Les marchés européens ont signé une séance de forte hausse, confortés par la bonne orientation des marchés américains en dépit de chiffres particulièrement désastreux sur le front de l'emploi et d'un indice ISM des services plutôt décevant.
Outre un redressement technique des indices après de très fortes baisses les séances précédentes, l'Europe a profité de la perspective d'un nouveau plan de soutien du gouvernement chinois à son économie, dont on semble espérer qu'il puisse contribuer à endiguer la récession.
Amsterdam (+4,4%), Paris (+4,7%) et surtout Francfort (+5,4%) se sont distinguées parmi les plus fortes progressions en Europe, Bruxelles (+1,2%) et Madrid (+1,9%) ayant en comparaison enregistré des hausses presque modestes. Milan et Londres ont enfin enregistré des gains respectifs de 2,6% et de 3,8%.
Le secteur privé américain a supprimé 697 000 emplois en février, un chiffre nettement supérieur aux attentes, selon l'enquête mensuelle du cabinet ADP. Le bureau a en outre revu à la hausse le nombre des emplois supprimés en janvier, à 614 000 contre un chiffre de 522 000 annoncé précédemment. Les économistes anticipaient en moyenne un chiffre de 610 000 suppressions de postes pour le mois de février.
Cette enquête est publiée deux jours avant les statistiques officielles de l'emploi. Les économistes attendent en moyenne 630 000 suppressions de postes aux États-Unis pour le mois de février, un chiffre assorti d'une remontée à 8% du taux de chômage.
L'activité dans le secteur des services a légèrement accéléré le rythme de sa contraction, aux États-Unis au mois de février, selon l'indice ISM des directeurs d'achat qui s'est établi à 41,6 contre 42,9 en janvier. En dessous du seuil de 50, l'indice traduit une contraction de l'activité: plus il est bas en dessous de ce palier, plus cette dégradation est forte.
En outre, les stocks de brut ont chuté de 757 000 barils la semaine dernière, après une augmentation d'une ampleur équivalente la semaine précédente. En revanche, les stocks d'essence affichent une hausse de 168 000 barils et les réserves de produits distillés - tels que le fioul domestique - ont augmenté de 1,66 million de barils.
Du côté des valeurs, l'actualité a été marquée par certaines publications de résultats annuels.
À Zurich, l'action Swisscom a décroché de 4,7% après la publication de ses résultats annuels. Le groupe helvétique a vu son EBITDA augmenter de 6,4% en 2008 à 4 789 millions de francs suisses en 2008, gonflé par le rachat de Fastweb. Sur une base comparable, l'EBITDA a progressé de 0,8%.
Miné par les conséquences du retournement économique sur le secteur du travail temporaire, Adecco (-3,7%) a fait état de résultats en baisse sensible au titre de son quatrième trimestre 2008. Le résultat net s'est ainsi contracté à 22 millions d'euros (0,12 euro par action), contre 150 millions l'année précédente à la même époque.
À Francfort, adidas (+0,1%) a réalisé au quatrième trimestre 2008 un résultat net part du groupe de 54 millions d'euros, multiplié par 2,5 sur un an, s'appuyant sur une marge opérationnelle qui s'est améliorée de 1,7 point à 4,2%. En raison des incertitudes économiques, le groupe allemand d'articles de sport déclare anticiper une baisse de 0 à 5% de ses ventes à taux de change constants en 2009, ainsi qu'une baisse de sa marge opérationnelle et de son bénéfice par action.
Siemens (+5,2%) a annoncé mardi la signature d'un protocole d'accord avec l'agence russe de l'énergie atomique, Rosatom, en vue de constituer une coentreprise dans le domaine de l'énergie nucléaire. Le conglomérat industriel allemand précise que ce partenariat vise notamment à développer la technologie russe de réacteur de puissance à caloporteur et modérateur eau (VVER).
Suite à cette annonce, Areva (+7,3%) rappelle que Siemens, au titre des 34% qu'elle détient dans Areva NP, " a des obligations contenues dans le pacte d'actionnaires du 30 janvier 2001, en particulier une clause de non-concurrence ". Ainsi, le géant du nucléaire a notifié à Siemens que l'annonce de cette co-entreprise la met en rupture de ses obligations contractuelles avec toutes les conséquences qui en découlent en vertu du pacte d'actionnaires.
À Paris, Vinci s'est installé dans le haut du classement avec un gain de 11,6%. Le groupe de construction-concession a réalisé un résultat net part du groupe de 1 591 millions d'euros, en progression de 9,4% en données comparables, et en ligne avec le consensus de 1 592 millions. Credit Suisse met en avant la surprise positive au niveau de la dette nette de 15,4 milliards d'euros, inférieure à sa prévision de 15,9 milliards.
Mais c'est ArcelorMittal qui a caracolé en tête du CAC 40 avec un gain de 12,4%, la valeur ayant bénéficié de la note de Citigroup Smith Barney qui est passé d'une recommandation "vendre" à "conserver". "Les initiatives visant à multiplier les baisses de production, à diminuer les dépenses d'investissement et à réduire les dividendes sont des éléments positifs dans le contexte actuel de resserrement du crédit ", a estimé l'analyste.
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