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[ 22/01/09
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Les
délégués des 38.000 employés du groupe de distribution basque qui
n'étaient pas encore « propriétaires associés », comme 15.000 de leurs
compagnons de travail, ont avalisé le week-end dernier leur changement
de statut. Ils seront désormais associés aux résultats de l'entreprise,
devenue un des poids lourds de la galaxie Mondragon.
Allié du Groupement des Mousquetaires en France,
au sein de la centrale européenne Alidis, le premier distributeur
espagnol, d'origine basque, le groupe Eroski est devenu la plus grande
coopérative du monde. Les délégués de ses 38.000 employés qui ne
bénéficiaient pas encore du statut de « propriétaires associés », comme
15.000 de leurs compagnons de travail, ont avalisé leur changement de
statut à plus de 80 % des voix. Ils seront ainsi associés désormais aux
résultats de l'entreprise, qui réserve, chaque année, 40 % de ses
bénéfices à ses salariés « actionnaires », 10 % aux oeuvres sociales et
le reste au renforcement de ses fonds propres, dont 10 % au groupe
Mondragon, sa maison mère, qui regroupe pas moins de 260 sociétés
coopératives.
La galaxie est née de la
création, en 1943, d'une école de formation professionnelle par un
jeune prêtre de Mondragon, petite commune de la province du Guipuzcoa,
au bord du golfe de Gascogne au nord-ouest de l'Espagne. Après une
première incursion dans les biens de consommation (équipements
ménagers) avec le lancement de Fagor, en 1956, Mondragon est devenu, au
fil des ans, le septième groupe espagnol avec un chiffre d'affaires de
16,2 milliards d'euros et 103.000 employés. Il opère aujourd'hui aussi
bien dans les domaines de la finance, avec Caja Laboral, que de la
machine-outil, la fabrication de composants pour l'automobile et
l'aéronautique, la construction, les services industriels ou la
distribution.
Le groupe, qui joue le
rôle de holding pour toutes ces entités, accompagne le développement de
chacune d'entre elles, tant en Espagne qu'à l'international,
contribuant à hauteur de 40 % à leurs investissements totaux. Il a même
développé sa propre université, répondant aux besoins de ses membres et
accueillant chaque année quelque 4.000 étudiants.Léger bénéfice en 2008Eroski,
né en 1969 de la fusion de 9 petites coopératives locales, a été un des
grands bénéficiaires de ce modèle, au point d'être devenu un des poids
lourds de la galaxie avec des ventes de 7,6 milliards d'euros en 2007.
Sa plus grosse opération de développement a été, au printemps de cette
année-là, l'acquisition de 75 % de la chaîne catalane Caprabo et de ses
500 points de vente pour un montant avoisinant 1,3 milliard d'euros.
Depuis quelques années, le distributeur mobilise la moitié des
investissements de Mondragon.
Confronté à un endettement de 3,6
milliards d'euros, il exploite aujourd'hui plus de 2.400 hypers et
supermarchés dans la péninsule Ibérique et devrait afficher pour 2008
un léger bénéfice, après avoir accusé des pertes de 8,4 millions au
premier semestre. La vente en « lease back » de 12 hypermarchés au Pays
basque et en Navarre va lui apporter de l'argent frais. Mais le
résultat final sera loin des 207 millions de profits de 2007.
Alors
qu'il opère dans de nombreux secteurs en crise, Mondragon a enregistré
l'an dernier la sortie de deux de ses membres, dont le constructeur
d'autobus Irizar (435 millions de chiffre d'affaires, 3.100 employés).
Dans un pays confronté à une crise sévère, le groupe ne réitérera pas
pour 2008 la performance de son exercice précédent, qui s'était soldé
par un bénéfice de 792 millions d'euros. « Les derniers mois ont été durs et 2009 s'annonce difficile »,
explique Josu Ugarte, chargé de l'international, l'un des grands axes
de développement du groupe, où il réalise 28 % de ses ventes. L'heure
est aux marchés émergents. Après la Chine, Mondragon prévoit d'investir
2,3 milliards entre 2009 et 2012, et envisage d'ouvrir des parcs
industriels en Inde, en Russie et au Maroc. Comptant déjà 70 usines à
l'étranger, il prévoit d'en avoir 90 d'ici à trois ans.
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