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Prélevés
régulièrement, les frais de gestion sont plus onéreux que les frais
d'entrée alors qu'ils ne sont quasiment pas négociables. Les
frais de gestion sont prélevés périodiquement, tout au long de la vie
du placement, en fonction des encours gérés. Ils correspondent à deux
types de services : les frais de gestion financière, qui rémunèrent le
gérant d'un OPCVM, et les frais de gestion administratifs, qui
concernent plus l'assurance vie. Les assurances
vie multisupports prévoient des frais de gestion administratifs qui
sont souvent plus élevés sur les unités de compte que sur le fonds en
euros : aux alentours de 0,70% à 1% par an. "Ils sont souvent prélevés
tous les mois sur les unités de compte et tous les ans sur le fonds en
euros", précise Olivier Nigen, directeur du développement de Suravenir.
Jean-Jacques Branche, directeur d'UAF Patrimoine, justifie leur
existence : "Ils permettent à l'assureur de faire face aux charges
telles que les lettres d'information envoyées aux clients ou les
documents administratifs." Spécialiste des frais, Charles Monot,
associé d'Iceberg Finance, précise que "les conditions générales des
contrats d'assurance vie prévoient souvent que, pour la partie investie
en unités de compte, un mois ou un trimestre entamé est dû". Mais la
Société Générale, par exemple, affirme que les frais de gestion ne sont
pas prélevés en cas de sortie d'une unité de compte en cours de mois.
De plus, ses contrats prévoient que les frais de gestion sont
dégressifs en fonction des encours. Jean-Paul
Challet, président du directoire de Mutavie (filiale de la Macif),
estime même que les frais de gestion administratifs ne sont pas
indispensables sur les unités de compte surtout si des frais sur
versements ont été prélevés : "Les rétrocessions que nous recevons des
fonds que nous avons référencés nous suffisent. Nous sommes par
ailleurs attentifs au niveau des frais de gestion : ceux-ci ne doivent
pas être supérieurs à 1,8% l'an, dont la moitié nous est rétrocédée." Montant identique pour tous "La
notice d'un OPCVM indique le montant maximal des frais de gestion
appliqués sur les sommes placées sur le fonds. Ces frais rémunèrent le
travail du gérant", explique Emmanuel Narrat, associé de Haussmann
Patrimoine. Les frais de gestion d'un OPCVM ne sont pas négociables :
afin de respecter l'égalité des porteurs, ils doivent être identiques
pour tous. Ces frais passent plus inaperçus que les droits d'entrée :
"La valeur liquidative publiée prend en compte les frais de gestion
payés au prorata temporis", souligne Philippe Chalvet, directeur de la
gestion privée de la Financière de Champlain. Le montant de ces frais
de gestion est variable : de 1,5% TTC à plus de 3% par an. La plupart
oscillent aux alentours de 2%. "Les frais de gestion doivent être en
rapport avec la valeur ajoutée du gérant. Tous nos fonds prélèvent
2,39% TTC, mais nous pratiquons une gestion de conviction, sans
prélever de commission de surperformance sur les fonds ouverts au
public", appuie Frédéric Kampschöer, le directeur du développement de
DNCA Finance. Il faut parfois compter aussi une commission de
surperformance, qui correspond à des frais de gestion variables : c'est
la rémunération au mérite qu'affectionnent certaines sociétés. Par
ailleurs, certains fonds investissent dans d'autres fonds, ce qui
provoque un empilement de frais : il s'agit des fonds de fonds. Dans ce
cas, le calcul des frais de gestion se complique encore. L'Autorité des
marchés financiers (AMF) impose à tout fonds investissant plus de 20%
de son actif net (le fonds maître) dans d'autres fonds (les fonds
cibles) de reverser les rétrocessions négociées avec ces fonds à
l'OPCVM lui-même : ces rétrocessions bénéficient donc aux porteurs de
parts, ce qui diminue l'impact de cet empilement. La solution n'est pas
parfaite. Les fonds qui investissent dans des fonds de leurs sociétés
de gestion ne négocient pas forcément de rétrocessions de frais, comme
c'est souvent le cas s'ils travaillent avec des sociétés de gestion
externes. La société de gestion peut donc conserver l'intégralité des
frais de gestion, comme c'était le cas avant l'application de cette
règle. "Certaines sociétés de gestion font tourner
les portefeuilles des OPCVM pour générer davantage de commissions, met
en garde Jean-Paul Challet. Nous sommes donc vigilants à ce que les
OPCVM figurant dans nos contrats d'assurance vie n'abusent pas de ce
système." Les gérants passent des ordres auprès d'un intermédiaire pour
gérer les sommes du fonds. Une partie des frais est parfois rétrocédée
à la société de gestion. Certains sont tentés de passer un très grand
nombre d'ordres pour générer des commissions. Gardez un oeil sur le TFE Il
est très simple pour l'épargnant de se rendre compte du niveau réel de
ces frais. Il suffit d'examiner le total des frais sur encours (TFE)
qui figure obligatoirement dans la partie statistique de la notice.
Cette rubrique récapitule le niveau des frais de gestion fixes
prélevés, le montant de l'éventuelle commission de surperformance, le
niveau des commissions de mouvement et même les rétrocessions provenant
des autres OPCVM s'il s'agit d'un fonds de fonds. Il s'agit donc d'un
précieux sésame pour contrôler le niveau des frais de gestion de
l'année précédente. Fonds indiciels Les
fonds indiciels, qui se contentent de répercuter l'évolution d'un
indice, prévoient en règle générale des frais de gestion moins élevés
que les fonds ouverts car le travail du gérant est facilité. Récapitulatif Un
tableau figurant dans la partie statistique de la notice des OPCVM
récapitule point par point le montant des frais de gestion. EPARGNE SALARIALE Les frais du PEE et du Perco payés par l'entreprise Les
frais de tenue de compte des PEE et des Perco sont dus par
l'entreprise. "L'entreprise doit donc prendre à sa charge les frais de
gestion administratifs de l'enveloppe. Les commissions de souscription
et de rachat et les frais d'arbitrage sont pris en charge par
l'entreprise ou le salarié selon le choix effectué lors de la création
du PEE ou du Perco", explique David Farcy, chez Périclès Consulting.
Les frais de gestion du fonds commun de placement d'entreprise (FCPE)
sont en revanche supportés par le salarié. Toutefois, si l'entreprise
est suffisamment importante pour créer son propre fonds dédié, elle
peut décider de prendre à sa charge les frais de gestion : "Dans ce
cas, le gérant ne prélève pas les frais de gestion à chaque calcul de
la valeur liquidative : il envoie annuellement une facture à
l'entreprise qui acquitte les frais de gestion", souligne le
spécialiste. CONTRÔLEZ LA COMMISSION DE SURPERFORMANCE La
commission de surperformance correspond à des frais de gestion
variables selon les résultats. Certaines sociétés la justifient par des
frais fixes peu élevés. D'autres n'y sont pas favorables car elles ne
veulent pas être jugées sur une courte période. "La surperformance doit
récompenser le gérant dans la durée", explique Eric Pagniez, de
l'Association française de gestion. Lorsqu'une telle commission est
prévue, la notice de l'OPCVM doit détailler les méthodes de calcul.
Voici les critères à vérifier : - Indicateur de
référence : la surperformance doit être évaluée sur un indice adapté.
En période de hausse, il est facile pour un OPCVM investi à 100% en
actions de surperformer un indice monétaire. -
Dividendes : les indices de référence des OPCVM sont publiés dividendes
réinvestis ou dividendes non réinvestis. Les dividendes versés par les
sociétés sont acquis au fonds : "Ils devraient donc être comparés avec
l'indice dividendes réinvestis. Certaines sociétés de gestion les
comparent avec des performances calculées hors dividendes", précise
Aubin Thomine-Desmazures, associé d'Iceberg Finance. -
Performance négative : la plupart des notices prévoient une commission
si la performance est positive. Certains documents ne le précisent pas,
si bien que certaines sociétés la prélèvent si le gérant baisse moins
que l'indice de référence. - Périodicité des
prélèvements : selon l'AMF, le prélèvement doit être annuel. Certaines
sociétés de gestion ont toutefois choisi de remettre le compteur à zéro
semestriellement. "Plus la fréquence du prélèvement de la performance
est élevée, moins l'intérêt du client est respecté", prévient Aubin
Thomine-Desmazures. EXEMPLE DE CALCUL Une ponction supplémentaire 10.000
sont investis sur un OPCVM dont l'objectif est de surperformer le Cac
40. La notice du produit prévoit que 25% de la surperformance seront
prélevés si la performance du gérant est supérieure à celle de
l'indice. Supposons que le Cac 40 gagne 6% sur l'année et que le gérant
obtienne 10%. Ce dernier pourra conserver 25% des 4% de surperformance
réalisés sur la période de référence. La société de gestion empochera
donc 100 de commissions en plus des frais de gestion fixes.
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