[ 30/12/08
]
Le
réseau d'indépendants regroupés sous l'enseigne Point S a gagné des
adhérents cette année. Mais la clientèle a régressé en 2008, car les
gens usent moins leurs pneus et la concurrence redouble autour de ce
produit d'appel.
Conséquence inéluctable de
la répression de la vitesse au volant et des problèmes de pouvoir
d'achat des Français : les automobilistes, en moyenne, roulent de moins
en moins et plus lentement qu'avant. D'où une usure moindre de leurs
pneumatiques, constatent les chaînes spécialisées de rechange comme
Point S, qui représente 8 % du marché du remplacement des pneus
tourisme et 13 % de ceux des poids lourds. « Le nombre de clients dans nos centres diminue depuis le début de l'année, en moyenne de 5 à 10 % »,
estime Christophe Rollet, directeur général de la franchise, créée en
1971.
Malgré cela, il table sur un chiffre d'affaires en France assez
proche de celui de l'an dernier (385 millions d'euros), grâce à une
diversification récente dans le petit entretien (vidange,
climatisation, etc.).
Et son réseau s'est de nouveau élargi cette
année, d'environ 60 points de vente, comptant à présent 360 enseignes
contre seulement 220 voilà sept ans. Contrairement à des concurrents
tels que Midas ou Speedy, Point S ne compte que des franchisés
indépendants, des adhérents qui sont aussi ses seuls actionnaires.
Opérations promotionnelles,
Le marché du
pneu cumule aujourd'hui de multiples difficultés : des clients de plus
en plus rares, rebutés en partie par les hausses de prix successives
imposées par les manufacturiers (de 4 à 5 % par an ces deux dernières
années, contre de 1,5 % à 2 % précédemment), l'habitude des pneus hiver
qui se perd dans des régions comme l'Est ou les Alpes, et une
concurrence acharnée sur tout le territoire national.
« Les
pneumatiques sont devenus le premier produit de remplacement sur une
voiture. Toutes les enseignes se battent donc sur ce segment, c'est
aujourd'hui le marché le plus attaqué », détaille Christophe
Rollet. Mettant en sourdine les augmentations de prix des producteurs,
qui répercutent les hausses des matières premières, tous les
généralistes de l'entretien auto, du type Norauto ou Feu Vert, se
lancent dans les opérations promotionnelles, du type « pour deux pneus achetés, deux gratuits ».
Difficile, dans ce « marché cassé », de maintenir ses marges,
d'autant que les fonds de roulement des franchisés sont menacés si
leurs stocks de pneus sont trop importants. « Nous les poussons à avoir une ou deux marques premium, mais pas plus »,
ajoute le dirigeant de Point S.
Car si une partie des clients cherche
d'abord une marque (Michelin, Pirelli...), les autres sont avant tout à
la recherche d'un bon prix. A côté des grands noms, il faut donc
proposer une marque de distributeur (les pneus Point S, qui sont
fabriqués chez Continental), et des produits dits de « deuxième ligne
», comme Kléber, Firestone et Uniroyal, même si leur image est de plus
en plus floue.
Outre cet élargissement de l'offre, Point S met aussi
l'accent sur sa diversification géographique, avec une extension de son
réseau d'adhérents européens à des pays comme le Portugal, la Roumanie
et autres.