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50 %
Soldes - 50 %
Le recul des marchés s'est amplifié ces dernières semaines... au point que plusieurs belles
entreprises sont désormais bradées. Nous en avons sélectionné dix qui méritent
d'être placées en portefeuille, leurs qualités et perspectives se reflétant mal
dans leur valorisation actuelle.
C'est bien connu, la Bourse finit
toujours par brûler ce qu'elle a adulé! La saignée dont sont victimes de nombreuses
valeurs depuis quelques mois en témoigne. Et, ces dernières semaines, le
phénomène s'est accentué. Qu'on en juge... Depuis le 1er janvier, des
entreprises aussi belles que Delachaux, Derichebourg, Hermès International,
Manitou ou encore Ubisoft, pour ne citer que celles-là, ont abandonné plus de
20 %!
Baisse des prix
Les sujets d'inquiétude quant aux perspectives de l'économie et
des marchés se sont multipliés ces derniers mois: conséquences de la crise
financière pour les banques et l'économie, ampleur du ralentissement économique
américain, risque de propagation au reste du monde, robustesse de la croissance
des pays émergents, ampleur des révisions en baisse des bénéfices des
entreprises pour 2008? Autant de questions et d'incertitudes qui conduisent les
investisseurs à réduire leurs positions. Vingt-cinq milliards d'euros ont ainsi
été retirés des fonds actions en Europe depuis le 1er janvier. En France,
certaines sociétés de gestion réputées subissent des retraits massifs de
capitaux depuis plusieurs mois... et sont contraintes de vendre, quel que soit
le prix, les valeurs en portefeuille. Moins les titres sont liquides, plus
forts sont les décalages de cours induits par ces sorties. C'est ce qui
explique notamment l'ampleur de la correction intervenue sur les valeurs
moyennes. Depuis le 1er janvier, alors que le CAC 40 n'a abandonné que 3,75 %,
les indices reflétant le parcours des petites et moyennes valeurs ont reculé de
10 à 11 %, après une année 2007 au terme de laquelle elles avaient déjà affiché
une performance inférieure de 3 à 4 points à celle du CAC 40!
Pourtant, tout a un prix. Comme le rappelle le célèbre
investisseur américain Warren Buffett, «la raison la plus fréquente des baisses
de prix [Ndlr: le cours des actions] est le pessimisme soit généralisé, soit
spécifique à une compagnie ou à une industrie. Nous voulons faire des affaires
dans un tel environnement non parce que nous aimons le pessimisme mais parce
que nous aimons les prix qu'il génère». En d'autres termes, c'est en achetant dans
les périodes au cours desquelles les investisseurs broient du noir que l'on
réalise les investissements qui seront finalement les plus rentables. Mais le
plus difficile dans cet environnement est de ne pas se laisser influencer par
les avis parfois divergents des experts sur la façon dont pourrait évoluer la
Bourse dans les prochains mois, pour se consacrer uniquement à l'étude et à
l'analyse des entreprises dans lesquelles on souhaite investir.
Investir à long terme
Bien sûr, la crainte légitime de tout investisseur prêt à
renforcer ses positions en Bourse est que la correction générale ne soit pas
encore terminée. Mais il faut bien comprendre qu'on n'achète jamais au plus
bas. Lorsqu'on investit pour plusieurs années, le plus important est d'acquérir
des titres d'entreprises de qualité à un prix raisonnable. N'oubliez jamais
que, «à court terme, le marché est une machine à voter, mais, à long terme,
c'est une machine à peser». Le prix des actions finira toujours par rejoindre
la valeur de l'entreprise, même si, à court terme, il faut psychologiquement se
préparer à affronter des variations du cours des actions parfois importantes.
Mais ces dernières ne modifient en rien la valeur des entreprises
sous-jacentes.
C'est dans cet esprit que la rédaction de a réalisé le
présent dossier, en recherchant, parmi les entreprises le plus fortement
sanctionnées en Bourse ces derniers mois (certaines ont parfois abandonné plus
de 50 % par rapport à leur plus-haut atteint en 2007), celles dont les
perspectives sont les plus séduisantes et dont la valorisation est revenue à un
niveau raisonnable. Concrètement, au sein des entreprises du SBF 250, nous
avons sélectionné les sociétés dont le cours de l'action a connu le plus fort
repli depuis trois mois, qui présentent le plus faible multiple de
capitalisation des bénéfices et qui affichent le rendement le plus élevé. Parmi
ces entreprises, nous en avons sélectionné dix dont la valorisation est en
moyenne aujourd'hui 25 % inférieure à celle du marché et au sujet desquelles
nous avons les convictions les plus fortes
10 belles affaires à prix cassés
Leur cours a dévissé de 30 à 48 % depuis leur plus-haut de 2007,
leur valorisation est 25 % inférieure à celle du marché et leur rendement 40 %
plus élevé... Alors, pourquoi s'en priver?
- 30
Dexia
Petit retour en grâce
Les déclarations du directeur financier
de Berkshire Hathaway (société appartenant au milliardaire américain Warren
Buffett) confirmant qu'il n'excluait pas d'investir dans un assureur monoline
ont crédibilisé les propos du patron de Dexia. Non pas qu'on s'attende à ce
qu'Axel Miller lui cède sa filiale FSA, active dans les métiers du rehaussement
de crédit (sorte de garantie pour les souscripteurs de certaines obligations)
aux Etats-Unis, mais plutôt parce que l'intérêt soudain de Warren Buffett
montre bien qu'il y a beaucoup d'argent à gagner dans cette branche, qui
représente 10 à 15 % des bénéfices de Dexia.
Or c'est ce que s'évertue à expliquer depuis plusieurs mois Axel
Miller. Il soutient que les dépréciations de FSA sont purement comptables et
qu'il n'a pas enregistré de pertes dues aux subprimes. Il affirme aussi que
l'activité de FSA, qui a vu son «triple A» confirmé, n'a jamais été aussi forte
car ses concurrents perdent du terrain. «La part de marché de FSA est
habituellement de 25 %, mais, en ce qui concerne la production nouvelle, elle
est passée à environ 50 %», note Dirk Peeters, analyste chez KBC. Dexia peut
choisir les meilleurs dossiers avec de meilleures marges. «Même si cela ne
durera pas éternellement, la filiale engrange pour l'instant des profits pour
les années à venir», constate-t-il. Il table sur un bénéfice récurrent (hors
dépréciations) de 2,4 milliards d'euros au titre de 2007. De quoi augmenter,
comme promis, le dividende de 10 %, ce qui assure un rendement de 5 % environ,
en attendant des jours meilleurs M.-J. P.
Notre conseil A 8,8 fois les bénéfices 2007
estimés, l'action n'a jamais été aussi bon marché. Acheter autour de 17 euros
- 35 %
GL Trade
Rendement appréciable
Les éditeurs de logiciels ne sont pas en
odeur de sainteté en Bourse. Pas étonnant, donc, que le titre GL Trade, dont
les principaux clients sont des banques et des institutions financières, ait
dévissé de plus de 35 % depuis son plus-haut de 2007. Cette sanction nous
paraît toutefois exagérée. Au cours actuel, le titre ne capitalise en effet que
11 fois le bénéfice estimé pour 2007, niveau de valorisation historiquement bas
pour cette société qui a affiché ces dernières années une croissance moyenne de
son activité de plus de 10 %. Pour 2007, elle a confirmé, lors de la
publication de son chiffre d'affaires sur neuf mois, la prévision d'une
progression de 5 à 6 % de sa croissance interne à taux de change constant. De
quoi rassurer les investisseurs dans un contexte de marché peu engageant.
En tout cas, les résultats devraient suivre et le dividende
également. La société, dont le principal actionnaire n'est autre que Nyse
Euronext, distribue généralement la moitié de ses bénéfices. Le dividende
pourrait s'élever cette année à 1,24 euro, offrant un rendement appréciable de
4,5 %. Enfin, le rapprochement entre Euronext et le New York Stock Exchange a
relancé les spéculations sur une cession de cet actif peu stratégique pour Nyse
Euronext. Le timing d'une telle opération est certes difficile à anticiper,
mais, le jour venu, les candidats à un éventuel rachat de GL Trade ne devraient
pas manquer X. D.
Notre conseil Au cours actuel, les risques sont
limités dans une optique à moyen terme
- 38 %
Imerys
Croissance régulière
Quasi continue depuis plus de dix ans,
la hausse du titre du spécialiste des minéraux industriels s'est interrompue en
juillet 2007. En cause: les craintes de ralentissement de l'économie américaine
et, surtout, la crise du secteur de la construction. D'autant que la faiblesse
du dollar reste un problème, les comptes étant convertis en euros. Au cours des
neuf premiers mois de l'exercice 2006-2007, le chiffre d'affaires a été amputé
de 71,2 millions d'euros, ce qui a conduit certains analystes à revoir légèrement
à la baisse leurs prévisions de résultats. Cependant, le repli, qui atteint 35
% depuis les sommets de l'été, semble exagéré: 20 % seulement des facturations
sont réalisées outre-Atlantique et à peine 5 % le sont dans le bâtiment. De
plus, le groupe a toujours su s'adapter aux situations difficiles, et une
seizième année de croissance est attendue. Ainsi, alors que les charges
variables augmentent en raison de la flambée du cours des matières premières et
des coûts de fret, la société parvient à maintenir un bon niveau de marge
opérationnelle. Pour l'exercice 2006-2007, elle devrait atteindre 14,1 % (+ 0,1
point) grâce à des investissements de modernisation et à des plans de
restructuration significatifs. Enfin, fort des positions qu'il détient dans chaque
marché où il est présent, le leader mondial de l'extraction et du traitement
des minéraux a choisi de renforcer son exposition au marché asiatique afin de
capter les perspectives de croissance de la région J.-B. A.
Notre conseil Compte tenu des qualités du
groupe et de ses capacités d'adaptation, l'action paraît peu chère, à 9,6 fois
le bénéfice net 2007 estimé
foncières Décote et dividende
L'indice IEIF Siic France des sociétés
foncières a chuté de 36 % par rapport à son sommet du 22 février 2007.
Il s'agit de prises de bénéfices, après une ascension de 240 % en un peu plus
de quatre ans. Pratiquement toutes les foncières offrent désormais une décote
par rapport à leur actif net réévalué (ANR) estimé fin juin 2007. Cette décote
dépasse même 30 % sur certaines valeurs comme Orco, Compagnie la Lucette,
Cegereal, Foncière des régions, Affine, Foncière Développement Logement et
Silic. Les titres valorisés avec une prime sur l'ANR font figure d'exception
(Altarea, Mercialys...). Cette prime semblait pourtant justifiée par le statut
de valeur de croissance des foncières. Mais la hausse du coût de financement
des acquisitions est passée par là, réduisant d'autant l'écart avec le
rendement locatif. La création de valeur est désormais moins facile, ce qui va
ralentir, voire stopper la hausse des ANR. Il convient donc de privilégier les
foncières les moins endettées, mais aussi les plus aptes à capter une partie de
la marge de promotion en démarrant des projets très en amont, pour obtenir de
meilleurs rendements locatifs initiaux. Retenir aussi celles qui ont les actifs
les plus défensifs (centres commerciaux et murs de boutiques). Par ailleurs, le
secteur des foncières devrait être marqué par de nombreuses fusions dès cette
année et recèle quelques belles valeurs de rendement. Le coupon estimé dépasse
5 % sur des titres comme Foncière des régions, Cegereal, Tour Eiffel, Züblin et
Compagnie la Lucette J.-L. C.
- 37 %
IMS
Très faible valorisation
Affecté par son statut de valeur
cyclique, le titre du leader européen de la distribution d'aciers spéciaux a
dévissé de 37 % depuis l'été. Pourtant, il recèle de nombreux atouts. Après une
croissance moyenne de 14 % entre 2004 et 2007, la direction a relevé les
objectifs du groupe pour la période 2008-2010. Elle vise désormais une
progression annuelle de ses facturations de 16 %, soit 1 million de tonnes
d'aciers vendus chaque année contre 0,7 million actuellement, afin de porter sa
part de marché en Europe de 9 à 14 % d'ici à 2010. Pour atteindre son but, IMS
compte poursuivre ses acquisitions dans un marché très fragmenté. Et il en a la
possibilité, avec un endettement net qui pourrait atteindre jusqu'à 70 % de ses
fonds propres (contre 58 % au troisième trimestre 2007). L'effet de taille
devrait ainsi engendrer une amélioration des conditions d'achat, donc une
hausse de la marge brute de 444 euros la tonne en 2006 à 480 euros en 2010. De
la même manière, la marge opérationnelle devrait progresser de 0,5 point, à 7,5
%.
Autre point positif, alors que l'environnement économique s'est
obscurci ces derniers mois, l'évolution favorable du prix des alliages et la
confirmation des niveaux d'activité pour la fin de l'année dernière ont conduit
la direction à relever son objectif de résultat opérationnel 2007 à 110
millions d'euros, contre 102,4 millions initialement. Enfin, le groupe n'est
pas affecté par la faiblesse du billet vert, puisque l'intégralité de ses
ventes est réalisée en Europe J.-B. A.
Notre conseil Compte tenu de la croissance
attendue, l'action paraît peu chère, à 6,7 fois le bénéfice net estimé pour
2007
- 44 %
M6
Une évolution réglementaire favorable
Même les promesses de Nicolas Sarkozy de
mettre un terme à la publicité sur France Télévisions n'y font rien... Les
chaînes commerciales n'ont plus la cote en Bourse. Il est vrai que les
perspectives du marché publicitaire n'ont jamais été aussi floues, avec la
concurrence grandissante de nouveaux supports comme Internet et, surtout, des
nouvelles chaînes de la télévision numérique terrestre. Le sévère avertissement
sur les résultats lancé par TF1 lors de la publication de ses comptes du
premier semestre 2007 a jeté le trouble sur le secteur, entraînant la chute du
titre et, à sa suite, celle de M6. Pourtant, la situation des deux entreprises
n'est pas exactement similaire. Le statut de leader de TF1 le rend a priori
plus vulnérable à l'émiettement attendu des audiences. D'ailleurs, M6 continue
de gagner des parts de marché. Selon les statistiques de Yacast, son chiffre
d'affaires publicitaire brut a progressé de 4,6 % (contre + 0,8 % seulement
pout TF1). Autre différence, les diversifications du groupe M6 sont plus
avancées: la chaîne représente moins de la moitié des ventes consolidées,
contre 60 % pour TF1. Enfin, le bilan de M6 est extrêmement sain, avec une
trésorerie nette estimée à plus de 80 millions d'euros fin 2007 (au contraire,
TF1 est endetté à hauteur de 500 millions d'euros environ) E.
S.
Notre conseil Les changements réglementaires
attendus dans le secteur audiovisuel devraient profiter au titre. Et il ne se
paie que 11 fois les bénéfices 2008
Banques La crise n'est pas terminée
«Il ne faut pas attendre d'éclaircie sur
les valeurs bancaires avant la présentation des résultats annuels. Ensuite...
cela dépendra des nouvelles», notait la semaine dernière le patron d'une grande
banque de la place. Le marché français est moins affecté que son homologue
américain et, si la confiance revient, les activités de titrisation, surtout
utilisées pour refinancer des crédits à la consommation ou des billets de
trésorerie des entreprises, vont repartir. Faut-il craindre pour les banques
françaises des ardoises qui, comme chez Citi ou Merrill Lynch, se chiffrent en
dizainesde milliards de dollars? A priori, non. Les banques françaises ne sont
pourtant pas épargnées. Société générale a dû réintégrer à son bilan 4,3
milliards de dollars des créances titrisées, avec des pertes à la clé. Crédit
agricole enregistrera 2,5 milliards d'euros de nouvelles dépréciations au
quatrième trimestre, mais restera bénéficiaire. Natixis n'est pas en forme,
mais ses actionnaires, Caisses d'épargne et Banques populaires, lui ont enlevé
une épine du pied en reprenant sa filiale américaine CIFG, à recapitaliser. BNP
Paribas, sensible à la dégradation de la conjoncture américaine au travers de
BankWest, est aussi plus exposée sur le marché des LBO, mais l'établissement
résiste. L'année 2008 n'apportera pas de solutions à tous les problèmes. Le
ralentissement économique en vue aura des effets négatifs qui viendront
s'ajouter au recul des revenus dans la gestion d'actifs et la banque
d'investissement. La restauration des marges sur les crédits compensera
peut-être la baisse des volumes, mais elle servira surtout à absorber la montée
des risques. 2008 ne devrait pas être un grand millésime pour les valeurs bancaires,
dont les bénéfices pourraient être revus à la baisse
M.-J. P.
- 48
Manitou
Sanction excessive
Avec 35 % de baisse ces trois derniers
mois, l'action du numéro un mondial des chariots tout-terrain atteint des
niveaux particulièrement intéressants. Au cours actuel, la valeur d'entreprise
de Manitou se limite en effet à environ 5,5 fois son résultat opérationnel
courant attendu pour 2007! Certes, Manitou est un groupe cyclique, et une telle
valorisation a déjà été atteinte à plusieurs reprises dans le passé. Mais le
groupe a considérablement évolué. Il est aujourd'hui beaucoup mieux implanté à
l'international, même si l'Europe absorbe encore près de 80 % de ses ventes.
Surtout, il a depuis deux ans pris position sur un marché dix fois plus gros que
celui du chariot tout-terrain: les chariots de manutention industrielle. Ce
dernier devrait constituer un soutien important à la croissance future.
En fait, au cours actuel, la valorisation du groupe traduit des
anticipations de baisse des ventes et des bénéfices. Or, compte tenu du niveau
d'activité actuel et de l'évolution anticipée des marchés finaux du groupe
(agriculture, industrie et construction) dans les zones où il est implanté,
l'exercice 2008 semble devoir constituer une nouvelle année de progression des
résultats. Ce n'est donc qu'en 2009, le cas échéant, que les résultats de
l'industriel pourraient refluer, à la faveur d'un éventuel ralentissement
économique marqué sur le Vieux Continent. La valorisation actuelle anticipe
largement ces hypothèses pessimistes. Pour mémoire, lors du précédent bas de
cycle (2002), les ventes avaient reculé de 14 % par rapport au haut de cycle
(2000), et le bénéfice net de 20 % C. D.
Notre conseil La qualité de l'affaire est telle
que son prix actuel constitue une opportunité
- 40 %
Mr. Bricolage
On brade
Dans un secteur de la distribution pris
dans la tourmente des marchés financiers, Mr. Bricolage a été particulièrement
touché: le titre a chuté de 35 % en trois mois. Les incertitudes sur
l'évolution de la consommation et du marché immobilier ont suscité la méfiance.
La chute s'est poursuivie quand la direction a annoncé le 2 janvier devoir
intégrer 4,7 millions d'euros de charges non récurrentes dans ses comptes 2007,
ce qui devrait amputer d'environ 20 % le bénéfice net, estimé désormais à 16,5
millions d'euros - en hausse, quand même, de 7 % sur un an.
Cette nouvelle est certes intervenue à un mauvais moment mais
elle ne remet pas en cause le redressement des fondamentaux du groupe,dont les
ventes progressent plus rapidement que le marché. Le chiffre d'affaires est
ainsi attendu en hausse de 7 % en 2007 et de 6 % en 2008 - dans l'hypothèse que
la consommation ne décrochera pas. Volumes de ventes croissants et optimisation
des achats se traduisent par une amélioration progressive de la rentabilité. La
marge d'exploitation devrait dépasser 7 % pour l'exercice 2007, contre 6 % en
2006. Aujourd'hui, fort d'une structure de coûts rationalisée et d'un
endettement réduit, le groupe peut se redéployer. Il compte reprendre dès cette
année les ouvertures de magasins et n'exclut pas une acquisition. Enfin, Mr.
Bricolage bénéficiera en 2008 d'une plus-value nette d'impôt de 14 millions
d'euros liée à la cession d'actifs immobiliers A. C.
Notre conseil La baisse du titre apparaît comme
une opportunité pour se repositionner sur la valeur, qui capitalise seulement 7
fois le bénéfice net, hors plus-value exceptionnelle, attendu pour 2008
Des actions non soldées...
Il est rare qu'un marché baissier affecte tous
les titres de la même façon. En fonction des causes à l'origine des
craintes des investisseurs et de leurs conséquences économiques, les secteurs
et les valeurs subissent des corrections variables. Mais il est rare également
que des valeurs se maintiennent, dans un tel environnement, à leur plus haut
niveau. C'est pourtant le cas de «l'icône» de la Bourse de Paris, Air liquide,
dont l'action n'est qu'à quelques points de son sommet historique. La
régularité de métronome avec laquelle les bénéfices du numéro deux mondial des
gaz industriels augmentent rassure ses actionnaires. Quelle que soit la vigueur
de l'économie, les bénéfices devraient progresser d'au moins 10 % par an au
cours des prochaines années. Danone se situe également à un niveau peu éloigné
de ses sommets. Et Pernod Ricard n'en est pas très loin non plus. Ces deux
entreprises exercent des métiers qui dépendent peu de l'activité économique
mondiale. Même dans une conjoncture très difficile, leurs bénéfices pourraient
encore suivre une courbe ascendante. Attention, toutefois. En cas de poursuite
de la baisse du marché et avec une valorisation aujourd'hui supérieure à 20
fois les bénéfices estimés pour 2007, ces valeurs pourraient finir par faire
l'objet de dégagements C. D.
- 46 %
Neopost
Confiance à restaurer
Une valeur de croissance ne doit pas
décevoir. Ou bien la sanction est sévère. Neopost l'a appris à ses dépens. Fin
octobre, le fabricant de machines à affranchir le courrier a été contraint
d'abaisser ses prévisions. La faute à une situation de marché plus difficile
qu'attendu aux Etats-Unis, où le groupe réalise 40 % de son activité, et à un
dollar faible. Du coup, le groupe ne s'attend plus qu'à une croissance de 2 %
de son chiffre d'affaires fin janvier 2008 et à une marge opérationnelle de 26
%, contre 26,3-26,5 % initialement prévus. Les analystes ont bien reçu le
message. Alors qu'en juin dernier ils anticipaient en moyenne une hausse de 6,8
% du bénéfice net par action de l'exercice clos fin janvier 2008, ils tablent
désormais sur une baisse de 5,3 %. Pas de quoi, donc, justifier une chute du
titre de 43 % en six mois et un PER de 13,7. Pour mémoire, Neopost se payait
l'an dernier plus de 20 fois les prévisions de bénéfices de l'exercice en
cours.
L'action affiche ainsi une forte décote alors que le succès du business
model du groupe et sa solidité financière ne sont pas remis en cause. En outre,
un gros programme de renouvellement d'affranchisseuses est prévu en 2008 aux
Etats-Unis. Certes, avec la faiblesse du billet vert, les analystes s'attendent
à une amélioration moins soutenue de l'activité au cours des mois qui viennent.
Mais ils anticipent tout de même une croissance de 2 à 5 % du chiffre
d'affaires pour l'exercice 2008-2009, avec une marge d'exploitation en
progression de 0,5 point
N. R.
Notre conseil Le cours actuel constitue une
belle porte d'entrée sachant que, en outre, Neopost est généreux avec ses
actionnaires. Le rendement 2007 est en effet estimé à plus de 5 %. Il faudra en
revanche être patient, car le retour de la confiance risque de prendre du temps
- 47
Nexans
Des marchés encore porteurs
Achaque période de forte baisse des
marchés surgissent des aberrations. Le cas de Nexans en fait partie. Le premier
fabricant de câbles de la planète a ainsi chuté de 17 % depuis le 1er janvier
et vu sa capitalisation fondre quasiment de moitié depuis son plus-haut de
l'été 2007. En fait, le titre souffre du mouvement moutonnier des investisseurs
qui consiste à vendre sans discernement tout le secteur des biens d'équipement
en raison de son caractère cyclique. A cela s'ajoute la défiance des
investisseurs vis-à-vis des valeurs moyennes.
Pourtant, les perspectives de Nexans restent bien orientées
grâce à une forte demande dans son premier débouché, les câbles pour l'énergie.
De plus, le groupe continue à se désengager de son activité peu rentable des
fils conducteurs, ce qui aura un effet mécanique positif sur sa rentabilité. La
société devrait d'ailleurs, lors de la publication de ses résultats annuels le
31 janvier, relever ses objectifs pour les prochains exercices. Les analystes
attendent ainsi en moyenne un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros en 2008
et une marge d'exploitation de près de 8 %. Or, si entre juin 2007 et janvier
2008 les prévisions de bénéfice ont été revues à la hausse de 13 % par le consensus,
le PER a chuté, dans le même temps, de plus de 40 %! F. C.
Notre conseil La valeur se paie désormais 8,3
fois son résultat net et moins de 6 fois son résultat d'exploitation attendus
en 2008. Des niveaux qui nous semblent très intéressants
- 34 %
Saint-Gobain
Une décote historique
L'opération séduction du nouveau
directeur général a fait long feu. En prenant les commandes de Saint-Gobain au
printemps dernier, Pierre-André de Chalendar souhaitait imprimer sa marque. A
l'occasion de la présentation des résultats semestriels, il s'est ainsi
prononcé pour une accélération de la stratégie de Jean-Louis Beffa, qui voulait
faire du groupe un leader mondial du marché de l'habitat. Ses objectifs à
l'horizon 2010: une croissance interne de 5 % par an du chiffre d'affaires et
un bénéfice net par action en amélioration de plus de 10 % par an en moyenne.
Les analystes avaient applaudi des deux mains, relevant même de 6 % leur
estimation de bénéfice net par action pour 2007.
Mais la crise immobilière américaine est passée par là.
Saint-Gobain a eu beau confirmer sa confiance, début juillet, le marché a
commencé à craindre qu'il ne soit pénalisé par une baisse d'activité
outre-Atlantique, cette zone représentant environ 15 % de son activité. Certes,
le fabricant de matériaux est touché puisque, au cours des neuf premiers mois
de l'année 2007, son chiffre d'affaires a baissé de 15 % aux Etats-Unis, mais
cette contre-performance est largement compensée par la bonne tenue de ses
marchés en Europe et dans les pays émergents. Saint-Gobain devrait donc
parvenir à atteindre ses objectifs de croissance en 2007 mais aussi en 2008, ce
que le marché n'intègre pas au cours actuel. Le titre se paie, en effet, 10,4
fois le bénéfice net estimé en 2007, soit un niveau de bas de cycle, alors que
la direction a justement réduit fortement le caractère cyclique de l'activité.
Même l'arrivée de Wendel dans le capital en septembre n'a pas réussi à soutenir
le titre N. R.
Notre conseil L'action bénéficie d'un attrait
spéculatif qui mériterait une meilleure valorisation
Technos Inutile de se presser
Dans les marchés chahutés, la techno pique du
nez. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il se rappelle au mauvais
souvenir des investisseurs. Parmi les plus fortes baisses du SBF 250, les
technos arrivent en bonne place. Pourtant, nous restons réservés sur la
majorité de ces dossiers, qui souffrent aussi de leur statut de valeur moyenne
à l'heure où les investisseurs privilégient les titres les plus liquides. C'est
notamment le cas de Parrot. Le spécialiste des kits mains libres Bluetooth a
beau ne se payer que 8,6 fois ses bénéfices attendus en 2007, le marché n'a
plus confiance dans une société qui a multiplié les bévues. Chez Modelabs, si
la branche de fabrication de téléphones à la demande (30 % des ventes) est bien
orientée, le reste de l'activité (distribution, accessoires...) est à la peine.
Prudence également pour Soitec. Certes, après une chute de 77 % en un an, le
titre pourrait avoir bientôt touché le fond, mais la société souffre de la faiblesse
du dollar et sa dépendance à son grand client AMD est un facteur de risque
important. Parmi les autres valeurs en pleine déconfiture, citons Wavecom ou
Bull et, dans une moindre mesure, Oberthur. Mais il n'y a pas que les valeurs
moyennes qui souffrent. Il suffit pour cela de regarder le parcours boursier
d'Alcatel (- 32 % en trois mois) ou de Thomson, qui enfonce chaque jour de
nouveaux plus-bas. Sur ces dossiers aussi, la prudence reste de mise, les deux
sociétés pâtissant d'un manque chronique de visibilité
F. D.
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