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Eurostyle en grève, le secteur bloqué
C'est un moyen de pression qui risque de faire des petits chez les sous-traitants automobiles.
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Eurostyle de Châteauroux (Indre) bloquent leur usine. Hier, leurs collègues du site de Lieu-Saint-Amand (Nord) les ont rejoints, ainsi que les ouvriers de Saint-Clément (Yonne) et de Falaise (Calvados), qui verrouillent toutes les expéditions en partance de leurs usines. L'équipementier Eurostyle fournit les constructeurs Renault, PSA, Toyota et Renault Trucks en garnitures plastique de voiture. «On a au moins une pièce qui va dans tous les véhicules montés en France», souligne Claude Lledo, de la CGT. De quoi gêner sérieusement leurs clients. «L'objectif, c'est de provoquer des pannes chez les constructeurs, c'est le seul moyen de pression», reconnaît Lledo.
Meilleurs prix. Eurostyle est en redressement judiciaire depuis octobre. Deux groupes seraient candidats à la reprise : GMD, qui garderait la moitié des quelque 1 000 salariés, et Simoldes, qui procéderait à des coupes plus franches. Le tribunal d'Evry devrait rendre une décision le 16 mars. Mais les salariés d'Eurostyle veulent s'assurer de la pérennité de leur firme et des conditions de départ «décentes» pour les victimes du plan social.
Ils s'adressent donc directement aux donneurs d'ordres : les constructeurs. Ils leur demandent de s'engager sur des volumes de commandes et sur de meilleurs prix d'achat des pièces. Et relaient ainsi une exigence de GMD, qui a fait de l'amélioration des prix - notamment pour le contrat sur la nouvelle Renault Scénic, dont la production démarre à Douai (Nord) - une condition sine qua none de sa reprise. Ils souhaitent enfin que les constructeurs débloquent du cash pour améliorer les indemnités de licenciement. «S'ils veulent sortir leurs voitures, ils vont être obligés de cracher», résume Lledo.
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