L'euro remontait mardi en début d'échanges européens face au dollar, aidé par l'appétit retrouvé des opérateurs pour des monnaies plus risquées, après la décision de la banque centrale australienne de ne pas baisser ses taux.
La monnaie unique européenne s'échangeait à 1,2646 contre 1,2578 lundi soir. Face au yen elle progressait également à 123,59 yens contre 122,67 yens.
Le dollar montait aussi face au yen à 97,72 yen contre 97,49.
Au lendemain d'une forte poussée du dollar, qui a testé ses niveaux les plus bas depuis novembre 2008 face à l'euro, "la tendance semble s'inverser (...) et comme la séance est pauvre en données économiques, un sentiment de confiance pourrait mener le jeu, au moins à court terme", a commenté James Hughes, de CMC Markets.
Ce sentiment a été alimenté par la décision de la Reserve Bank of Australia (RBA), qui a laissé son taux directeur inchangé à 3,25%, prenant les opérateurs par surprise qui attendaient une baisse de 25 points de base.
"La remontée récente du dollar a été freinée par la décision de la Réserve Bank of Australia, qui a annoncé un statu quo sur ses taux d'intérêt (à 3,25%, ndlr), pour la première fois depuis juillet 2008", a confirmé Derek Halpenny, économiste de Bank of Tokyo Mitsubishi.
La journée de mardi sera en effet maigre en indicateurs, avant plusieurs journées chargées: les cambistes attendent l'indice ISM de l'activité dans les services aux Etats-Unis mercredi, les décisions de politique monétaire de la Banque d'Angleterre et de la Banque centrale européenne jeudi et surtout les chiffres de l'emploi américain vendredi.
Sachant cela, "le marché des devises sera davantage mû par la performance des autres marchés", estiment les économistes de Barclays Capital.
Mais selon les analystes, cette embellie des monnaies risquées face au billet vert ne va pas durer bien longtemps, au regard des inquiétudes sur la situation économique mondiale.
Le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia n'a pas exclu mardi que ses dernières prévisions de croissance pour l'Europe doivent encore être revues en baisse en raison de l'ampleur de la crise économique.
Et le dollar pourrait continuer à profiter de son statut de valeur refuge, alors que rien n'est de nature à rassurer sur la situation des banques.
Lundi, l'assureur AIG a annoncé des pertes colossales, (près de 100 milliards de dollars sur l'année 2008) et la banque HSBC, pourtant réputée solide, a annoncé une augmentation de capital de 14,1 milliards d'euros, après une baisse de 70% de son bénéfice en 2008.
L'euro pourrait aussi continuer à pâtir de la crainte que les banques d'Europe de l'Ouest, qui ont beaucoup prêté à leurs consoeurs d'Europe de l'Est, ne paient le prix des graves difficultés de la région, après que les dirigeants de l'Union européenne eurent refusé de mettre en place un programme d'aide globale à l'Europe de l'Est.
Face à l'ampleur de la crise, la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer jeudi une baisse de son taux directeur d'un demi-point, à 1,50%, un niveau inédit, un geste de nature à peser sur la monnaie unique.
Vers 10H00 GMT la livre remontait à 1,4412 dollar contre 1,4052 dollar lundi soir à New York.
Elle baissait face à l'euro à 89,60 pence contre 89,49.
La monnaie helvétique baissait face à la devise européenne, à 1,4814 franc suisse pour un euro mais montait au dollar à 1,1715 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or valait 924 dollars contre 937,255 dollars lundi soir.
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