergents, vous auraient ainsi permis de compenser les déceptions des
grandes valeurs françaises. En plus de ces deux types de
diversification, vérifiez que votre portefeuille est en phase avec les
grandes tendances : il est encore plus difficile de 'jouer contre le
marché' dans les périodes de turbulences. Actuellement, les grandes
capitalisations sont privilégiées pour leur liquidité et cela conduit à
sacrifier les petites et moyennes valeurs. Il faut en tenir compte.
Enfin, à travers des certificats, des fonds spécialisés ou des titres
de sociétés, vous pouvez consacrer jusqu'à 10% de votre portefeuille à
des actifs liés à l'or, aux mines, au pétrole ou aux matières premières
agricoles, dont les prix sont orientés à la hausse. C'est un élément
trop souvent négligé de la répartition des actifs financiers que Le
Revenu recommande et que vous trouvez dans chaque numéro du mensuel. -
Faites un peu de ménage dans votre portefeuille N'attendez
pas la prochaine crise pour apporter les corrections les plus urgentes
à la répartition actuelle de vos valeurs. Même si cela vous conduit à
faire des sacrifices. Commencez par alléger vos positions sur la
distribution spécialisée et la consommation non alimentaire pour vous
renforcer dans les services aux collectivités, l'énergie, les télécoms,
dont le modèle économique est moins sensible à la conjoncture. Petit à
petit, faites que votre portefeuille soit moins franco-français et
petites capitalisations. se protéger des baisses
excessivesSi vous redoutez les séances consécutives de forte baisse qui
ruinent les meilleures plus-values et le sommeil, recourez à l'ordre de
vente à seuil de déclenchement. Il s'active dès qu'un seuil à la baisse
défini à l'avance est atteint. Ce type d'ordre permet donc de se
protéger d'une chute excessive, au lieu d'y assister sans réagir et de
constater des dégâts parfois très longs à réparer. Les décrochages
brutaux de titres comme Alstom, EADS ou PPR fournissent des exemples
récents d'application. L'avantage de s'obliger à vendre à partir d'un
certain seuil à la baisse est aussi de rendre mécaniquement plus
liquide votre portefeuille, donc de limiter vos risques et d'accumuler
les disponibilités. Attention toutefois, il y a aussi un inconvénient,
celui de manquer un éventuel rebond de la valeur vendue au moment de sa
descente. Mais votre tranquillité d'esprit et vos futurs gains peuvent
être à ce prix. - Le cas AlstomSupposons qu'attiré par sa hausse de 40%
en deux mois, vous ayez acheté le titre Alstom à 125 euros en juillet
dernier. Fin octobre début novembre, autour de 160 euros, vous aviez
une plus-value potentielle de 28%. En passant un ordre à seuil de
déclenchement à 148 euros, soit 7,5% en dessous de ce niveau, vous
auriez alors sécurisé une grande partie de votre plus-value : le cours
a sévèrement chuté une première fois à 133 euros, le 19 novembre, et
une seconde fois à 120 euros, au début de janvier. pratiquer
une gestion active de court termeSi votre tempérament et le temps dont
vous disposez le permettent, vous pouvez tirer parti de l'augmentation
de la volatilité. Plus marqués et plus fréquents, les écarts de cours
multiplient les points d'achat et de vente sur un même titre, lorsque
celui-ci se met à osciller au sein d'un canal. Cette gestion active
suppose de bien connaître la valeur, de suivre au jour le jour son
évolution, mieux, de pouvoir réagir au quart de tour, ce que seul
permet le passage de ses ordres par Internet. Les allers-retours
tactiques n'excluent pas les moments de pause ou d'attente. Si vous ne
réinvestissez pas tout de suite le fruit de vos cessions, vous pouvez
faire rémunérer vos liquidités. Sur un compte-titres ordinaire,
recourez à des sicav monétaires régulières (plus de 3% net annuels),
sur un PEA à des fonds monétaires PEA (2%) et sur un contrat
d'assurance vie multisupport revenez sur le fonds en euros (4%). -
Identifiez les points d'entrée et de sortie d'un canalDepuis l'été
dernier, le titre Essilor International évolue dans un canal baissier
compris entre 47 et 40 euros, au sein duquel il a effectué un parcours
haussier de plus de 7% à quatre reprises. Si vous suiviez de près la
valeur, vous pouviez programmer un ordre d'achat sur la résistance
(42,50 puis 40,50) puis un ordre de vente à l'approche du support
correspondant (45,50 puis 44 euros). accompagner la
tendance baissière Dans les phases de baisse de la Bourse, on peut
aussi gagner de l'argent ! L'offre en produits dérivés permettant de
'vendre le marché' est abondante et variée. Les plus simples sont les
certificats et les trackers qui évoluent à l'inverse d'un indice. Plus
celui-ci baisse, plus votre position progresse. Des produits plus
sophistiqués permettent même d'amplifier le mouvement par un effet de
levier. Si, au-delà d'un indice de marché, vos craintes de baisse se
portent sur telle ou telle valeur, vous pouvez aussi recourir à des
puts warrants qui donnent le droit de vendre plus tard à un cours
défini. Mais à la différence du certificat ou du tracker, ces options
de vente présentent des contraintes plus complexes (prix d'exercice,
durée de vie limitée) et sont d'un maniement réservé aux boursiers
expérimentés. - Un certificat 100% Bear Les
circonstances sont favorables pour faire un premier achat de certificat
baissier, comme le 100% Bear CAC 40 de la Société Générale [code
mnémonique 3712S]. Bien sûr, le résultat dépendra surtout de la
tendance à court terme, et l'opération ne sera efficace que si l'indice
baisse fortement sur la période prévue. En cas de rebond, elle amputera
la performance du portefeuille resté exposé. Mais vous pouvez toujours
limiter ce risque en ne consacrant que 10% de votre actif au scénario
négatif de marché.
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