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La Hausse des taux à court terme conjuguée à la baisse des marchés
boursiers incite à la plus grande prudence! Livrets défiscalisés,
assurance vie, sicav monétaires... Les solutions pour gérer vos
liquidités, en toute tranquillité.
Franche
déception. Les indicateurs économiques laissaient augurer un relèvement
du taux du Livret A de 3 % actuellement à 4 % au 1er février. Les
pouvoirs publics en ont décidé autrement. Des «circonstances
exceptionnelles» - entendez une situation anormale du taux à court
terme, liée aux turbulences financières internationales - ont donc
contraint le Premier ministre à intervenir. Le gouverneur de la Banque
de France penchait pour une non-revalorisation du taux, François Fillon
a coupé la poire en deux: ce sera donc, dans quelques jours, un taux
net d'impôt de 3,5 % pour les Livret A et bleu ainsi que pour le Livret
de développement durable (LDD). La hausse des
taux à court terme de la zone euro aura d'autres répercussions
favorables pour la rémunération de l'épargne de précaution. Les taux
des superlivrets offerts par ING Direct, Cortal, B!X?@! et autres
devraient suivre le chemin de la hausse ; certains ont déjà communiqué
sur des offres ponctuelles à taux promotionnels, que nous décryptons
dans ce dossier. Les sicav monétaires régulières profitent elles aussi
de ces bonnes conditions de rémunération et offrent, pour les
meilleures, des opportunités à court terme. Des
bonnes nouvelles, donc, mais aussi quelques nuages. Passons sur le fait
que si la crise économique s'amplifiait, la BCE pourrait décider dans
l'année d'abaisser les taux courts! Actuellement, l'inflation est en
hausse - à 2,5 % environ -, diminuant d'autant le rendement net de
votre épargne. Et la dernière loi de finances a revalorisé de 2 points
le taux du prélèvement libératoire sur les revenus de placement,
portant ainsi le taux global de taxation de 27 à 29 %. Moralité: un
produit vous garantissant 3,5 % vous rapporte en fait, selon votre
situation fiscale, entre 3,11 % (personne non imposable) et 2,48 %
(contribuable dont la tranche marginale est supérieure à 14 % et qui
opte pour le prélèvement libératoire)! Hausse des taux à court terme,
hausse de l'inflation et de la fiscalité... Des paramètres
contradictoires qui font perdre d'un côté à l'épargnant ce qu'il gagne
de l'autre! Sophie Liotier Hausse à tous les étages Quel rendement net après impôt? A
compter de cette année, le prélèvement libératoire passe à 18 %, soit
un taux global d'imposition de 29 %, prélèvements sociaux inclus. Les
contribuables non imposables ou dont le taux maximal est inférieur à 14
% ont intérêt à opter pour l'imposition selon le barème. Mais attention
à ne pas devenir imposable dans une tranche supérieure, car les
intérêts viennent s'ajouter à vos revenus! Livrets sans impôt Le must Disponible,
sûre, défiscalisée... L'épargne réglementée recèle de nombreux atouts
pour optimiser la gestion de vos liquidités. Aucun risque en capital,
un rendement garanti, une liquidité totale et un taux de rendement en
hausse... Qui dit mieux? Revue de détail des produits d'épargne sans
impôt. Dès le 1er février, le taux de rendement du
Livret A grimpera à 3,5 % net, entraînant dans son sillage le Livret
bleu et le Livret de développement durable (LDD). Le Livret d'épargne
populaire (LEP), réservé aux ménages peu imposés, verra son taux passer
de 4 à 4,25 % ; il aurait dû atteindre 4,5 %, son taux étant en théorie
égal à celui du Livret A majoré de 1 point, mais le gouvernement a
décidé de plafonner l'ensemble des taux dits réglementés. A noter
également que le plafond d'imposition à ne pas dépasser pour pouvoir
détenir un Livret d'épargne populaire vient d'être revalorisé pour
2008. Ce livret est désormais réservé aux contribuables dont l'impôt
sur le revenu n'excède pas 732 euros. Quant aux 12-25 ans, le Livret
jeunes leur offre une rémunération au moins égale à celle du Livret A. C'est
donc moins que prévu, mais cela reste une bonne nouvelle, d'autant que
ces supports sont aujourd'hui les seuls à être exonérés d'impôt...
Précision: pour obtenir le même taux avec un placement fiscalisé
(hypothèse dans laquelle l'investisseur opte pour le prélèvement
libératoire, soit 29 % prélèvements sociaux inclus), il faut que le
taux brut soit d'environ 5 %... L'épargne logement,
de son côté, se situe entre les deux familles de placement: pas d'impôt
sur les intérêts, dans la plupart des cas, mais taxation au titre des
prélèvements sociaux, de 11 % actuellement. Dans sa version actuelle,
le Compte épargne logement offre une rémunération réduite à 2, voire à
2,5 % si vous faites jouer votre droit à prêt, soit un taux net de
respectivement 1,78 et 2,22 %. En revanche, le Plan d'épargne logement
est désormais hors course pour le volet épargne. Il n'a pas été
revalorisé depuis août 2003 et son taux (hors prime d'Etat) s'élève à
2,22 % net de prélèvements sociaux, pour des fonds bloqués quatre
ans!... S. L. Notre conseil Sachant
que le Livret A (ou bleu) est ouvert à tous, faites le plein: un couple
avec deux enfants peut ainsi placer 61 200 euros à un taux avantageux Le Livret A bientôt partout! Créé
en 1818, le plus célèbre des livrets va connaître cette année une
profonde mutation. Distribué jusqu'ici uniquement par les Caisses
d'épargne, La Banque postale et le Crédit mutuel (Livret bleu), le
Livret A devrait être disponible dans toutes les banques. Cette réforme
sera présentée au Parlement au premier semestre 2008 et pourrait entrer
en vigueur à l'automne. Produits bancaires: une offre disparate Au-delà
des placements réglementés, il existe d'autres solutions pour placer à
un mois, trois mois, six mois ou davantage. Et si la règle économique
veut que plus l'horizon de placement est éloigné, plus le rendement est
élevé, les conditions de marché ne sont pas toujours conformes à ce
diktat! Actuellement, la rémunération à court terme est parfois plus
intéressante que celle à moyen terme. Livrets bancaires Des taux très variables Tous
les établissements financiers proposent des livrets bancaires. Ils
fonctionnent exactement comme le Livret A, à ceci près que leur taux
n'est pas fixé par l'Etat et qu'ils sont fiscalisés. Deux modes
d'imposition existent: le prélèvement libératoire, qui est passé à 18
%, soit un taux global de 29 % prélèvements sociaux inclus, ou
l'intégration à l'impôt sur le revenu. Quelle option prendre? Tout
dépend de votre taux marginal d'imposition, c'est-à-dire de votre taux
maximal d'impôt. Si vous êtes non imposable, dans la tranche à 5,5 ou à
14 %, il est plus intéressant d'intégrer ces intérêts à vos revenus.
Sachant que les prélèvements sociaux s'ajoutent, votre taux de taxation
sera alors de respectivement 11 % (non imposable), 16,5% (tranche à 5,5
%) et 25 %, contre les 29 % cités plus haut. Attention toutefois à ce
que ces revenus complémentaires ne vous fassent pas passer à la tranche
d'impôt à 30 %! Pour ces livrets, les taux de
rendement sont variables. Les banques à réseau sont clairement les
moins intéressantes. Société générale, BNP Paribas ou encore Crédit
agricole affichent un taux brut de 2,75 %, soit 1,95 % net pour les
contribuables qui optent pour le prélèvement libératoire! C'est donc
bien moins que le Livret A, et inférieur au taux de l'inflation... Pour
espérer un rendement annuel supérieur à 3 %, mieux vaut opter pour les
banques en ligne - ING Direct, Cortal Consors, Axa Banque, AGF Banque,
Monabank -ou encore profiter des offres spéciales actuellement
proposées par quelques établissements bancaires, dont le CIC (voir page
21). Comptes à terme Au cas par cas Un
compte à terme (CAT) est un contrat qui vous lie à votre banquier: vous
acceptez de bloquer vos capitaux pour une durée convenue (un mois,
trois mois, un an...), et la banque vous garantit un taux de rendement.
Ce dernier est en droite ligne avec les taux à court terme: selon les
capitaux en jeu et la durée, vous pouvez espérer une rémunération brute
comprise entre 3 et 4 %. Sachez qu'il existe deux sortes de CAT: ceux à
taux fixe (les conditions financières ne varient pas) et ceux dits
«progressifs»: plus votre capital reste investi, plus le rendement
augmente. Une bonne solution si vous n'avez pas d'échéance précise S. L. La règle des quinzaines Les
intérêts de tous les livrets d'épargne sont calculés selon la règle de
la quinzaine: du 1er au 15 et du 16 au dernier jour du mois, et
capitalisés au 31 décembre de chaque année. De fait, si les dépôts sont
effectués entre le 1er et le 15 du mois, les intérêts ne commencent à
courir qu'à partir du 16 ; de même pour les sommes versées entre le 16
et le 31... Les retraits obéissent à la même règle. Pour optimiser les
intérêts, mieux donc vaut effectuer vos versements le 15 ou le 30 et
vos retraits le 1er ou le 16 de chaque mois. N'oubliez pas l'assurance vie! Ceux qui ont un contrat d'assurance vie affichant
plus de huit années au compteur peuvent s'en servir pour obtenir un
rendement à court terme optimal. D'une part, au-delà de ce terme, les
plus-values sont exonérées dans la plupart des cas. En effet, si le
montant annuel des intérêts retirés n'excède pas 4 600 euros pour une
personne seule et 9 200 euros pour un couple, seuls les prélèvements
sociaux seront dus. D'autre part, le rendement des fonds en euros se
situe dans une fourchette moyenne de 4 à 4,6 %, soit un gain net de
3,56 à 4,09 %. Mieux, après une décennie de baisse des rendements, ces
derniers ont amorcé, pour la plupart, une remontée. Pour l'année 2007,
on note donc que de nombreux contrats offrent une performance
supérieure à celle de 2006. Il en est ainsi du célèbre contrat Afer
(4,42 %, contre 4,33 %), d'Altaprofits (4,65 %, contre 4,55 %) ou
encore du Compte Epargne Maaf (4,66 %, contre 4,61 %). Enfin, ces
supports offrent une double sécurité: le capital est garanti et le
rendement annuel est protégé par l'effet de cliquet, qui enregistre
définitivement les performances, année après année. Aujourd'hui, la
grande majorité des contrats offrent la possibilité de procéder à des
retraits partiels, programmés ou non, et sans frais (y compris durant
la période fiscalisée, auquel cas la rémunération est légèrement
moindre mais toujours séduisante). Alors, pourquoi s'en priver? Superlivrets Trois offres promotionnelles à la loupe Jadis
apanage des assureurs et autres sociétés spécialisées, les superlivrets
ont toutes les chances de se multiplier dans les prochains mois.
L'entrée en scène des banques en quête de liquidités ne devrait pas
tarder. LCL (Livret Cerise) et CIC (Livret CIC) en ont d'ores et déjà
fait leur produit d'appel. Les grands collecteurs
d'épargne Cortal et ING Direct offrent toujours les meilleurs taux, une
fois passée la période de promotion. Malgré la hausse du taux du Livret
A, le relèvement de ces taux contractuels n'est pas acquis. ING Direct
n'en prévoit pas et Cortal hésite, compte tenu de la baisse toute
récente des taux courts. La période étant
délicate, il sera prudent de ne pas placer tous ses fonds dans le même
établissement, afin de bénéficier au maximum des mécanismes de garantie
des dépôts en cas de difficulté. Nous avons testé pour vous trois
offres phares M.-J. P. Livret cic EtablissementBanques du groupe CIC (groupe Crédit mutuel) Taux d'appel6 % (4,26 % net*) jusqu'au 15 mars 2008, à concurrence de 75 000 Euro(s) Taux au-delà2,75 % (1,95 % net*) ConditionDisposer d'un Livret CIC ouvert avant le 27 février 2008 Plafond de versementIllimité FraisNéant Garantie des dépôts70 000 Euro(s) par personne pour la totalité des liquidités dans l'établissement Bon à savoir. De
nombreuses banques proposent des comptes d'épargne sur livret, et celui
du CIC ne présente pas d'intérêt particulier, sauf si l'on veut
profiter pendant trois quinzaines encore du taux d'appel de 6 %. Dans
ce cas, il faut faire vite. Comptez deux à trois jours pour la mise en
place sachant que les intérêts sont calculés par quinzaines. Pas besoin
d'ouvrir un compte bancaire dans une banque du groupe CIC ; il faut en
revanche se rendre dans une agence et rencontrer un conseiller pour les
démarches d'ouverture du livret. Le fait de disposer du livret dans une
banque présente l'avantage de pouvoir verser et retirer l'argent en
liquide. Mais attention, mieux vaut produire immédiatement un
justificatif de l'origine des fonds pour les sommes importantes. Livret Euro(s) EtablissementCortal (groupe BNP Paribas) Taux d'appel5 % (3,55 % net*) jusqu'au 30 juin 2008, à concurrence de 50 000 Euro(s) Taux au-delà3,25 % brut (2,31 % net*) ConditionOuvrir un premier Livret Euro(s) avant le 26 mars 2008 Plafond de versementjusqu'à 6 MEuro(s) Frais12 Euro(s) payables en début de semestre (premier semestre gratuit) Garantie des dépôts70 000 Euro(s) par personne pour la totalité des liquidités Bon à savoir. Ce
livret fonctionne comme un produit d'appel. Attention: le client se
voit désigner un conseiller qui essaiera de l'orienter vers d'autres
placements. En cas de versement de 100 euros sur des sicav, FCP ou
assurance vie avant le 27 mars 2008, le dépôt à l'identique de 100
euros sur le Livret Euro(s) donnera droit à 5 % pendant six mois. Par
exemple, si vous placez 50 000 Euro(s) sur le livret, on vous proposera
d'investir 50 000 Euro(s) en sicav monétaires, ce qui vous donnera
droit à un versement supplémentaire de 50 000 Euro(s) sur le livret.
Résultat: pour 150 000 Euro(s), vous obtiendrez 3,3 %* net par an.
Cortal exige au minimum 1 000 euros sur le Livret Euro(s) et facture
des frais. Offre accessible aux mineurs. * Hypothèse d'un rendement de 4 % brut sur les sicav. Livret Orange EtablissementING Direct (filiale du 1er groupe financier néerlandais) Taux d'appel 6 % (4,26 % net*) pendant une durée de trois mois jusqu'à 100 000 Euro(s) Taux au-delà3,3 % (2,41 % net*) ConditionOuvrir un premier Livret épargne Orange avant le 28 février 2008 Plafondjusqu'à 3 MEuro(s) FraisNéant Garantie des dépôts38 000 Euro(s) par personne Bon à savoir. C'est
un grand classique de l'épargne qui fonctionne bien, avec régulièrement
des offres de taux promotionnels aux anciens clients. Il convient
particulièrement aux clients actifs sur Internet et il est difficile de
trouver mieux en matière de taux. Le livret doit être alimenté par
virements ou par chèques. Les retraits sont disponibles par virements
sous quarante-huit heures. ING dispose d'une agence-vitrine à Paris,
mais on ne peut ni y déposer des fonds, ni les retirer en cash. Mêmes
si les dépôts viennent d'une autre banque, il faut en justifier
l'origine. Toute saisie judiciaire ou fiscale en cours sur le compte
bloque la totalité des avoirs. A noter que ce livret en compte joint
est possible mais que les offres promotionnelles ne sont pas
accessibles aux mineurs. Indispensables sicav monétaires Qualité
des performances et souplesse d'utilisation font de ces véhicules
d'investissement des placements adaptés pour gérer sa trésorerie à
court et moyen terme. Compte
tenu de leurs caractéristiques, les sicav monétaires ont toujours
occupé une place de choix dans le patrimoine financier des Français,
très attachés aux placements à court terme. Il est vrai que ces fonds
se distinguent par une grande souplesse de fonctionnement avec, à la
différence de l'ensemble des livrets dont les intérêts obéissent à la
règle des quinzaines, des sommes investies se valorisant dès le premier
jour. En outre, aucun plafond ne vient limiter les versements. Enfin,
fiscalement, bien qu'elles ne puissent pas rivaliser avec les livrets
réglementés, ces sicav ne sont pas les plus mal loties. Comme les gains
réalisés sur ces fonds sont soumis au régime fiscal des plus-values,
ils peuvent tenir la dragée haute aux superlivrets (voir page 19). En
effet, pour 2008, au-dessous de 25 000 euros de cessions de valeurs
mobilières, les plus-values seront exonérées. Un grand nombre
d'épargnants pourront ainsi récupérer leurs gains en franchise d'impôt,
tandis que les intérêts générés par les superlivrets seront forcément
taxés, au moins sur les prélèvements sociaux pour les personnes non
imposables. Voilà qui fait des sicav monétaires un placement hors pair. Sécurité des sommes investies Cela
dit, si les sicav monétaires s'affichent actuellement, avec le Livret
A, comme les grandes vedettes de l'épargne à court terme, elles le
doivent à d'autres caractéristiques. A leurs performances, tout
d'abord. Calées sur l'évolution du taux du marché monétaire, elles ont
été remises en selle par les relèvements successifs des taux courts
décidés l'an dernier par la Banque centrale européenne. En chiffres,
alors qu'elles enregistraient une hausse moyenne de 2,72 % en 2006, les
sicav de trésorerie ont progressé de 3,84 % en 2007, avec des
performances supérieures à 4 % pour certains fonds. Attention,
cependant: les fonds au-dessus du lot sont essentiellement destinés aux
entreprises, qui y placent leurs liquidités. Compte tenu des sommes
investies, ces fonds affichent des frais de gestion faibles. Les
épargnants, eux, ne sont pas aussi bien lotis car, si les frais
d'entrée ont souvent disparu pour les sicav de trésorerie grand public
- le cas échéant, les fonds en question doivent être prohibés car ils
limitent nettement l'intérêt d'un placement à court terme -, en
revanche leurs frais de gestion sont plus importants. D'où des
performances un cran au-dessous... Exemple, chez LCL, un fonds comme
CAAM Tréso Eonia, destiné aux entreprises, affiche un gain de 4,04 % en
2007, tandis que son jumeau destiné à la clientèle de particuliers,
Monélion Jour, ne progresse que de 3,11 %. Sauf cas particulier - par
exemple, le placement temporaire du fruit d'une vente immobilière -, il
sera difficile de sortir de l'ornière: les fonds destinés aux
entreprises imposent des tickets d'entrée prohibitifs (parfois
plusieurs centaines de milliers d'euros) et/ou des valeurs liquidatives
à l'avenant... L'autre caractéristique qui vaut
aux sicav de trésorerie classiques la faveur du public concerne la
sécurité des sommes investies. Attention aux amalgames! Ces fonds
monétaires sont sans risque mais ce n'est pas le cas des sicav
monétaires dites dynamiques et dynamiques +. Au prix d'une sensibilité
supérieure, celles-ci permettent d'investir dans des actifs de type
obligataire ou des actions - généralement 15 % du portefeuille au
maximum - et aussi de recourir à des stratégies alternatives, afin
d'afficher des gains supplémentaires. D'où un horizon de placement
requis supérieur à un an, le capital pouvant être momentanément entamé.
Or, en 2007, certaines d'entre elles étaient investies dans des
titrisations de crédits hypothécaires américains, et elles ont subi de
plein fouet la crise des subprimes. Dans l'impossibilité de réaliser
une valorisation correcte des actifs investis après la crise de cet
été, des établissements comme Axa, BNP Paribas ou Oddo ont même été
contraints de suspendre le rachat de leurs fonds, voire, pour ce
dernier, de le liquider. Dans tous les cas, ceux qui avaient souhaité
doper leur épargne à court terme en investissant dans ces placements en
ont été pour leurs frais. Comme le confirment les performances: l'an
dernier, les monétaires dynamiques et dynamiques + ont respectivement
progressé de 3,01 et 2,33 %, soit nettement moins que les monétaires
classiques... L'ampleur de la crise étant encore mal appréciée, il ne
serait pas prudent de revenir sur ces fonds, qui ne présentent pas les
garanties nécessaires, pour y placer une épargne à court terme. Certes,
les fonds monétaires dynamiques et dynamiques+ sont l'apanage des
entreprises. Reste que des particuliers en ont subi, eux aussi, les
conséquences. A commencer par ceux qui ont logé ces fonds au sein d'un
PEA! En effet, grâce à l'utilisation de produits dérivés (options,
etc.), les sicav monétaires peuvent être présentes au sein de la
célèbre enveloppe, pourtant consacrée aux actions. Objectif: permettre
à leurs détenteurs de placer des sommes en attente d'investissement et
de profiter d'une petite rémunération. Or certains établissements
proposent des sicav de trésorerie classiques, tandis que d'autres leur
préfèrent les fameuses monétaires dynamiques et dynamiques +, comme UFF
Tempo PEA (0,9 %), qui n'ont pas vraiment fait d'étincelles, au point
d'être concurrencées par des monétaires régulières, sans risque...! Jean-François Tardiveau Le risque n'a pas payé en 2007 Les
sicav de trésorerie régulière affichent les meilleures performances en
2007. Les fonds des catégories dynamique et dynamique + ont subi
directement ou indirectement, la crise des subprimes. éric bertrand - Directeur de la gestion taux et du crédit chez CPR AM Privilégiez les monétaires classiques La crise des marchés financiers va-t-elle conduire la BCE à abaisser ses taux courts? Dans un délai de six mois, cela
me semble exclu, à moins d'une amplification de la crise sur les places
financières. Sachant que, hors pétrole et tabac, le taux d'inflation
dans la zone euro est encore de 2 %, la marge de l'institution
européenne est plus limitée qu'il n'y paraît. Quelle part doit-on consacrer aux sicav monétaires dans une allocation d'actifs équilibrée aujourd'hui? En dépit de la baisse de 15 % des
marchés d'actions depuis le début de l'année, qui peut constituer un
point d'entrée pour ceux qui étaient faiblement exposés, il me semble
encore prématuré de revenir massivement sur les actions. Le cash peut
donc occuper transitoirement une part prépondérante d'un portefeuille
équilibré. Doit-on continuer
de s'intéresser aux sicav monétaires classiques, ou bien les monétaires
dynamiques et dynamiques + ont-elles retrouvé des charmes? Seuls les produits lisibles, diversifiés et liquides doivent être privilégiés. Ce sont les monétaires classiques qui remplissent ce contrat aujourd'hui. Propos recueillis par J.-F. T. Fonds garantis à court terme: le retour! Avec les tensions enregistrées sur les taux obligataires en 2007, les
concepteurs de fonds dits structurés - essentiellement des fonds à
capital garanti - se sont frotté les mains. Sachant que le niveau de
ces taux est un élément majeur dans l'élaboration de ces placements -
il détermine en effet le montant à mobiliser pour reconstituer à
l'échéance le capital investi -, leur évolution à la hausse au cours de
2007 leur a permis de lancer des fonds de ce type calés sur des durées
courtes. La Caisse d'épargne a tiré la première en 2007 avec Fuzeor,
fonds à capital garanti d'une durée de deux ans dont une version est en
cours de commercialisation. D'autres grands établissements s'apprêtent
à lui emboîter le pas. Au moins ponctuellement. Reste à ne pas
s'emballer. La hausse des taux, qui autorise la présence de ces
placements sur le marché, est aussi un handicap. Face à Fuzeor 4, par
exemple, dont le taux de rendement actuariel annuel est compris entre
2,94 % et 3,9%, le Livret A n'est pas hors course... tout en offrant un fonctionnement beaucoup plus souple. A
3,5 % net d'impôt, le Livret A reste plus avantageux que la plupart des
produits d'épargne à court terme. Mais l'inflation, qui s'établit à
près de 2,6 % actuellement, rogne une partie du rendement. Le risque n'a pas payé en 2007
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