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[ 20/01/09
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Inquiets
de la préparation par la direction d'un plan de sauvegarde de l'emploi,
les syndicats menacent de faire jouer le droit d'alerte.Droit d'alerte ! En menaçant, jeudi dernier lors
du comité d'entreprise mensuel de 3 Suisses France, de déclencher cette
procédure prévue dans leurs prérogatives, les syndicats ont voulu
répondre aux inquiétudes qu'a suscitées la confirmation, ce jour-là,
par la direction du numéro deux français de la vente à distance (VAD)
de la préparation d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).
Les
organisations de salariés ont déposé pas moins d'une cinquantaine de
questions sur la situation de l'entreprise, les changements de
stratégie, les emplois, etc., et obtenu la convocation d'un CE
extraordinaire, fixé au 11 février. « Le droit d'alerte sera déclenché avec nomination d'un expert si nous n'avons pas les réponses à toutes nos questions », a affirmé aux « Echos » Fatiha Bouzaoui, élue CGT, secrétaire de l'instance. En
décembre, la direction de cette filiale du groupe 3 Suisses
International, basée à Croix (Nord), avait déjà indiqué qu'elle
étudiait une réorganisation destinée à prendre en compte, notamment, le
poids de l'activité Internet, le site 3suisses.fr représentant
aujourd'hui 40 % des commandes.
De quoi alimenter, après la faillite de
Camif Particuliers en octobre, des rumeurs sur le nombre de
suppressions d'emplois, de 400, selon l'édition du « Figaro » le
lendemain de Noël, jusqu'à 750, chiffre circulant au sein de
l'entreprise. Tous sont démentis par l'entreprise, qui cherche à éviter
tout licenciement économique.
Outre des départs volontaires,
qu'anticipent la CFDT, elle devrait aussi poursuivre l'externalisation
des 6 centres d'appels qui subsistent en interne, deux ayant déjà été
confiés à des sous-traitants. L'annonce du PSE devrait intervenir fin
février-début mars.
L'arrivée, fin
octobre, d'un nouveau directeur général, Pascal Gires, chez 3 Suisses
France révélait les premières turbulences. L'ex-directeur des activités
internationale de La Poste remplaçait alors Jean-Marie Bouckaert, qui,
trois ans à peine après sa nomination, quittait l'entreprise sur une
divergence de stratégie et des pressions exercées par les actionnaires
pour atteindre plus rapidement la rentabilité. Le groupe 3 Suisses
International (3,515 milliards d'euros de chiffre d'affaires hors
taxes, avec 28 enseignes) est détenu à hauteur de 55 % par le groupe
allemand Otto, de 45 % par l'association familiale Mulliez et, pour le
reste, par ses cadres.
Avec un peu moins de 3.100 salariés, sa filiale
française, qui réalise un chiffre d'affaires d'un peu moins de 800
millions d'euros, connaît des difficultés dans un secteur où le numéro
un français, La Redoute, a annoncé un plan de 672 suppressions
d'emplois. Un nouveau CE de la filiale du groupe Redcats (PPR) doit
d'ailleurs se tenir aujourd'hui au siège de Roubaix, à quelques
kilomètres de celui... des 3 Suisses.
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