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« subprime »
Pour la première fois depuis 2001, le bénéfice net du Crédit Mutuel
Centre-Est Europe CIC baisse de 7,2 %, à 2,16 milliards d'euros, en raison
notamment d'une dépréciation dans les activités de marché du CIC.
Cap à
l'international. C'était la nouvelle tonalité du groupe dirigé par Michel Lucas
l'an dernier, elle le reste cette année, même si aucune acquisition notable
n'est venue pour l'instant étayer cette nouvelle stratégie. L'Italie et
l'Afrique du Nord ont en particulier concentré l'attention du groupe ces
derniers mois. Les négociations avec la Banque Populaire de Milan progressent
lentement sur l'élaboration d'un projet commun dont il détient déjà, toutes
entités confondues, près de 5 % du capital et une obligation convertible en
représentant encore 4,5 %.
Mais la France
reste aussi une terre de développement, le Crédit Mutuel ayant pour objectif 20
% de part de marché, contre 17 % environ aujourd'hui en crédits. Michel Lucas a
confirmé hier avoir signé une lettre de confidentialité concernant la vente des
400 agences des banques régionales de HSBC. Mais « ce n'est
pas la seule qu'on ait signé », a-t-il glissé, laissant entendre que
deux à trois petits réseaux étrangers étaient aussi en vente... « Ce qui est inquiétant, a-t-il ajouté, si
l'on y ajoute les suppressions de postes à LCL, aux AGF, voire aux Caisses d'Epargne
si le Livret A est banalisé. » Difficile d'être rentable sur le marché
français pour des petites entités.
Pour le CIC,
l'exercice 2007 laissera aussi un goût un peu amer. La crise du « subprime »
est passée par là, affectant significativement ses activités de marché : la
succursale de New York a dû en effet déprécier de 180 millions d'euros un
portefeuille de 3,9 milliards de titres sécurisés RMBS et ABS. Du coup, le
produit net bancaire des activités de marché a été réduit de moitié, à 192
millions d'euros.
Coups
durs
« Il n'y a pas à ce jour de risque significatif de pertes à terminaison, a tenu à assurer Michel Lucas, 91 % des titres en portefeuille étant notés triple A, et le groupe
n'étant pas engagé sur les montages de type CDO, SIV et ABCP. »
Autre mauvaise
nouvelle, le pôle « structure et holding » a enregistré un PNB négatif de 53
millions d'euros avant impôt, contre un produit de 167 millions en 2006 du fait
de la variation de valeur de l'option de conversion incorporée dans son
obligation convertible sur BPM (normes IFRS). Ces deux coups durs ajoutés à une
progression du coût du risque (+ 50 %, à 120 millions d'euros) ont conduit in
fine à une baisse de 3,7 % des revenus du groupe l'an dernier (4,2 milliards
d'euros) et de 10,6 % de son résultat net consolidé (1,1 milliard).
Pour autant, les
autres métiers du CIC sont restés bien orientés, en particulier la banque
privée et le capital-développement, dont le résultat avant impôt ont crû
respectivement de 11 % et de 43 %. Quant à la banque de détail, qui représente
70 % des revenus du CIC, elle a vu son produit net bancaire progresser de 3,1
%. Le groupe a encore gagné 163.000 clients particuliers l'an dernier et a
dépassé, au total, le cap des 4 millions de clients. La pression sur les marges
se poursuit (- 1,8 % hors effets PEL-CEL) compensée par la progression de 19 %
des encours et de 14 % des dépôts comptables. Toutefois, la croissance de la
production de crédits marque le pas en 2007 (+ 8 %), notamment les prêts
immobiliers (1 %). « Il n'y a pas de «credit crunch» en
France, assure Michel Lucas, même si les conditions
d'accès aux ressources restent toujours tendues pour les banques. »
Impactés par les
chiffres du CIC, les résultats provisoires, non audités, du groupe Crédit
Mutuel Centre Est Europe-CIC marquent eux aussi un recul. Pour la première fois
depuis 2001, le bénéfice net du Crédit Mutuel baisse, de 7,2 %, à 2,16
milliards d'euros, pour un produit net bancaire en retrait de 3,1 %, à 7,2
milliards d'euros.
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