|
de plus en plus riches et sophistiqués, les
exchange traded funds, ou trackers, offrent une souplesse et une
réactivité exceptionnelles. Un atout non négligeable en ces temps
d'agitation boursière.
Plus
besoin d'aller chercher hors de la Bourse de Paris une exposition aux
marchés internationaux... Grâce aux trackers, ou ETF (exchange traded
funds), les investisseurs peuvent désormais trouver tous les
ingrédients indiciels pour se composer un portefeuille réellement
diversifié en matière tant de zone géographique ou de secteur, qu'en
matière de classe d'actifs. Du classique CAC 40 à l'indice global MSCI
World, du technologique Nasdaq 100 au Xinhua China 25, de l'obligataire
EuroMTS à l'énergétique Commodities CRB, 175 indices nationaux et
internationaux sont aujourd'hui, via 243 ETF, à la disposition de
l'épargnant soucieux de répartir ses risques sur plusieurs places. En
une seule transaction, il peut ainsi miser sur les grands indices
mondiaux, sur le meilleur des actions européennes, sur la plus
lointaine des Bourses émergentes ou sur un panier de matières premières
jusqu'alors impossibles à acquérir pour les particuliers. C'est
tout l'attrait des trackers: négociables comme des actions, diversifiés
comme des fonds d'investissement, assortis de frais de gestion faibles,
ces produits offrent non seulement une ouverture internationale
exceptionnelle mais aussi une souplesse d'utilisation et une réactivité
hors du commun, bien supérieures en tout cas à celles des sicav
traditionnelles. A l'heure où les marchés entrent dans de nouvelles
zones de turbulences, cette capacité à modifier rapidement
l'orientation et la nature de son placement - voire à s'en dégager -
constitue, à n'en pas douter, un atout de choix... Revue de détail et
sélection des fonds les plus intéressants actuellement. Les actions européennes sous toutes les coutures Proximité
oblige, la première «destination» du porteur d'ETF, donc la mieux
approvisionnée, reste l'Europe. Les produits indexés sur des références
du Vieux Continent ou de la seule zone euro sont en effet les plus
nombreux (près de la moitié des fonds disponibles) et les plus utilisés
(31 % des transactions enregistrées et 68 % des capitaux échangés,
selon Euronext). On y trouve, pour des fonds cotés fort logiquement sur
le marché parisien, trois ETF référencés sur l'indice CAC 40, émis
respectivement par Lyxor, EasyETF et Crédit Agricole Asset Management,
et tous trois assortis des mêmes frais de gestion annuels, les plus bas
recensés parmi les trackers investis en actions (0,25 %). Si les autres
références nationales européennes sont plutôt mal représentées - un
fonds indexé sur le DAX allemand, un autre sur l'indice MSCI grec... -,
nombreux sont en revanche les ETF qui répliquent les indices larges de
la zone euro (Euro Stoxx, SPDR Euro...) ou européenne (Stoxx, MSCI
Europe, SPDR 350...). Les indices dits «restreints» - concentrés sur un
nombre limité de valeurs - sont encore mieux lotis, Euro Stoxx 50 en
tête. Ce dernier peut en effet être acquis via cinq produits émis par
cinq promoteurs différents (Lyxor, EasyETF, iShares, Indexchange et UBS
Global Asset Management). C'est aussi dans la
zone Europe que l'on trouve le plus de fonds indexés sur des indices
sectoriels ou représentatifs d'un style de gestion ou d'une stratégie
spécifiques. Tous les secteurs, ou presque, peuvent être représentés
dans un portefeuille: d'une simple transaction boursière, les
investisseurs peuvent miser, au choix, sur le potentiel des valeurs
technologiques, la reprise des acteurs bancaires européens ou sur le
développement des titres relatifs aux médias. Ils peuvent également,
grâce à des indices de «style», prendre position sur les petites
capitalisations européennes, les valeurs décotées ou de croissance, les
titres de rendement, ou encore ceux qui sont reconnus comme le plus
socialement responsables. Enfin, depuis peu, ils peuvent également
orienter leur choix vers des fonds qui reproduisent des indices de
stratégies ou bien vers des ETF «actifs» (lire encadré page 62), de
plus en plus nombreux dans la zone Europe. Notre avis Les
marchés européens sont sans doute le placement en actions le plus
prometteur. Compte tenu des perspectives de croissance morose, du
niveau élevé de l'euro par rapport au dollar, il ne faut toutefois pas
s'attendre aux mêmes performances que les années précédentes.
Privilégiez les indices grandes valeurs, qui bénéficient d'une prime à
la visibilité et à la liquidité Les plus grands indices mondiaux cotés à Paris En
une seule transaction, les épargnants français peuvent désormais se
placer sur les plus prestigieux indices d'actions mondiaux. Le MSCI
World, qui reproduit la performance de 545 actions cotées sur diverses
Bourses mondiales, peut ainsi être acquis via l'iShares MSCI World ou
le Lyxor ETF du même nom. Autre référence mondiale, le Global Titans
50, concentré sur les cinquante plus grandes valeurs planétaires, est
suivi par deux ETF, l'un chez Lyxor, l'autre chez EasyETF. Et
ce n'est pas tout! Ces références multinationales ne sont pas les
seules à figurer dans la cote parisienne. On y trouve également de
prestigieux indices nationaux, tels que le mythique Dow Jones
Industrial Average (l'indice des trente plus grandes valeurs
américaines), via le Lyxor ETF du même nom, ou l'indice S&P 500,
qui recense la performance de 500 valeurs cotées à New York et
représentatives d'environ 75 % du marché américain. Ce dernier est
répliqué en France par l'iShares S&P 500. Par ailleurs, trois
produits ouvrent aujourd'hui les portes de l'indice vedette des valeurs
technologiques américaines: le Lyxor ETF Nasdaq 100, le PowerShares
EQQQ Fund ainsi que le Sgam ETF Leveraged Nasdaq 100, ce dernier,
assorti d'un effet de levier, pouvant reproduire jusqu'à 200 % de la
performance de l'indice. Enfin, les amateurs de valeurs japonaises
satisferont leurs envies de découvrir le pays du Soleil-Levant soit par
l'intermédiaire du Lyxor ETF Japan, indexé sur l'indice global des
valeurs japonaises (le Topix), soit grâce à l'iShares MSCI Japan,
concentré sur les plus grandes capitalisations de la Bourse de Tokyo. Notre avis Investir,
à titre de diversification, dans un tracker indexé sur un indice global
comme le MSCI World n'est pas dénué d'intérêt. En revanche, la question
relative à l'opportunité d'un placement en actions américaines ou
japonaises reste ouverte. Seule certitude: le marché nippon est
largement sous-évalué par rapport aux autres marchés développés. Est-ce
une raison suffisante pour y investir? Les pays émergents à portée de clic Les
marchés émergents, zone de plus en plus prisée par les particuliers et
par les professionnels (30 % des transactions globales du segment
NextTrack aujourd'hui), sont couverts par une vingtaine de produits.
Certains misent sur l'ensemble de la zone délimitée par l'indice MSCI
Emerging Markets. Les Lyxor ETF MSCI Emerging Markets et iShares du
même nom répartissent leurs investissements dans vingt-six pays au
total, privilégiant toutefois Hongkong, la Corée du Sud, le Brésil et
Taïwan, ces quatre marchés représentant à eux seuls près de 50 % de la
pondération de l'indice. D'autres ETF se
concentrent sur des sous-ensembles régionaux: c'est le cas du Lyxor ETF
MSCI AC Asia-Pacific ex-Japan, de l'iShares MSCI AC Far East ex-Japan,
du Lyxor ETF Eastern Europe, de l'iShares MSCI Eastern Europe, du Lyxor
ETF South Africa et du Lyxor ETF MSCI EM Latin America. Les pays les
plus emblématiques, notamment ceux qui constituent l'ensemble
prometteur dénommé «Bric» (pour Brésil, Russie, Inde, Chine), sont
évidemment représentés. IShares leur a consacré l'iShares FTSE Bric 50,
investi dans les cinquante entreprises les plus importantes de ces
quatre pays. D'autres, enfin, se limitent à des références nationales.
Les épargnants peuvent ainsi miser directement et exclusivement sur le
potentiel des Bourses brésilienne, russe, indienne, chinoise (qui
peuvent être mises en portefeuille grâce à deux produits: le Lyxor ETF
China Entreprise et l'iShares FTSE Xinhua China 25), mais aussi turque,
sud-coréenne ou de Hongkong. Notre avis Certains
marchés émergents, comme l'affirment les spécialistes, ont déjà...
émergé. Au vu des performances enregistrées ces dernières années, il
est clair que des pays comme la Chine ou la Corée présentent
aujourd'hui moins de potentiel. Mieux vaut donc, sans sous-estimer les
risques d'un retournement général, privilégier les zones du secteur le
plus tournées vers... l'émergence Un accès direct au marché des matières premières Pour l'instant, ce n'est pas la catégorie la plus développéesur
Euronext Paris. Seuls quatre trackers offrent la possibilité de prendre
position sur le marché mondial des matières premières. Leur principe:
répliquer la performance d'indices composés de paniers de contrats à
terme cotés en Bourse. Deux d'entre eux proposent une exposition
diversifiée sur l'ensemble des matières premières. Le Lyxor ETF
Commodities CRB donne ainsi accès à dix-neuf sous-jacents, dont les
matières agricoles et animales (maïs, soja, sucre, coton, cacao, café,
jus d'orange, blé, bétail, porc) - pour 41 % du portefeuille -, les
métaux de base et précieux (aluminium, or, cuivre, nickel, argent) - 20
% du portefeuille - et les matières énergétiques (pétrole, fioul,
essence sans plomb, gaz naturel - 39 % au total. L'EasyETF S&P GSCI
Ultra Light Energy reproduit quant à lui la performance de vingt-quatre
matières premières. Il accorde moins d'importance au secteur de
l'énergie (23 %), au profit des métaux (33 %) et des matières agricoles
(32 %) et animales (12 %). Deux autres produits,
proposés par les mêmes émetteurs, permettent, eux, de miser sur le
potentiel des seules matières premières non énergétiques. Le Lyxor ETF
Commodities CRB Non Energy fait ainsi une large place aux matières
agricoles, celles-ci représentant plus de 55 % du portefeuille, aux
côtés du bétail (11,5 %) et des métaux (environ 38 %). Même principe
pour l'EasyETF S&P GS Non Energy, les matières agricoles (42 %) et
le bétail (16 %) s'imposant là encore devant les métaux industriels (36
%) et précieux (6 %). L'offre devrait bientôt s'enrichir de nouveaux
produits. La réglementation spécifique aux
trackers limite toutefois les possibilités d'exposition, interdisant
notamment de donner trop de poids à une matière première en
particulier. Pour miser sur une seule référence (le pétrole, le blé, le
cuivre...), les investisseurs peuvent se tourner - à leurs risques et
périls... - vers les certificats proposés par plusieurs émetteurs,
notamment les ETC (exchange traded commodities) qui, distribués par ETF
Securities, offrent la gamme la plus étendue dans ce domaine. Enfin,
d'autres certificats, émis par ABN Amro, BNP Paribas ou la Société
générale, sont, à la différence des produits précédents, couverts
contre le risque de change. Une option qui, à l'heure où le dollar ne
semble pas parvenir à se redresser, semble pour le moins pertinente... Notre avis Le
statut de placement «décorrélé» est le principal atout des matières
premières: leurs performances ne sont pas forcément en phase avec
celles des autres marchés. Au moment où des risques importants pèsent
sur l'avenir des marchés d'actions et alors que tous s'accordent à
prédire la poursuite du renchérissement des cours des matières de base,
une diversification sur ce type d'actifs est sans doute LA bonne idée
en 2008 Une autre manière d'aborder les indices Les trackers ne se contentent plus de reproduire les indices traditionnels. Ils
peuvent être «actifs»: dans la gamme Sgam ETF figurent ainsi des fonds
«structurés» dont le niveau d'exposition à l'indice de référence varie
en fonction des décisions d'un comité de gestion. Les Sgam ETF Flexible
répliquent ainsi jusqu'à 100 % des hausses de leurs indices (le CAC 40,
le DJ Euro Stoxx 50...), tout en offrant une protection partielle du
capital investi. Les produits leveraged, eux, jouent sur l'effet de
levier et peuvent offrir jusqu'à 200 % d'exposition à leur indice. Un
effet multiplicateur à la hausse que l'on peut aussi retrouver, à la
baisse cette fois, sur les Sgam ETF XBear, version «boostée» des Sgam
ETF Bear, qui se contentent, quant à eux, de reproduire l'inverse de la
performance de leurs indices sous-jacents, le CAC 40 ou le DJ Euro
Stoxx 50. Plus récemment, avec le lancement des trackers sur indices de
stratégie par Lyxor et par Invesco PowerShares, les investisseurs ont
la possibilité de s'exposer à des indices construits selon des critères
quantitatifs, permettant de sélectionner un panier de sociétés offrant
les meilleures caractéristiques de croissance ou de valorisation J.-M. E. Un
marché émergent, une zone économique, l'ensemble des marchés mondiaux
ou un univers d'investissement particulier... les trackers peuvent
répliquer une multitude d'indices, comme l'illustre la gamme Lyxor,
l'une des plus développées.
|