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L'INQUIÉTUDE
grandit chez les épargnants. Dans de nombreux établissements, les
clients téléphonent, s'informent et parfois retirent leurs capitaux des
marchés d'actions. C'est dans les petites sociétés de gestion qui, à
l'instar de Richelieu Finance, ont bâti leur réputation sur les petites
et moyennes valeurs françaises, que cette inquiétude est la plus forte.
Il est vrai que, sur ces titres, souffle en Bourse un vent de panique
et que les performances des gérants en souffrent. À la Financière de
l'échiquier, les clients ont retiré environ 400 millions d'euros depuis
le début de l'année, pour 5,8 milliards de capitaux sous gestion.
Tocqueville Finance annonce 200 millions d'euros de retraits sur
3,5 milliards gérés. Même les sociétés moins connues ne sont pas
épargnées. À la Financière de Champlain, par exemple, les rachats
représentent environ 5 % de l'encours des fonds. En revanche, certains
gérants plus tournés vers l'international, comme Carmignac, sont moins
touchés. Les rachats que supportent certains fonds risquent-ils de
les déstabiliser ? Les gérants n'y croient pas. « Nous avons l'habitude
de gérer des rachats, et nous sommes capables de les supporter. C'est
justement pour y faire face que nous gardons en permanence 20 % de
liquidités dans nos fonds, et que nous veillons à pondérer presque à
égalité tous les titres en portefeuille, parmi lesquels d'ailleurs on
trouve aussi des grandes valeurs », souligne Didier Le Ménestrel,
président de la Financière de l'échiquier.
Trop tard pour vendre Même
réaction à la Financière de Champlain, ou chez Tocqueville, qui a
adressé hier à ses clients un communiqué où il rappelle ses grands
principes de gestion. « Une valeur ne représente jamais plus de 5 %
d'un fonds », note Philippe Lepargneur, directeur général de la société
de gestion. Une manière de se différencier de Richelieu Finance, qui
n'hésite pas à aller jusqu'au bout de ses convictions en accordant un
poids important à ses valeurs préférées. « Il est de toute façon
trop tard pour vendre. Il fallait le faire plus tôt, ou il faut
attendre encore un mois ou deux », rappelle Jean-François Descaves,
président de la Financière de Champlain. En Bourse, en particulier sur
les petites et moyennes valeurs, les gérants assistent aujourd'hui à
une braderie généralisée, qui touche tous les titres sans distinction.
« Quand la peur se sera calmée, on s'apercevra que certaines valeurs
offrent une très belle visibilité et ne seront pas touchées par le
ralentissement économique », assure Jean-François Descaves. Un avis que
partage François Badelon, un des gérants d'Amiral Gestion. « C'est dans
ces périodes que l'on peut faire de bonnes affaires, si l'on est
courageux », explique-t-il. Mais beaucoup de gestionnaires restent,
aujourd'hui encore, prudents en ce qui concerne les petites et moyennes
capitalisations. « En revanche, sur les grandes valeurs, les épargnants
qui ont des liquidités à investir vont pouvoir faire de belles
opérations », observe Cyril Lureau, directeur général délégué d'Avenir
Finance. Le spectre du krach de 2000-2002, qui hante encore beaucoup
d'épargnants, n'est en tout cas peut-être pas la bonne référence.
« Aujourd'hui, le problème ne vient pas, comme à l'époque, de la
valorisation des titres. C'est simplement une crise financière. Et
lorsqu'elle sera terminée, le marché retrouvera les cours de l'été
2007 », estime Didier Le Ménestrel.
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