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Placé en redressement judiciaire, Morgan espère trouver rapidement un repreneur
[ 31/12/08
]
La
vente de la société a été bloquée ces derniers mois, faute d'accord
avec les banques. Et à cause d'un conflit avec ses sous-traitants
tunisiens. L'entreprise devrait être dans le rouge cette année. En vente depuis plusieurs mois, Morgan, le groupe
de prêt-à-porter féminin, a finalement été placé en redressement
judiciaire la veille de Noël, comme l'a révélé hier « Le Figaro ». Le
tribunal de commerce de Nanterre a ouvert une période d'observation de
six mois pour le dépôt des offres de reprise de la société, qui emploie
un millier de salariés, dont 750 en France. Mais la décision pourrait
intervenir beaucoup plus rapidement selon un proche du dossier, car
beaucoup de professionnels ont déjà planché sur le dossier. Les
actionnaires de Morgan, le fonds Apax Partners qui détient 40 % du
capital depuis dix ans, aux côtés des familles fondatrices (environ 40
%) et d'investisseurs financiers, avaient engagé début 2008 un
processus de cession de l'entreprise. La marque connue pour ses
collections à petits prix pour les 16-30 ans traverse des difficultés,
surtout depuis deux ans, après la faillite de sa filiale britannique
qui pesait lourd dans ses ventes.Renégocier avec les banquesUn
plan de relance, comprenant notamment la délocalisation de la
production en Asie, avait toutefois permis de limiter la casse, Morgan
affichant même un résultat d'exploitation de 12 millions d'euros en
2007, pour un chiffre d'affaires de 189 millions, en hausse de 8 %.
Mais l'entreprise a replongé cette année, la crise aidant, et
l'exercice devrait se solder par un recul de 9 % de l'activité, à 140
millions d'euros, en excluant le marché anglais dont elle s'est retirée
en avril dernier. Depuis l'enclenchement
de la procédure de mise en vente de Morgan, une demi-douzaine de
repreneurs se sont manifestés, dont l'homme d'affaires indien Ajay
Khaitan, patron de Lee Cooper, et des fonds. Mais deux obstacles ont
bloqué les négociations. D'une part, les parties n'ont pas pu obtenir « tous les accords nécessaires, notamment des banques », dont
les créances s'élèvent à 30 millions d'euros. D'autre part, un conflit
oppose Morgan à ses anciens sous-traitants tunisiens. Ces partenaires
de dix ans réclamaient 16 millions d'euros d'indemnités pour rupture
abusive des relations commerciales, après la décision de la société de
se fournir en Asie. « Ce problème est en passe de se régler », affirme un proche du dossier.
La
procédure de redressement judiciaire en cours va permettre à la société
de renégocier avec les banques et, le cas échéant, d'étaler les
remboursements sur dix ans, facilitant ainsi une éventuelle cession. «
Eu égard aux atouts du groupe, le management reste confiant quant à
l'issue des procédures et la finalisation des dossiers de reprise »,
affirme la société. Fondée en 1968 par deux soeurs, Odette et Jocelyne
Abeshera, la marque Morgan est aujourd'hui vendue dans plus de 50 pays
à travers un réseau de 500 magasins.
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